« Électoralisme », « inquisition », « tyrannie de la majorité », les gros mots sont lâchés! Sentant le tapis leur glisser sous les pieds, les Jean-Marc Piotte, Robin Philpot et Paul Cliche, tous identifiés à la gauche, sortent l’artillerie lourde et tirent à boulets rouges sur la Charte et ses partisans.
Ils accusent le Parti Québécois d’électoralisme et invoquent des considérations démocratiques, stratégiques et même révolutionnaires pour justifier leur opposition. Passons-les en revue.
À propos de l’électoralisme
L’accusation la plus commune est que la démarche du Parti Québécois serait électoraliste. Françoise David a été la première, à notre connaissance, à déclarer « qu’une campagne électorale, avec toute sa charge partisane, n’est pas le forum approprié pour débattre de sujets aussi complexes et émotifs » (Communiqué QS, 15 janvier 2014).
Si le peuple n’est pas qualifié pour se prononcer sur des enjeux aussi fondamentaux, qui l’est? Quel serait donc ce « forum approprié » auquel fait référence la porte-parole de QS? Nous n’en voyons qu’un : les tribunaux!
Remplaçons donc le gouvernement du peuple par le gouvernement des juges. Dessaisissons les élus du peuple du dossier pour le confier à des juges dont l’accession à la magistrature n’est pas – c’est bien connu – souillée par de basses considérations partisanes.
Protégeons les minorités de la « tyrannie de la majorité », comme l’affirme Jean-Marc Piotte en citant De la Démocratie en Amérique de Tocqueville.
Faut-il rappeler que la « démocratie en Amérique », et son tant célébré Bill of Rights, auquel fait ici référence Piotte, a vu le jour dans un pays où le cinquième de la population était réduit en esclavage.
Dans l'esprit des Pères de la Constitution américaine, le Bill of Rights n’avait pas pour but une plus grande démocratisation, mais la défense des intérêts de la classe dominante contre les tendances « nivelatrices » de la démocratie, en somme contre la « tyrannie de la majorité ».
Aux États-Unis, la menace aux intérêts des riches venait des petits fermiers endettés, mais dont les maigres ressources donnaient tout de même le droit de vote et la possibilité de contrôler les assemblées locales.
Pour protéger les droits de propriété des banques et des autres grandes institutions capitalistes, la classe dirigeante américaine a rapidement vu la nécessité d’un appareil judiciaire dont les membres seraient nommés à vie et qui posséderait le pouvoir de renverser toute loi qui les menacerait.
Dans les pays anglo-saxons, le rempart contre la « tyrannie de la majorité» s’exerçait par le cens électoral et des institutions non électives comme la Chambre haute (Sénat, Conseil législatif) et les institutions monarchiques (Gouverneur général, Lieutenant-gouverneur). Au Canada, le British North America Act de 1867 octroyait également au gouvernement central un droit de désaveu des lois provinciales.
Cependant, avec l'élargissement du suffrage universel, le Canada et les autres pays anglo-saxons ont progressivement remplacé ces institutions ouvertement antidémocratiques par des chartes des droits, sur le modèle du Bill of Rights américain, et le recours aux tribunaux.
Après la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis ont imposé aux pays vaincus, le Japon et l’Allemagne, de même qu’à l’Europe, des chartes des droits et libertés pour avoir un « deuxième regard » sur les lois votées par les élus du peuple.
Au cours de la Guerre froide, les États-Unis ont instrumentalisé les droits de l’homme dans leur offensive contre les pays de l’Est. C’est également au nom de la défense des droits de l’homme que Washington a envahi l’Afghanistan et l’Irak.
Droits de l’homme, droits sociaux et droits collectifs
Bien entendu, dans une démocratie, les droits des minorités doivent être protégés. Mais les chartes des droits qui s’inspirent de la Charte des droits adoptée par l’ONU en 1948, comme la Charte canadienne, sont axées essentiellement sur les droits individuels, laissant peu de place aux droits sociaux et aux droits collectifs(1).
