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mercredi 11 décembre 2013

Le pays qui n'aimait pas les femmes







Quatre femmes maltraitées par une société indienne traditionnellement misogyne témoignent de leurs souffrances et de leur combat. Un état des lieux accablant et malgré tout porteur d'espoir.

Saroj, 11 ans, est une miraculée. Dans son village du Rajasthan tenu par les guerriers Rajput, on tue les filles à la naissance, principalement parce que la dot du mariage coûte cher. Sa mère, aidée de Gadjendra, une femme qui milite depuis trente ans pour que les petites aient la vie sauve, l'a soustraite à la mort après avoir été obligée d'étouffer ses deux premières filles. À Delhi, Sunita, 25 ans, a quitté son mari après avoir subi régulièrement ses coups pendant un an – la violence conjugale toucherait 65 % des femmes en Inde. Si sa famille l'a accueillie, ses proches ont bien du mal à accepter que Sunita ait ainsi dérogé aux convenances. Suzanne a 38 ans et vit à Calcutta. Elle a décidé d'aller au bout du procès pour viol qu'elle a engagé à visage découvert, malgré ses peurs et sa souffrance. Enfin, Gulab Bai, 84 ans, fait partie de ces veuves abandonnées aux rues de Vrindavan, haut lieu de pèlerinage du pays.

En Inde, quand le mari meurt, sa femme, sous prétexte qu'elle porte malheur, est mise au ban de la société. En prenant la parole et en s'engageant courageusement sur la voie de l'émancipation, ces quatre femmes témoignent du visage terriblement machiste du pays, tout en portant l'espoir d'une société qui, doucement, change son regard sur elles.

mercredi 27 novembre 2013

Pakistan : Cinq femmes enterrées vivantes en toute impunité

C'était en 2008... 
La Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) est profondément choquée et condamne avec la plus grande fermeté l’assassinat de cinq femmes pakistanaises, dont deux mineures, enterrées vivantes pour avoir décidé d’épouser l’homme de leur choix.

Ces cinq femmes étaient originaires du village de Baba Kot, département de Jafferabad, dans la province du Balouchistan (Sud Ouest du Pakistan) et membres de la tribu Umrani. Les trois jeunes femmes avaient décidé de se rendre au tribunal civil de la ville d’Usta Mohammad pour se marier, allant ainsi à l’encontre de la décision prise par les membres de leur tribu. Les deux autres femmes, plus âgées, étaient des membres de leur famille.

Selon les informations recueillies par la Commission des Droits de l’Homme de Pakistan (HRCP), sa ligue affiliée au Pakistan, leur plan auraient été découvert et le 13 juillet 2008, les cinq femmes auraient été capturées et amenées, dans une voiture avec des plaques du gouvernement de la province, dans un lieu désert, par plusieurs hommes, parmi lesquels se trouvait M Abdul Sattar Umrani, jeune frère de Sadiq Ali Umrani, Ministre chargé du logement auprès du gouvernement de la province du Balouchistan et membre du parti au pouvoir. Après avoir frappé les trois jeunes femmes, les hommes ont ouvert le feu sur elles, les blessant grièvement. Ils ont ensuite recouvert leurs corps de terre et de pierres, alors qu’elles étaient encore vivantes. Les deux autres femmes présentes, ont également été enterrées vivantes alors qu’elles essayaient de secourir les victimes.

A ce jour – plus d’un mois après les faits - aucune enquête n’a été ouverte par la justice pakistanaise et aucune poursuite n’a été engagée à l’encontre des présumés responsables. Les autorités provinciales qui refusent de reconnaître les faits, ont même lancé une campagne d’intimidation de la population locale pour que ce crime reste impuni.

La FIDH demande au gouvernement pakistanais de mener une enquête approfondie et d’arrêter les auteurs afin qu’ils soient jugés devant un tribunal indépendant garantissant ainsi leur droit à un procès équitable. La FIDH soutient les actions de sa ligue- membre, la Commission des Droits de l’Homme du Pakistan en faveur des droits des femmes et appelle les autorités de la République Islamique du Pakistan à prendre des mesures urgentes et concrètes pour mettre fin à ces pratiques moyenâgeuses qui violent les droits fondamentaux les plus élémentaires.

« Il est intolérable que des crimes aussi odieux continuent d’être perpétrés, en toute impunité au Pakistan. Chaque année, des femmes de tous âges sont sauvagement assassinées au nom de « l’honneur ». Les autorités pakistanaises doivent agir immédiatement pour que les responsables soient enfin poursuivis et jugés, et que de tels crimes ne puissent se reproduire », a déclaré Souhayr Belhassen, présidente de la FIDH.

http://www.fidh.org/fr/asie/Pakistan,111/Pakistan-Cinq-femmes-enterrees