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mardi 26 avril 2016

Le pape et ses réfugiés musulmans : l’étrange complaisance des catholiques

http://www.bvoltaire.fr
La décision du Pape d’accueillir trois familles de Syriens uniquement de religion musulmane est un acte politique fortement symbolique.
Guillaume Bernard
Politologue et maître de conférences (HDR) à l’ICES (Institut Catholique d’Etudes Supérieures).

La récente décision du pape d’accueillir, dans la capitale du catholicisme, trois familles de Syriens uniquement de religion musulmane est un acte politique fortement symbolique. Or, quand certains, en particulier des chrétiens d’Orient, ont osé dire leur incompréhension et penser devoir dénoncer le silence complaisant du plus grand nombre des catholiques, ils se sont vus opposer une réaction offusquée. Il serait indigne de critiquer la conduite du souverain de la cité du Vatican : ne pas lui faire entièrement confiance manifesterait une prétention à lui donner des leçons.

Bien des catholiques prennent cependant des libertés dans tout ou presque de ce qui regarde leur religion : dans la célébration des sacrements ou dans l’enseignement de la doctrine de la foi, là où devrait régner une stricte discipline. Mais, à propos d’un acte éminemment politique, celui qui entend le discuter se voit, sinon voué aux gémonies, du moins sommé d’abdiquer sa raison et sa conscience. Voilà le principe d’obéissance profondément déréglé et l’infaillibilité pontificale assurément hypertrophiée, tous deux étant portés au-delà de leurs limites traditionnelles.

Les thuriféraires d’une autorité ecclésiastique toute-puissante, y compris dans le domaine politique, semblent tout de même quelque peu gênés puisqu’ils instrumentalisent deux discours, parfaitement contradictoires, pour justifier l’acte du vicaire de Jésus-Christ. L’un prétend qu’il aurait été piégé par des bureaucrates car les familles chrétiennes qu’il devait aussi emmener n’avaient pas leurs papiers en règle ; il aurait donc dû se résigner à ne convier que des musulmans. L’autre affirme qu’accueillir, cette fois, exclusivement des disciples de Mahomet serait un geste prophétique traduisant une géniale stratégie diplomatico-théologique.

Pourtant, ces argumentaires sont l’un comme l’autre contestables. Avec le premier, les musulmans sont mis sur un pied d’égalité avec les chrétiens. Des catholiques, et le premier d’entre eux, peuvent-ils sérieusement considérer l’idéologie musulmane qui nie la divinité de Jésus-Christ comme aussi légitime que leur foi ? D’aucuns en viennent à craindre que le Saint-Père accorde à ses protégés un lieu de prière à deux pas du tombeau de saint Pierre. Et pourquoi pas même une église d’où serait retirée la présence réelle pour ne pas les indisposer ? Dans le traitement des réfugiés, l’indifférenciation des victimes directes (celles qui risquent leur liberté et leur peau) et indirectes (celles qui vivent dans de mauvaises conditions mais ne craignent pas les représailles islamistes) pourrait être interprété comme un paroxysme d’iniquité.

Dans le cadre du second, il est assez péremptoirement affirmé que le Pontife de l’Église universelle donnerait une cinglante et efficace leçon de morale au monde musulman. Comme si celui-ci fonctionnait à l’aune des mêmes critères que la chrétienté. Les catholiques peuvent-ils vraiment s’imaginer que l’acte du serviteur des serviteurs de Dieu (mais pas n’importe lequel) imposera une telle admiration et reconnaissance aux foules musulmanes, les frappera d’une telle stupeur que les persécutions subies par les chrétiens cesseront, que la liberté de pratiquer publiquement leur culte leur sera reconnue partout où l’islam domine et que des musulmans se convertiront en masse ? Ils semblent incapables d’envisager que cet acte puisse être pris par les tenants de l’islamisme d’une manière exactement inverse : pour une manifestation de faiblesse, un comportement de dhimmitude, une permission de redoubler le martyre des chrétiens et une acceptation implicite, voire une collaboration active à la conquête musulmane.

Si la charité aime aussi et malgré tout les ennemis et œuvre pour leur conversion, d’aucuns pourraient considérer qu’une pratique qui préfère l’ennemi à l’ami, qui vient en aide au lointain au détriment du prochain traduit une vertu dénaturée. Il n’y a qu’un discours catholique de vérité à tenir à l’islam : ce n’est pas la religion des musulmans qui doit changer, pour en éradiquer par exemple les excès, ce sont les musulmans qui doivent changer de religion.

mardi 25 février 2014

Le totalitarisme religieux frappe encore... et nous nous taisons

Voilà que des islamistes du groupe Boko Haram, nom qui signifie «l’éducation occidentale est interdite», se surpassent. Ces fondamentalistes déduisent de leurs croyances qu’ils peuvent assassiner froidement des enfants qui fréquentent des établissements d’éducation à l’occidentale. En l’occurrence, ils viennent de tuer plus de 40 enfants de 11 à 18 ans dans leurs dortoirs.