Le Québec est bien placé pour LE savoir. La Charte canadienne des droits et libertés ne reconnaît pas son droit à l’autodétermination, ni ses droits linguistiques.
Toute la section 23 de la Charte canadienne a été conçue avec la précision d’une loi fiscale pour invalider des pans entiers de la Loi 101 et préserver les privilèges de la minorité anglophone du Québec. Dans l’arrêt Ford sur l’affichage, la Cour a même élevé les entreprises au rang de « personne morale » et a statué que la notion de liberté d’expression comprenait les messages commerciaux !
Au cœur de la Charte canadienne, se trouve la défense de la propriété privée au détriment des droits sociaux et collectifs.
La Charte canadienne, et les autres chartes des droits à travers le monde, n’ont pas empêché une extraordinaire concentration de la richesse aux mains d’une minorité de bien nantis et de grandes corporations.
Il ne pouvait en être autrement. Le système judiciaire n’est pas détaché de la structure économique et politique d’un pays. L’idéologie des droits de l’homme est l’idéologie du néolibéralisme.
L’attachement indéfectible d’une certaine gauche envers les chartes des droits va de pair avec l’abandon de la critique des fondements capitalistes de la société. Dans les faits, ces militants sont devenus – même si c’est à leur corps défendant – les « compagnons de route » de l’impérialisme.
L’islamisme comme opposition à l’impérialisme ?
Dans sa réplique à Claude G. Charron, Robin Philpot nous dit que son expérience avec l’islam et les musulmans depuis 1972 lui a appris qu’il « faut traiter de ces sujets avec nuance, en ayant une perspective historique et une compréhension de l’impérialisme européen et nord-américain, passé et actuel ». Fort bien. Allons-y.
Nous connaissons des militants qui se voient aujourd’hui en Warren Beatty dans la peau du journaliste John Reed dans le film Reds, accompagnant les bolchéviks dans une grande chevauchée dans les steppes du Kazakhstan, drapeaux rouges claquant au vent, vers les peuples musulmans d’Orient pour les rallier à la Révolution d’Octobre.
C’est d’un beau romantisme. Mais ils oublient que nous ne sommes plus dans le même contexte historique. L’Union soviétique s’est écroulée et la Révolution d’Octobre, le socialisme athée et les luttes de libération nationale ne sont plus l’inspiration révolutionnaire.
Une lecture le moindrement sérieuse de la scène internationale montre que, dans plusieurs régions du monde, l’islam se proclame la principale force d’opposition à l’impérialisme. La Révolution khomeyniste de 1979 a remplacé la Révolution d’Octobre comme source d’inspiration.
Le projet de société des islamistes est – pour employer un euphémisme – quelque peu différent. Plutôt que le socialisme et l’athéisme, on nous propose la charia et l’instauration du califat par des groupes financés par les monarchies pétrolières du Golfe. Plutôt que l’émancipation de la classe ouvrière et des peuples opprimés, on nous invite à un retour à des pratiques moyenâgeuses. Plutôt qu’à un dépassement du capitalisme, on nous convie à un retour au féodalisme.
Bien entendu, un tel projet est économiquement irréalisable. Aussi, peut-on légitimement se demander si ces groupes luttent vraiment contre l’impérialisme ? Ou s’ils sont manipulés par les impérialistes ?
Mais l’impact idéologique de l’islamisme est loin d’être négligeable. Des peuples ne se définissent plus aujourd’hui par leur nationalité, mais par leur religion. Des arabes, on dit qu’ils sont musulmans plutôt qu’Algériens, Tunisiens, Marocains, Égyptiens, etc.
Tout comme le néolibéralisme a atomisé la classe ouvrière et l’a remplacée par l’expression « classe moyenne », qui la définit par sa fonction de consommation plutôt que de production, l’islam définit les peuples par leur religion plutôt que par leur nationalité. C’est un immense pas en arrière. La roue de l’Histoire s’est mise à tourner à l’envers.
Que des militants québécois soient devenus – à leur corps défendant – les « idiots utiles » des islamistes n’est pas une surprise. Déjà, dans les années 1970, les groupes maoïstes « m-l » appuyaient la Révolution khomeyniste. Une partie de la gauche altermondialiste, qui a participé à la création de Québec solidaire, en est l’héritière.
Aujourd’hui, comme hier, la devise est la même : « Le but final n’est rien, le mouvement est tout ». Hier, c’était du suivisme à l’égard d’un mouvement ouvrier en pleine ébullition ; aujourd’hui, on s’agenouille devant l’islam radical.
Droits de l’homme et religion, le cocktail de la Cour suprême
Nous avons montré dans un autre texte qu’on assiste à l’échelle internationale à une convergence historique entre le mouvement des droits de l’homme assujetti à l’impérialisme et l’Organisation de la coopération islamique(1). Les 57 pays qui en sont membres ont adopté en 1990 une Déclaration des droits de l’homme en islam qui ne reconnaît que les droits et libertés conformes à la charia.
Cette convergence historique mondiale déteint même sur les décisions prises par la Cour suprême du Canada dans les dossiers concernant les symboles religieux.
Ainsi, dans l’arrêt sur le port du kirpan, la Cour n’a même pas cherché à savoir si la religion sikhe en imposait le port. Les juges ont déclaré que « le fait que plusieurs personnes pratiquent la même religion de façon différente n’invalide pas pour autant la demande de celui qui allègue une violation à sa liberté de religion ».
« Ce qui importe, précise l’arrêt, c’est que cette personne démontre qu’elle croit sincèrement que sa religion lui impose une certaine croyance ou pratique. »
Le même raisonnement pourrait s’appliquer dans le cas du port du voile islamique. La femme voilée, dont la cause serait portée devant la Cour suprême, n’aurait pas à démontrer que le Coran l’oblige à le porter. Les juges pourraient statuer, s’ils sont conséquents avec leur jugement dans le cas du kirpan sikh, que même si d’autres musulmanes ne portent pas le voile cela « n’invalide pas pour autant la demande de celui qui allègue une violation à sa liberté de religion ».
Il suffit que la femme voilée « croit sincèrement que sa religion lui impose une certaine croyance ou pratique » pour que la Cour lui donne raison.
Nous nageons donc dans la plus complète subjectivité et le cas par cas, comme le démontre l’autorisation récente par la Cour suprême qu’une personne invoquant une croyance religieuse « sincère » puisse dissimuler son visage lors d’un procès criminel.
Convergence politique historique
La convergence historique entre les supposés défenseurs des droits de l’homme et les groupes religieux s’expriment politiquement au Canada dans la condamnation commune de la Charte de la laïcité québécoise par le Parti Conservateur, le Parti Libéral et le NPD. Les trois partis viennent également de faire connaître leur appui au droit de pouvoir voter le visage voilé!
Au Québec, la convergence est visible dans les positions similaires défendues par le Parti Libéral et Québec solidaire.
Plus étonnant, cependant, à première vue, est le ralliement d’indépendantistes à cette position. Mais il n’y a pas de muraille de Chine idéologique entre fédéralistes et souverainistes. On se souviendra que des indépendantistes ont défendu un « nationalisme civique » basé essentiellement sur les chartes des droits.(2) Il n’est donc pas étonnant de les voir faire alliance avec ceux qui « ont beaucoup appris depuis 1972 sur l’islam et les musulmans ».
De les voir reprendre à leur compte, ouvertement ou à mots à peine couverts, les accusations historiques de xénophobie et de racisme des fédéralistes à l’endroit du peuple québécois, à chaque fois qu’il exprime son identité, est tout simplement inqualifiable.