Le sentiment d’horreur et de profond dégoût que nous ressentons tous devant ces actes barbares devrait être un signal d’alarme. Dans l’histoire humaine, quand de tels crimes sont commis, c’est que les assassins vivent sous l’emprise d’une idéologie dangereuse. Cette idéologie est manipulée par des leaders sanguinaires.

Il y a quelque chose de pourri dans l’islam pour que des gens puissent s’en réclamer et perpétrer de tels actes. Je suis persuadé que la vaste majorité des musulmans est aussi révulsée que vous et moi par cette tuerie. Mais j’aimerais entendre plus de condamnations. J’aimerais entendre des condamnations claires de la majorité des autorités musulmanes.

L’Arabie Saoudite se trouve parmi ceux qui demeurent silencieux. Et pour cause. C’est bien l’argent de ce pays qui sert depuis des décennies à islamiser l’Afrique. C’est bien la même idéologie qui est à l’œuvre en Arabie Saoudite. Parlant de dortoirs, c’est bien en Arabie Saoudite que les jeunes filles ont brûlé vives dans leur dortoir parce que la police religieuse leur interdisait de sortir non-voilées de leur bâtiment en flammes.

Qui donc condamne le totalitarisme religieux de pays comme l’Arabie Saoudite? Quand allons-nous cesser de jouer à l’autruche? Au fait, M. Couillard, n’avez vous rien à déclarer à ce propos? Ou bien voulez-vous garder des portes ouvertes pour retourner faire de l’argent dans la région, au cas où les élections tourneraient mal pour vous? Et que dire des autres chefs des autres partis? Il me semble qu’il y a ici une belle occasion d’expliquer pourquoi au Québec nous sommes contre le totalitarisme religieux. Il me semble qu’en plein débat sur la charte, plusieurs pourraient saisir l’occasion pour expliquer les principes qu’ils défendent.

http://blogues.journaldemontreal.com/loictasse/international/le-totalitarisme-religieux-frappe-encore-et-nous-nous-taisons/

mardi 11 février 2014

Exclusif : 84% des salariés sont pour la neutralité religieuse dans les entreprises


C'est une quasi-unanimité : 84% des salariés interrogés par l'institut Sociovision pour son enquête annuelle sur la société française préfèrent que les religions restent en dehors de l'entreprise. L'ampleur du consensus a de quoi surprendre : peu importe leur âge, leur sexe, leur statut, tous pensent à une forte majorité que « l'entreprise doit rester un endroit neutre et ne pas prendre en considération les revendications d'ordre religieux ». Les trois quarts des pratiquants d'une religion sont d'accord ! Mais cette préférence laïque s'inscrit sur un fond de crispation et de moindre tolérance envers les étrangers. Fait-religieux publie en exclusivité les principaux résultats, commentés ici par Catherine Caron, directrice d'études chez Sociovision

La question de la religion au sein de la sphère professionnelle est une problématique qui prend de l'ampleur. Dans une France devenue plurielle en termes d'origines ethniques et culturelles, les dirigeants d'entreprise et les DRH se voient de plus en plus souvent confrontés à des salariés qui revendiquent un droit d'expression religieuse au sein de l'entreprise : possibilité de prendre un temps pour la prière au cours de la journée, jours de congés accordés pour les fêtes religieuses, autorisation du port de signes religieux sur le lieu de travail, etc.

Si les managers s'interrogent légitimement sur l'attitude à adopter face à ces nouvelles demandes, l'opinion des salariés sur la prise en considération de la religion dans l'entreprise ne laisse pas de place à l'ambiguïté : la très grande majorité d'entre eux se prononcent en effet pour le  respect d'un principe de laïcité : 60% partagent « tout à fait » l'idée que « l'entreprise doit rester un endroit neutre et ne pas prendre en considération les revendications d'ordre religieux » et 24% y souscrivent « plutôt », soit un total de 84%.

69% de musulmans favorables à la neutralité

Un score conséquent qui ne révèle pas de différences significatives liées au sexe, à l'âge ou au statut. La pratique religieuse est, en revanche, un critère plus clivant. Le taux d'adhésion à la neutralité de l'entreprise est moindre chez les salariés pratiquant une religion (74%) que chez les non-pratiquants ou athées (84%) ; de même, le type de religion a une incidence : les salariés se réclamant de l'islam, qu'ils soient pratiquants ou non-pratiquants, sont moins enclins à se déclarer pour la laïcité dans l'univers du travail (69%), que les catholiques (87%), par exemple. Des écarts relativement mineurs néanmoins, qui ne remettent pas en cause le large consensus autour du principe de neutralité religieuse de l'entreprise. Celui-ci reste nettement majoritaire dans toutes les catégories.

Lorsqu'il s'agit des implications concrètes dans le fonctionnement interne de l'entreprise, les salariés s'expriment très majoritairement, et de plus en plus, dans le même sens : 23% seulement trouvent aujourd'hui « normal que l'on aménage le lieu, les horaires de travail ou la restauration collective pour tenir compte des pratiques religieuses » ; ils étaient 30% en 2010.