Plus inadmissible encore est la participation de certains d’entre eux à la campagne d’intimidation contre les deux figures de proue du combat contre l’islamisme au Québec, Djemila Benhabib et Louise Mailloux.
Des considérations stratégiques bidons
Jean Dorion et d’autres Indépendantistes pour une laïcité inclusive habillent leur opposition à la Charte de la laïcité de supposées considérations stratégiques. Le Québec n’aurait pas intérêt, selon eux, à se distinguer du reste de l’Amérique du Nord anglo-saxonne, s’il veut être reconnu par les États-Unis, suite à une proclamation d’indépendance.
Ils récusent le modèle de la laïcité républicaine française et s’inscrivent – sans doute, eux aussi, à leur corps défendant – dans la campagne de France-bashing que mènent tambour battant toutes les Lysiane Gagnon de ce monde.
C’est répandre beaucoup d’illusions que de laisser croire que le Canada anglais et les États-Unis seraient plus disposés à appuyer l’accession du Québec à l’indépendance, s’il adhérait au modèle multiculturel anglo-saxon.
Dans cette question, les affinités linguistiques sont importantes et la France demeure notre principale alliée stratégique. Jacques Parizeau l’avait bien compris en 1995 en axant sur la France toute sa stratégie internationale pour la reconnaissance de l’indépendance du Québec, dans le but de forcer la main aux États-Unis.
Tourner le dos aujourd'hui à cette stratégie, tourner le dos à la France pour un miroir aux alouettes anglo-saxon est une trahison inqualifiable. C’est demander au Québec de renier son caractère distinct, c’est vider le combat national de son âme, c’est prôner une soumission totale à l’impérialisme anglo-saxon nord-américain.
La laïcité, l’enjeu majeur de la prochaine élection
Aujourd’hui, la lutte pour la laïcité, la critique du multiculturalisme, de la judiciarisation de la politique, du syndicalisme et des luttes sociales, est un préalable incontournable pour la relance du combat pour la démocratie économique et politique et pour renouer avec les grands idéaux socialistes.
De petites nations comme le Québec ne peuvent, bien entendu, avoir un rôle dirigeant à l’échelle planétaire dans ce combat, mais son exemple peut servir de ferment et d’inspiration pour tous les progressistes de l’Amérique du Nord.
Dans cette perspective, la question de la laïcité est l’enjeu majeur de la prochaine élection. Loin d’être de l’électoralisme, elle est la condition sine qua non pour permettre au peuple québécois de réaffirmer son caractère distinct en Amérique du Nord et relancer la lutte pour la démocratie politique et, au premier chef, l’indépendance nationale.
À ce sujet, on peut lire L’instrumentalisation des droits de l’homme.
Pour une analyse détaillée, nous référons le lecteur au dossier étoffé que nous avons fait paraître en 2002 dans la revue L’apostrophe, sous le titre « Sans nous qui est Québécois? ». On y retrouve plusieurs des acteurs actuels dans le dossier de la laïcité.
« Électoralisme », « inquisition », « tyrannie de la majorité », les gros mots sont lâchés! Sentant le tapis leur glisser sous les pieds, les Jean-Marc Piotte, Robin Philpot et Paul Cliche, tous identifiés à la gauche, sortent l’artillerie lourde et tirent à boulets rouges sur la Charte et ses partisans.
La charte ne poursuit pas la révolution tranquille, Jean-Marc Piotte.
L'heure est au rassemblement, non pas à l'excommunication et à l'inquisition, Robin Philpot.
Charte : les vieux démons, Paul Cliche.
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vendredi 21 février 2014
jeudi 20 février 2014
Le gouvernement québécois veut pouvoir choisir les candidats à l'immigration en fonction des besoins de la province francophone du Canada, a indiqué la ministre de l'Immigration Diane De Courcy.
Le Québec veut une immigration choisie
© Photo : EPA
Par La Voix de la Russie |
Jusqu'ici le Québec traite chronologiquement les
demandes acceptées au préalable au niveau fédéral puisque la politique
de l'immigration est définie au niveau fédéral.
Le
projet de loi déposé mardi soir par le gouvernement indépendantiste veut
clairement inscrire « la francisation, la régionalisation et
l'intégration, et plus particulièrement l'intégration en emploi », selon
le communiqué du ministère reçu mercredi.
Cette volonté
de réformer le système migratoire est aussi dictée par le flux en
constante hausse des demandeurs allongeant « les délais de traitement ».
Le ministère estime que 80.000 demandes d'immigration sont actuellement
en attente de traitement.
La « popularité dont jouit le
Québec » doit être « un atout pour choisir les personnes immigrantes »,
a estimé la ministre en voulant « la mise en place de la déclaration
d'intérêt, un système qui a déjà fait ses preuves, notamment en
Australie et en Nouvelle-Zélande ».
Avec ce nouveau
système, chaque candidat à l'immigration au Québec devrait « présenter
une déclaration d'intérêt et satisfaire à un certain nombre de critères
afin d'intégrer la banque de candidatures ». Ensuite, en fonction de ses
besoins économiques, la province francophone ferait son choix et c'est
seulement à cette étape que le candidat choisi remplirait ensuite « une
demande formelle d'immigration » auprès du gouvernement canadien.
Avec
une « banque de candidatures », le Québec pourra « choisir les
meilleurs talents pour assurer le développement de la société québécoise
et l'épanouissement de notre langue commune », a souligné la ministre.
vu icilundi 17 février 2014
Un Québec en voie d’émancipation n’exclura personne
Guy Roy
Le texte qui suit se veut une réponse de notre coporte-parole à la publication récente, au début du mois de février, d’un texte d’Ahmed Bensaada,
lequel fut par la suite repris et republié sur différents sites, y
compris à l’extérieur de nos frontières, notamment sur le site Internet
de gauche, appelé d’Investig’action. - Parti communiste du Québec (PCQ)
Ce
n’est pas la première fois que les Québécois dans l’ensemble sont
traités de racistes en associant ce crime avec la partie effectivement
plus raciste de notre nation. Dans l’ensemble canadien qui prétend
veiller au grain des droits humains de par le monde, on a longtemps fait
du « Québec bashing » en s’appuyant justement sur les individus
s’identifiant à la critique des politiques d’immigration.
Racistes, corrompus plus que d’autres, dépensiers pour un type de société dans laquelle une place importante est laissée aux services publics encore accessibles y compris pour les immigrants, ... les Québécois se savent observés dans le monde entier pour leur réputation malmenée par les instances du pouvoir fédéral.
Le pays de Harper n’a pas de leçons à donner sur les atouts et les qualités de l’accueil de l’immigration du Québec, lui qui tolère que ses dirigeants participent à des manifestations contre-révolutionnaires en Ukraine, défend l’État d’Apartheid jusqu’à associer toute critiques d’Israël à de l’antisémitisme, détourne les fonds destinés à l’aide internationale pour en faire bénéficier les minières canadiennes dans la formation de leur main-d’œuvre dans le Tiers-Monde, …
À cause d’une phrase malheureuse sur le « vote ethnique » d’un leader indépendantiste, à la suite du référendum manqué de peu, en 1995, on accuse, surtout dans ce pays impérialiste dont Harper fait le plus grand malheur dans tous les aspects de la réaction mondiale, on accuse donc, le mouvement nationaliste d’alimenter la haine de l’étranger.
Autant on rappelle souvent à M. Jacques Parizeau, cette phrase, autant jamais M. Parizeau n’aura fait arrêter 400 activistes de gauche, comme lors de la Crise d’Octobre. C’est bien Trudeau, chef du Parti Libéral, qui l’a fait, lui, à la suite de la mise en application de la Loi des Mesures de Guerre pour ordonner à l’Armée canadienne d’occuper le Québec. Ce Trudeau père est resté l’innocent chef d’État qui a pourtant donné ces ordres devant la menace inventée de toute pièce de l’existence de trois milles guérilleros prêts à déclencher une insurrection populaire.