Crispations vis-à-vis des étrangers

Une moindre acceptation des entorses faites à la laïcité qui intervient dans un contexte de crispation vis-à-vis des étrangers. Alors que la situation économique se dégrade et que la cohésion nationale apparaît fragilisée, l'ouverture à l'autre tend à s'effriter, notamment quand « l'autre » est d'origine étrangère (et a fortiori lorsqu'il est de culture et de religion différentes). Aujourd'hui, à peine 52% des Français pensent que « la présence d'étrangers appartenant à d'autres cultures est une chance pour la diversité et l'avenir de la France », soit 7points de moins par rapport à 2010, et près de deux sur trois (63%) estiment qu'« il y a trop d'étrangers en France », contre un peu plus d'un sur deux il y a quatre ans (55%).

L'expression moins décomplexée des croyances religieuses et la montée des revendications dans ce domaine, en particulier quand il s'agit de l'islam, avive le sentiment que les valeurs républicaines sont menacées et contribue à revigorer l'attachement à la laïcité comme liberté fondamentale collective. La religion est, de fait, réaffirmée comme relevant du domaine strictement privé.

Un réflexe de défense face aux intérêts particuliers, qui montre aussi que les salariés sont particulièrement soucieux que l'entreprise, qu'elle soit privée ou publique, demeure un creuset d'intégration républicaine, dans la fidélité à l'un de ses principes fondamentaux. Néanmoins une conception un peu différente de la laïcité semble se dessiner chez les salairés se réclament de l'islam. On, l'a vu 69% d'entre eux se disent favorables à la neutralité religieuse de l'entreprise, mais ils sont 63% à trouver « normal que l'on aménage le lieu, les horaires de travail ou la restauration collective pour tenir compte des pratiques religieuses ». Dans 95% des cas, les demandes à caractère religieux concernent l'islam, selon l'étude Institut Randstad/Observatoire du Fait Religieux en Entreprise de mai 2013.

Source : L'Observatoire de Sociovision. Enquête annuelle réalisée chaque année en juin-juillet auprès d'environ 2000 personnes de 15 à 74 ans, représentatives de la population française, quota Insee. 
Echantillon salariés : 1031 dans la vague 2010, et 1062 dans la vague 2013.

http://www.fait-religieux.com/france/laicite-1/2014/02/11/exclusif-84-des-salaries-sont-pour-la-neutralite-religieuse-en-entreprise

Ce que révèle l’alliance de certains musulmans avec la droite réactionnaire


Farida Belghoul évoque la question du genre dans une vidéo postée sur ERTV, la chaîne de télévision en ligne de l’association Egalité et réconciliation fondée par Alain Soral. | DR

Lors des protestations contre le mariage pour tous et l'apprentissage de l'égalité à l'école, nous assistons à une cristallisation visible de la conjonction entre des personnes et groupes se revendiquant de l'islam, de chrétiens conservateurs, voire intégristes, et de l'extrême droite.
Cette alliance étonne dans la mesure où l'extrême droite, dans son recyclage des vieilles idées xénophobes et dans sa crispation sur l'identité nationale, cible les musulmans en France comme la source d'une menace identitaire. Comment se fait-il alors qu'elle partage le même camp que certains musulmans dans la défense de valeurs familiales qui sauveraient la société française de la perversion et de la décadence découlant, selon eux, de l'égalité des sexes, du mariage pour tous et de la lutte contre l'homophobie ? Comment analyser ce paradoxe ?

Que nous apprend-il sur les enjeux politiques, sociaux et culturels des rapports de force engagés dans ces contestations ? Soulignons tout d'abord qu'il existe une alliance historique entre tous les extrémismes religieux face à l'égalité des sexes, que ce soit au niveau international, européen ou français.

NÉGATION DES DROITS DES FEMMES

Dans toutes les conférences internationales sur les droits des femmes, ils font opposition commune à l'égalité et à la liberté sexuelle au prétexte de la préservation du respect de l'identité culturelle et cultuelle.

Leur proposition – commune elle aussi – porte sur le remplacement du concept d'égalité des sexes par celui de leur complémentarité, désignée par équité.

Or, leur fameuse complémentarité se décline dans la négation des droits des femmes à maîtriser leur corps et leur sexualité, et dans la négation de l'application des droits communs aux personnes homosexuelles. Une prétendue préservation de la famille justifie ainsi les discriminations, les violences et la domination masculine. La liberté sexuelle s'en trouve diabolisée comme source de décadence.

L'alternative des extrêmes pour sauver la famille et la société se résume alors à un retour de l'ordre moral répressif fondé sur un modèle identitaire uniformisé pour l'ensemble des individus. La hiérarchie des sexes est la colonne vertébrale qui donne corps à ce modèle fantasmé bien dépassé par l'évolution de la société actuelle.

C'est cette dimension qui explique par la suite l'alliance paradoxale de l'extrême droite avec ceux qui préconisent le recours à l'islam comme mesure des lois et des règles civiles (tendance qui prospère sous l'influence de l'islamisme, tout comme l'extrême droite déteint sur certaines tendances de droite). Ils se rapprochent ainsi dans la projection d'un ordre moral fantasmé, quand bien même les avancées démocratiques en marquent la fin au profit de la reconnaissance de l'égalité des droits et de l'autonomie individuelle.