Jacques Parizeau n’a jamais fait arrêté personne, faut-il le rappeler, mais c’est lui qu’on continue de traiter de nazi !
Cette Loi existe encore et n’a pas été amendée. La menace est donc toujours là à la disposition du pouvoir d’un État qui, de par le monde, s’en va prêchant pour « la guerre des civilisations », thème cher à Bush.
Rarement, faut-il en même temps le rappeller, aura-t-il été question d’assimiler l’ensemble des Allemands à l’idéologie nazie. Staline avait averti les soldats de l’Armée Rouge de bien faire la distinction entre le pouvoir nazi et le peuple allemand qui lui était l’héritier d’une grande nation. Le racisme institutionnalisé n’est pas l’apanage des peuples eux-mêmes. Il est apparu devant la nécessité d’expliquer le colonialisme aux yeux des peuples par un appareil d’État réservé aux détenteurs d’un pouvoir élitiste et conquérant.
Autre anecdote pour le souvenir de l’histoire. Un anglophone fanatisé dont on croit qu’il serait atteint mentalement, a essayé de tuer la Première Ministre le soir de sa victoire électorale. Il a tué un technicien de scène. Imaginez que ce soit un Québécois qui avait simplement menacé de tuer Harper. Cela aurait fait le tour du monde en quelques heures. Et la menace brandie du terrorisme aurait justifiée encore plus de mépris par les appareils de propagande « canadian ».
Les immigrants venant souvent de pays indépendants, qui ont dû affronter le colonialisme pour y arriver, devraient reconnaître le combat de tout un peuple pour s’émanciper de la tutelle d’un impérialisme arrogant et militarisé qui donne toutes sortes de conseils sur les avantages de la démocratie libérale et du capitalisme qui lui est associé.
On s’attendrait de ceux que l’on reçoit qu’ils ne se précipitent pas dans les bras du gouvernement fédéral qui leur assurerait des droits supérieurs. Pourquoi nous accuser d’aspirer à ce qui a été un long mouvement de décolonisation, i.e. jusqu’à la pleine et entière indépendance ? Nous ne le ferons pas sans tous ces gens que nous accueillons pour la grande majorité en espérant leur offrir un pays neuf à l’abri du besoin et du racisme.
Une loi sur la « clarté » défendue par tous les partis fédéralistes à Ottawa, même par le Nouveau Parti Démocratique (social-démocrate) qui vient tout juste de renoncer à promouvoir le socialisme dans sa constitution, doit selon eux être maintenue. Elle impose au référendum sur la souveraineté du Québec un plus grand pourcentage de votes en sa faveur pour être reconnue par Ottawa que ne l’exigent les simples règles de la démocratie, 50 % plus un. Ces grands démocrates ne s’embêtent pas avec de tels détails.
Sur un autre registre, il y a au Québec la Loi 101 qui oblige les enfants d’immigrants à fréquenter l’école française. Elle a semé la controverse pendant quelques années. Aujourd’hui, il est reconnu par toutes les parties comme une innovation linguistique qui favorise l’intégration à la nation québécoise. Ce qu’on appelle affectueusement « les enfants de la Loi 101 » sont devenus d’authentiques citoyens québécois. Parmi eux, un élu dont tout le Québec de gauche se réjoui, le député Amir Khadir qui est arrivé au Québec à 12 ans réfugié d’Iran avec sa famille. Nous avons tous été heureux de participer à son élection. Sa contribution aux débats est reconnue même parmi les plus à droite des partis de l’Assemblée Nationale. Notre histoire nous apprend aussi que le parlement québécois a été un des premiers à faire élire un juif. Sa candidature a été soutenue par les plus nationalistes des députés à l’assemblée.