PLURALITÉ DE MODÈLES FAMILIAUX

Loin d'entraîner la dislocation des familles, l'éthique démocratique permet l'épanouissement d'une pluralité de modèles familiaux et le remplacement des liens patriarcaux par des liens fondés sur le respect mutuel, la communication et la participation égalitaire. Ce modèle va à l'encontre de l'ordre autoritaire rêvé par les extrêmes, qui prônent une identité imposée à tous au nom de la patrie, de la religion, des traditions…

En tant que cellule de base de la communauté ou de la société, la famille est par excellence le lieu de projection de cette identité, et ce d'autant plus que, dans la famille, s'exprime l'affectif et se transmettent des codes culturels, des lois et des repères sociaux. Il n'est donc ni étonnant ni fortuit que les propagandes extrémistes visent les familles. Une triple confusion fonde leurs discours démagogiques.

La confusion entre l'égalité et l'identité veut convaincre que l'égalité des sexes uniformise l'identité sexuelle, alors qu'elle est, en réalité, la garante de l'autonomie des individus et de leur liberté. Le fantasme de l'uniformisation identitaire est, en revanche, porté et propagé par les adversaires de l'égalité.

La confusion entre la liberté sexuelle et la marchandisation de la sexualité vise à diaboliser cette liberté comme cause de la perversion des rapports de sexe et de la prostitution. Or, la reconnaissance de la liberté sexuelle permet une éducation en faveur de la responsabilisation des individus, contre les violences sexuelles et pour le respect de l'intégrité de soi et de l'autre.

La confusion entre l'autorité et la domination cherche à diaboliser la démocratie, l'exercice parental égalitaire, l'école publique et laïque. Les adversaires de l'égalité dénoncent la disparition de l'autorité des parents et des maîtres afin de promouvoir le retour à un ordre anti-démocratique.

TRANSFORMATION DE LA NOTION D'AUTORITÉ

En réalité, l'évolution sociétale engage une transformation de la notion d'autorité : d'une autorité basée sur la domination et la soumission à une autorité fondée sur la communication et la négociation dans le respect des droits, notamment ceux des enfants.

Il reste à s'interroger sur la portée de ces confusions auprès des parents. Sans exagérer le succès de cette propagande démagogique, cette interrogation doit permettre de se pencher sur les enjeux importants que lance l'évolution démocratique en cours.

Dans un contexte de crise économique et sociale qui fragilise les individus, l'ordre autoritaire proposé par les mouvements identitaires peut séduire et leurs ressources de propagande ne manquent pas. En face, les moyens pédagogiques pour la prise de conscience par les individus de l'intérêt que représentent ces changements de mentalité pour la société, les familles et les enfants, ne sont pas du tout à la hauteur.

Source:  Le Monde.fr

dimanche 2 février 2014

Harper en Israël: le Québec face au conservatisme religieux

Le récent voyage de Stephen Harper en Israël a fait couler beaucoup d'encre. L'acoquinement du premier ministre avec différents groupes chrétiens évangélistes traduit l'influence d'une certaine droite morale au sein du gouvernement conservateur et ses grands déploiements de symbolique religieuse n'ont pas laissé indifférents la plupart des défenseurs de la laïcité. En un mot, le voyage de Stephen Harper en Israël fait prendre conscience à plusieurs Québécois(e)s que ce pays ne leur ressemble pas.

De quel conservatisme parle-t-on ?

Dans un récent article, le philosophe Michel Seymour établissait un parallèle entre le gouvernement Harper et le gouvernement de Pauline Marois. Sur son blogue au Huffington Post, il affirmait que le nationalisme québécois était engagé dans un tournant que l'on pouvait qualifier de «conservateur». Il stipulait ainsi que le Québec s'engageait sur la voie du «repli identitaire» en mettant de l'avant sa Charte des valeurs québécoises. Qu'en est-il vraiment ?

Il est plutôt étrange que des gens puissent percevoir la laïcité comme une mesure conservatrice alors qu'historiquement, la plupart des partis de droite s'y sont opposés. La laïcité a beau viser principalement l'interdiction d'un symbole religieux associé par la gauche à une minorité culturelle opprimée (voir mon dernier blogue), il n'en demeure pas moins que la laïcité est une mesure progressiste exprimant une aversion profonde envers l'empiétement du religieux dans la sphère publique.

Si le gouvernement Marois est véritablement conservateur, ses politiques reflètent donc un «conservatisme laïque» qui n'a absolument rien à voir avec le conservatisme canadien de Stephen Harper et les méthodes qui l'accompagnent. Le puritanisme anglo-saxon, une composante idéologique incontournable des partis conservateurs de l'Amérique du Nord anglophone, est difficilement assimilable à l'esprit désinvolte de la laïcité à la française.

Contrairement aux États anglo-saxons qui ont toujours valorisé une liberté religieuse devenue plutôt liberticide, le Québec est traversé par la pensée laïque. Le Québec est une nation privilégiée qui a reçu en héritage des pans importants de la pensée républicaine et ce n'est pas demain la veille qu'il troquera ce noble patrimoine pour le multiculturalisme.

Encourager le sionisme, mais pas n'importe lequel

Il ne s'agit pas ici de discréditer la politique étrangère de M. Harper concernant Israël. L'État d'Israël a le droit d'exister et les critiques extrémistes qui plongent l'État hébreu dans un état de solitude absolu ne devraient pas influencer outre mesure nos politiciens.

Mais Stephen Harper ne s'est peut-être pas rendu en Israël pour les bonnes raisons. Évidemment, plusieurs personnes parlent des enjeux électoralistes derrière le pèlerinage de M. Harper. Ses affinités idéologiques - voire théologiques - avec certains groupes chrétiens évangélistes sont évidemment à la source d'une telle théâtralisation.

Il ne faut pas s'y méprendre: certains de ces groupes religieux croient que le retour des Juifs en Palestine est une étape préfigurant le retour du Messie. Selon certaines associations protestantes fondamentalistes, le sionisme serait indispensable à la Parousie du fils de l'homme.

Au courant de la seconde partie du XXe siècle, un nouveau messianisme chrétien et juif est apparu et il représente maintenant une véritable théologie de l'histoire qui sert les intérêts de certains partis politiques. Parmi ces derniers, nous retrouvons le Parti conservateur au Canada et les partis israéliens qui s'inspirent toujours des idées de Zvi Yehouda haCohen Kook, l'un des principaux leaders du sionisme religieux.

Ce n'est pas très surprenant: si le sionisme demeure l'aboutissement d'une évolution idéologique plutôt laïque et surtout nationaliste, l'État d'Israël est avant tout une construction religieuse dont les premières aventures sont toujours racontées dans certains livres de la Bible.

En bref, toutes ces fioritures théologiques ne ressemblent guère au caractère laïque de l'identité québécoise, et c'est pourquoi jamais le «conservatisme» du Parti québécois, tel que décrit par Michel Seymour, ne s'apparentera de près ou de loin à celui du Parti conservateur canadien. Le support à Israël n'est aucunement illégitime. Cependant, ce n'est pas la dimension religieuse de l'État hébreu qui devrait être encouragée par un Québec souverain, mais bien sa matrice démocratique, nationale et humaniste.

http://quebec.huffingtonpost.ca/jerome-blanchet-gravel/quebec-conservatisme-religieux_b_4683189.html

jeudi 30 janvier 2014

Une vision du multiculturalisme

Dans un essai percutant, l'auteur Jérôme Blanchet-Gravel révèle sa propre définition du multiculturalisme


Des citoyens lors d'une manifestation contre le projet de
Charte des valeurs québécoises à Montréal, le 14 septembre 2013
.

Jérôme Blanchet-Gravel, jeune bachelier en science politique, n'a visiblement pas peur des mots.  Dans son essai intitulé Le nouveau triangle amoureux: gauche, islam et multiculturalisme, il témoigne de son ras-le-bol envers l'idéologie multiculturaliste qui imprègne le discours politique actuel. «Le multiculturalisme ne favorise pas l'intégration mais plutôt la ghettoïsation, explique-t-il. Le message qu'on envoie aux immigrants c'est faites comme chez vous! Votre culture, quelle qu'elle soit, sera respectée dans notre pays, elle sera même sacralisée, aussi opposée soit-elle aux valeurs nationales.»

L'Amérique a toujours été une terre d'immigration qui a dû composer avec des gens venus d'ailleurs, qu'ils soient Chinois, Italiens ou Grecs. Cette immigration étant majoritairement de souche judéo-chrétienne, les immigrants avaient cependant toutes les chances de se fondre dans la société d'accueil après une ou deux générations. La chose paraît cependant difficile, pour ne pas dire impossible avec l'islam, une religion peu propice à l'intégration, estime l'auteur, pour plusieurs raisons, selon lui. D'abord, souligne-t-il, la religion d'Allah ne touche pas seulement à la vie spirituelle, comme le pensent bien des gens, mais elle possède son propre système juridique, la charia, où se trouve réglementée la vie sociale, individuelle et intime du musulman. Ensuite, la fusion entre le religieux et le politique, qui caractérise notamment l'islam, «représente, par conséquent, la négation même du principe de laïcité, qui repose justement sur la séparation entre l'État et le religieux».

Dans cet essai percutant paru aux Éditions Accent Grave, Jérôme Blanchet-Gravel écorche au passage les islamologues qui «s'amourachent» de leur objet d'étude, jusqu'à en avoir une vision complètement tendancieuse. L'islam touche ainsi les universités québécoises «qui regorgent de bien-pensants convaincus que l'ouverture passe nécessairement par la négation de l'identité tant nationale qu'occidentale, de même que par l'aplaventrisme face aux revendications des islamistes qu'ils ont accueillis».  

Conscient qu'il pourrait être taxé d'islamophobe, comme le sont les individus qui osent critiquer cette religion ou qui s'inquiètent de sa montée, Jérôme Blanchet-Gravel persiste et signe. «L'universalité des droits de la personne, l'égalité entre les hommes et les femmes, la souveraineté des peuples et la liberté d'expression sont les principes qui doivent guider le monde. Le danger qui nous menace est de les tenir pour acquis».