En général, parce que leur cause est tout aussi légitime que la nôtre, les Québécois sont solidaires de la Palestine de longue date. Nous étions fort heureux de manifester notre soutien à la suite de l’attaque de Gaza, dont on se doute maintenant qu’elle a servi à tester de nouvelles armes de la part d’Israël. L’assassinat de 450 enfants palestiniens nous a touchés particulièrement. Cette manifestation a été aussi une expérience d’apprentissage sur la solidarité que la communauté musulmane pouvait afficher aux côtés des Québécois. Une militante de Québec solidaire, parti se comparant à Die Link en Allemagne, a participé à la flottille tentant de briser le blocus de Gaza. Encore là soutenue par les syndicats et plusieurs initiatives de financement organisées par les militants de Québec solidaire.
Tout ça est une partie de notre histoire. Et nous en sommes fiers. Que les immigrants soient instrumentalisés par le pouvoir impérialiste du Canada nous appelle en même temps à mieux ce qui nous tient à coeur, à mieux le faire partagée par tous ces nouveaux citoyens qui viennent meubler notre nation de toutes les expériences que la planète et l’humanité ont accumulées au fil des âges.
Nous nous considérons chanceux qu’ils choisissent le Québec. Tout cela enrichit notre projet en le mettant devant de nouvelles exigences d’ouvrir les frontières d’un autre pays que nous souhaitons quitter parce que les choix que nous aurons faits feront du Québec une nation non moins accueillante que toutes les autres qui savent que la mondialisation peut tourner à notre avantage si nous savons lui donner un sens nouveau à la solidarité.
Cela ne nous empêchera pas de critiquer ce qui mérite en même temps de l’être.
Guy Roy,
Coporte-parole du Parti communiste du Québec (PCQ)
Racistes, corrompus plus que d’autres, dépensiers pour un type de société dans laquelle une place importante est laissée aux services publics encore accessibles y compris pour les immigrants, ... les Québécois se savent observés dans le monde entier pour leur réputation malmenée par les instances du pouvoir fédéral.
Le pays de Harper n’a pas de leçons à donner sur les atouts et les qualités de l’accueil de l’immigration du Québec, lui qui tolère que ses dirigeants participent à des manifestations contre-révolutionnaires en Ukraine, défend l’État d’Apartheid jusqu’à associer toute critiques d’Israël à de l’antisémitisme, détourne les fonds destinés à l’aide internationale pour en faire bénéficier les minières canadiennes dans la formation de leur main-d’œuvre dans le Tiers-Monde, …
À cause d’une phrase malheureuse sur le « vote ethnique » d’un leader indépendantiste, à la suite du référendum manqué de peu, en 1995, on accuse, surtout dans ce pays impérialiste dont Harper fait le plus grand malheur dans tous les aspects de la réaction mondiale, on accuse donc, le mouvement nationaliste d’alimenter la haine de l’étranger.
Autant on rappelle souvent à M. Jacques Parizeau, cette phrase, autant jamais M. Parizeau n’aura fait arrêter 400 activistes de gauche, comme lors de la Crise d’Octobre. C’est bien Trudeau, chef du Parti Libéral, qui l’a fait, lui, à la suite de la mise en application de la Loi des Mesures de Guerre pour ordonner à l’Armée canadienne d’occuper le Québec. Ce Trudeau père est resté l’innocent chef d’État qui a pourtant donné ces ordres devant la menace inventée de toute pièce de l’existence de trois milles guérilleros prêts à déclencher une insurrection populaire.
Jacques Parizeau n’a jamais fait arrêté personne, faut-il le rappeler, mais c’est lui qu’on continue de traiter de nazi !
Cette Loi existe encore et n’a pas été amendée. La menace est donc toujours là à la disposition du pouvoir d’un État qui, de par le monde, s’en va prêchant pour « la guerre des civilisations », thème cher à Bush.