LES LIGUES DE DÉFENSE DE LA VIRGINITÉ DE L’ISLAM VEULENT CRIMINALISER LA LIBERTÉ D’EXPRESSION

En parcourant rapidement le site de la Ligue de défense judiciaire des musulmans, où depuis quelques jours je suis le sujet de discussions enfiévrées et endiablées de ses partisans me couvrant d’insultes et d’anathèmes, j’ai pu mesurer Ô combien les défenseurs-djihadistes de l’islam  sont obsédés par la charia et aimeraient  tant rétablir la loi de Talion en faisant leur propre justice eux-mêmes.

Quand aux lois antiracistes de la république dont ils se prévalent pour criminaliser la critique de l’islam et la personnalité de leur prophète, elles ne sont en réalité qu’une aubaine et un subterfuge pour obtenir une jurisprudence de délit de blasphème. En se considérant comme ébranlé dans sa croyance, ainsi n’importe quel musulman peut demander la condamnation du contrevenant dont les idées et les écrits ont provoqué son émoi.

Plutôt que de décréter une fatwa de condamnation à mort de l’insolent comme lors des affaires de Salman Rusdhie ou Tasleema Nasreen, ces multitudes d’association loi 1901 dont l’objet est plus idéologique et religieux que républicain, recourent habilement et pernicieusement aux  lois de la république  pour se donner en même temps une posture républicaine et officialiser par la voie jurisprudentielle la charia, autrement dit l’inquisition musulmane.

Si par extraordinaire, elles obtiendront demain un jugement qualifiant les critiques de l’islam et reconnaître implicitemente le statut de race aux musulmans en vertu de la loi de 1881, c’est tout simplement une mise à mort inéluctable de la liberté d’expression et le droit d’exprimer son opinion sur telle ou telle religion sans encourir le risque de passer sous les fourches Caudines de la justice.

Une telle jurisprudence sera un véritable requiem pour la démocratie d’une part et d’autre part elle marquera l’amorce officielle de l’inféodation définitive de la France à la charia aux conséquences désastreuses, provoquer un exil politique sans précédent de tous ceux qui ne veulent pas vivre sous la dictature de l’islam telle que veut l’instaurer sournoisement l’O.C.I.

Le crime est moins dans la formulation des idées qui dérangent et qui ne sont l’expression d’un droit fondamental dont l’islam ne connait guère le sens, que dans la réaction démesurée qu’elles suscitent. Ces lecteurs mus pour l’occasion en procureurs ne se rendent pas compte qu’ils sont eux-mêmes les vrais ennemis de leur religion et le meilleur alibi de ceux qu’ils cherchent à crucifier par leur violence verbale en attendant qu’un jour ils pourraient leur ôter la vie comme en Iran et en Arabie Saoudite voire la plupart des pays musulmans.

Ils n’ont pas appris qu’on ne grandit pas dans la calomnie. Car ce n’est pas en employant un langage ordurier et nauséabond et traiter la cible de leur courroux de chien, de singe, de porc, de vendu, de sioniste, de sale juif, de mécréant, de laïc ( qui est une insulte dans leur bouche) que cela va contribuer au renforcement du crédit de leur religion et lui donner cette image de religion de paix dont ils l’affublent, alors qu’eux-mêmes ils font preuve d’agressivité et de bellicisme qui ne peuvent que témoigner de leur état de lobotomisation avancée.

Qui dit paix dit aussi sérénité qu’il est difficile de la déceler à travers leurs commentaires exécrables à mon sujet. Juste des insanités, des élucubrations psychotiques et des délires hystériques qui me confortent dans mon idée que la violence est le premier pilier de l’islam et de mes inquiétudes légitimes que ma vie ne vaudra pas chère si un jour ces fanatiques aveuglés par leur passion de la leur religion  me mettent la main dessus.

Plutôt que de faire preuve d’un sens aigu du débat républicain  et d’échanges d’idées constructifs  nécessaires à éclairer l’opinion publique sur le vrai visage de l’islam, de sa compatibilité avec les valeurs de la république, de la volonté des musulmans de s’intégrer dans la république et de leurs réels attachements à la laïcité qui est une hérésie au regard de leurs dogmes, ils affichent leur hostilité pathologique à toute voix discordante de la leur tout en marquant leur choix préférentiel à l’islam  qui prime sur la république.

On ne répond pas non plus à la haine par la haine en l’instrumentalisant à l’image de certains sites de la vertu musulmane, ne serai-ce en lui offrant une tribune, ni en soufflant sur sa braise et attisant la discorde.

Leur attitude excessive et inquisitoriale n’est-elle pas elle-même la preuve que l’islam a peur de l’examen de la vérité qu’il veut étouffer par tous les moyens de peur de sa faire démasquer ?  Pourquoi s’enflamment-ils et vocifèrent-ils dès lors que des intrus veulent lever le voile sur le visage de l’islam auxquels ils opposent le principe de l’inviolabilité du sacré de l’islam ?

Si la Maison de l’islam est aussi solide et viable, n’est-elle pas capable de résister aux légers soubresauts qui la secouent alors qu’elle-même fait souffler une tornade sur le monde ?

L’islam n’a jamais été en péril, il est lui-même un péril pour les siens et l’humanité comme en attestent la tragédie syrienne et les persécutions sanguinaires des chrétiens du nord du Nigéria. Mais les défenseurs autoproclamés de l’islam préfèrent tirer des boules puantes sur ceux qui lient violence et islam qui interpellent et mettent à nu les textes dits sacrés et la personnalité mythifiée et embellie de leur prophète. Adeptes de la takkyia, elles se font fort de dissimuler leurs intentions malveillantes en cherchant des artifices judiciaires pour islamiser insidieusement  la république avec ses propres lois d’une part et de clouer au pilori les islamo-incompatibles. Sous couvert de défense de l’indéfendable, ils désignent à la vindicte populaire ceux qu’ils jugent comme ennemis de l’islam et des musulmans, et ce en violation flagrante de la loi sécurité et liberté et plus grave encore, ils font planer de sérieuses menaces sur leur vie.

Des ligues de défense qui présentent pourtant un réel danger pour les fondements de la république, semblent fonctionner comme de tribunaux inquisitoriaux où le mis en cause est jugé coupable et condamné pour ses idées  irrépréhensibles aux yeux de la justice républicaine et répréhensibles au regard de la charia.

A cause de la mansuétude bienveillante de la république, on assiste aujourd’hui au développement d’une nouvelle forme de justice   excelle dans la multiplication des effets d’annonce des dépôts de plainte qui sont de véritables réquisitoires contre les outrecuidants.   Dans les affaires d’apostasie ou d’atteintes au sacré, on a pas besoin dans le droit musulman de  procès juste et équitable, il suffit de déclarer un individu ayant renoncé à sa foi ou comme étant un ennemi de l’islam pour rendre licite son exécution. . .

Quelle que soit la suite donnée à leur plainte, le jugement est déjà rendu et il revient aux musulmans de l’exécuter en vertu d’un fatwa que n’importe quel imam peut décréter.

Malgré les évidences, les musulmans continuent  à seriner partout que l’islam est une religion de paix et de tolérance alors qu’il est fermé au dialogue et allergique à la compréhension mutielle. Il ne connait du dialogue que sa propre vision de la vérité dont il veut faire l’unique vérité pour tout le monde.

Si l’islam n’était pas hégémonique, expansionniste et totalitaire, ne sanctifiait pas le racisme, l’antisémitisme, les inégalités sociales et sexuelles, ne prônait pas la suprématie des musulmans sur les autres, n’appelait pas au meurtre des apostats, n’octroyait pas le statut de dhimmis aux gens du livre, n’appelait pas à la destruction des systèmes de valeurs qui n’avaient pas son essence, ils auraient certainement adopté une toute autre posture que de vouloir anéantir ceux qui brisent la loi de silence dont ils veulent faire une loi universelle inviolable comme si elle avait valeur de Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et du Citoyen.

Quand on a pas peur du langage de la vérité, on doit rester zen et poli, plutôt que de sabrer les voix discordantes.

Personnellement et qu’il n’en déplaise à mes procureurs-djihadistes, je ne corresponds en rien au portrait diffamatoire qu’ils brossent de ma personne et qui n’est que le reflet de leur propre mépris et aversion d’eux-mêmes. On projette sur les autres ce qu’on est soi-même. Je ne suis ni vendu, ni mécréant, ni un chien, ni un renégat, ni un mercenaire de la plume, ni un apostat de l’islam, je suis un homme à la pensée libre, guidé par mes seules préoccupations humanistes et  inquiet par la montée du péril musulman dans son expression radicale qui semble être la vraie nature de l’islam dans la pure tradition mahométane, longtemps occultée par cette image erronée d’un islam apaisé.

Aujourd’hui c’est le véritable islam qui reprend ses droits, celui que Mahomet a laissé en héritage à ses fidèles dont ses nouveaux défenseurs-inquisiteurs, qui veulent retourner les lois de la république en leur faveur pour censurer et anéantir la liberté de pensée avant d’achever la république elle-même.
Si l’islam ne prêchait pas la violence, pourquoi en font-ils alors une arme de défense de leur religion et ont la haine de ceux qui bravent leurs interdits et défient leurs dogmes sans jamais s’attaquer aux personnes ?

http://salembenammar.wordpress.com/2014/01/29/les-ligues-de-defense-de-la-virginite-de-lislam-veulent-criminaliser-la-liberte-dexpression/


mercredi 15 janvier 2014

Les conflits religieux au plus haut depuis 2007 selon une étude américaine

Les conflits religieux au plus haut depuis 2007 selon une étude américaine

Les conflits religieux au sein d’un même pays ont augmenté en 2012 dans toutes les régions du monde, à l’exception des Amériques, à un niveau jamais atteint depuis six ans, affirme une étude de l’institut Pew.
        
                           
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Pew


Un tiers (33 %) des 198 pays étudiés a connu un « haut » ou « très haut » niveau de conflits religieux internes (violence sectaire, terrorisme, brimades) en 2012, contre 29 % en 2011 et 20 % en 2010, selon une étude publiée mardi 14 janvier par l’institut de recherche américain Pew Forum.
La progression la plus forte est enregistrée au Moyen-Orient et en Afrique du nord, deux régions qui ressentent toujours les effets du « printemps arabe » de 2010-2011, selon Pew, qui donne pour exemple la montée des attaques contre des églises coptes et des entreprises chrétiennes en Égypte. La Libye, la Tunisie, la Syrie et le Liban ont connu des hausses particulièrement fortes. En Asie, la Chine a également connu une forte augmentation de ces conflits.
20 % des pays étudiés ont subi des violences terroristes liées à des motifs religieux. C’est notamment le cas de la France, où trois enfants ont été tués à la sortie d’une école juive en mars 2012. En août, aux États-Unis, dans le Wisconsin, six personnes ont également été assassinées à la sortie d’un temple sikh.

La France, au niveau « modéré »

Le nombre de pays dont les gouvernements ont promulgué des restrictions religieuses (interdiction de pratiquer, de se convertir, inégalité de traitement, etc.) est resté en revanche à peu près le même, avec un tiers des 198 pays étudiés exerçant un « haut » ou « très haut » niveau de restrictions. L’Égypte, la Chine, l’Iran, l’Arabie saoudite et l’Indonésie sont placés tout en haut de ce classement. Dans ce classement, la France est considérée comme un exerçant un niveau « modéré » de restrictions religieuses.
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Parmi les 25 pays les plus peuplés, l’Égypte, l’Indonésie, la Russie, le Pakistan et la Birmanie sont ceux qui ont connu le plus de conflits religieux.

Brimades envers les femmes

Les chrétiens et les musulmans, qui forment plus de la moitié de la population mondiale, ont été stigmatisés dans le plus grand nombre de pays. Les musulmans et les juifs sont les groupes qui ont connu un niveau record, depuis six ans, d’hostilités à leur encontre.
Les brimades envers les femmes et les distinctions religieuses de leur habillement ont également progressé, dans près d’un tiers des pays (32 %), contre 25 % en 2011 et 7 % en 2007.
La Côte d’Ivoire, la Serbie, l’Éthiopie, Chypre ou la Roumanie sont des pays où la violence religieuse a, au contraire, baissé.
Les 198 pays couverts par l’étude comprennent plus de 99,5 % de la population, indique Pew qui précise ne pas avoir inclus la Corée du Nord, dont le gouvernement est « le plus répressif au monde, y compris pour la religion ».

lundi 13 janvier 2014

La mafia calabraise menace-t-elle le pape ?

 

Le procureur adjoint de Reggio de Calabre, Nicola Gratteri, et le juge anti-mafia de Naples, Raffaele Cantone, ont récemment mis en garde contre l’éventualité d’un attentat contre le pape François par la mafia calabraise ‘Ndrangheta, du fait du « nettoyage » que ce dernier a entrepris au sein de certaines structures financières de l’Église.
Pour Stéphane Quéré, criminologue au département de recherches sur les menaces contemporaines (université Paris II) et auteur de « La ‘Ndrangheta » (1), la mafia calabraise n’a pas intérêt à s’en prendre au pape.
 
« Il semble difficile que la ‘Ndrangheta se lance dans une opération aussi périlleuse. Car, si elle commettait un attentat contre le pape, cela aurait des conséquences très graves à trois niveaux. D’abord, parce qu’elle devrait se préparer à de sévères représailles de l’État italien. Certes, il y a eu les attentats du 28 juillet 1993 par Cosa Nostra (mafia sicilienne) contre la basilique de Saint-Jean-de-Latran (la cathédrale du pape) et contre Saint-Georges-de-Vélabre.
Mais ce double attentat, qui se voulait un avertissement à Jean-Paul II, deux mois après ses discours contre la mafia en Sicile, n’avait pas fait de victimes. Et puis, on se situait alors dans un autre contexte, marqué par les dérives terroristes de Cosa Nostra et les assassinats, en 1992, des juges siciliens ­ Giovanni Falcone et Paolo Borsellino. De plus, ‘Ndrangheta a toujours été moins violente que Cosa Nostra et ne s’en est jamais prise directement à une institution.
Seconde conséquence d’un éventuel attentat : une perte d’image au sein de la population italienne profondément catholique. Ainsi, plus de 80 000 personnes ont assisté en mai dernier, à Palerme, à la béatification de Giuseppe « Pino » Puglisi, qui avait ouvert dans le quartier mafieux du Brancaccio, en plein Palerme, un centre d’accueil pour jeunes, ce qui n’avait pas plu à la mafia, qui l’avait fait assassiner en septembre 1993. À la suite de ce meurtre, un des tueurs s’est repenti et est revenu vers la foi.
La ‘Ndrangheta est composée de clans familiaux calabrais et il n’est pas rare de trouver dans une même famille trois mafieux et un prêtre. En Calabre et en Sicile, les prêtres de terrain sont proches de leurs ouailles… En ce sens, on peut dire que l’Église et la mafia coexistent. Sans parler de certains membres de la hiérarchie vaticane qui ont pu être considérés comme responsables de blanchiment d’argent… Enfin, un tel attentat provoquerait des divisions au sein même de ‘Ndrangheta et amènerait sûrement des membres à se tourner vers la police, comme en 1993. »
RECUEILLI PAR CLAIRE LESEGRETAIN 
vu ici