Rarement, faut-il en même temps le rappeller, aura-t-il été question d’assimiler l’ensemble des Allemands à l’idéologie nazie. Staline avait averti les soldats de l’Armée Rouge de bien faire la distinction entre le pouvoir nazi et le peuple allemand qui lui était l’héritier d’une grande nation. Le racisme institutionnalisé n’est pas l’apanage des peuples eux-mêmes. Il est apparu devant la nécessité d’expliquer le colonialisme aux yeux des peuples par un appareil d’État réservé aux détenteurs d’un pouvoir élitiste et conquérant.
Autre anecdote pour le souvenir de l’histoire. Un anglophone fanatisé dont on croit qu’il serait atteint mentalement, a essayé de tuer la Première Ministre le soir de sa victoire électorale. Il a tué un technicien de scène. Imaginez que ce soit un Québécois qui avait simplement menacé de tuer Harper. Cela aurait fait le tour du monde en quelques heures. Et la menace brandie du terrorisme aurait justifiée encore plus de mépris par les appareils de propagande « canadian ».
Les immigrants venant souvent de pays indépendants, qui ont dû affronter le colonialisme pour y arriver, devraient reconnaître le combat de tout un peuple pour s’émanciper de la tutelle d’un impérialisme arrogant et militarisé qui donne toutes sortes de conseils sur les avantages de la démocratie libérale et du capitalisme qui lui est associé.
On s’attendrait de ceux que l’on reçoit qu’ils ne se précipitent pas dans les bras du gouvernement fédéral qui leur assurerait des droits supérieurs. Pourquoi nous accuser d’aspirer à ce qui a été un long mouvement de décolonisation, i.e. jusqu’à la pleine et entière indépendance ? Nous ne le ferons pas sans tous ces gens que nous accueillons pour la grande majorité en espérant leur offrir un pays neuf à l’abri du besoin et du racisme.
Une loi sur la « clarté » défendue par tous les partis fédéralistes à Ottawa, même par le Nouveau Parti Démocratique (social-démocrate) qui vient tout juste de renoncer à promouvoir le socialisme dans sa constitution, doit selon eux être maintenue. Elle impose au référendum sur la souveraineté du Québec un plus grand pourcentage de votes en sa faveur pour être reconnue par Ottawa que ne l’exigent les simples règles de la démocratie, 50 % plus un. Ces grands démocrates ne s’embêtent pas avec de tels détails.
Sur un autre registre, il y a au Québec la Loi 101 qui oblige les enfants d’immigrants à fréquenter l’école française. Elle a semé la controverse pendant quelques années. Aujourd’hui, il est reconnu par toutes les parties comme une innovation linguistique qui favorise l’intégration à la nation québécoise. Ce qu’on appelle affectueusement « les enfants de la Loi 101 » sont devenus d’authentiques citoyens québécois. Parmi eux, un élu dont tout le Québec de gauche se réjoui, le député Amir Khadir qui est arrivé au Québec à 12 ans réfugié d’Iran avec sa famille. Nous avons tous été heureux de participer à son élection. Sa contribution aux débats est reconnue même parmi les plus à droite des partis de l’Assemblée Nationale. Notre histoire nous apprend aussi que le parlement québécois a été un des premiers à faire élire un juif. Sa candidature a été soutenue par les plus nationalistes des députés à l’assemblée.
En général, parce que leur cause est tout aussi légitime que la nôtre, les Québécois sont solidaires de la Palestine de longue date. Nous étions fort heureux de manifester notre soutien à la suite de l’attaque de Gaza, dont on se doute maintenant qu’elle a servi à tester de nouvelles armes de la part d’Israël. L’assassinat de 450 enfants palestiniens nous a touchés particulièrement. Cette manifestation a été aussi une expérience d’apprentissage sur la solidarité que la communauté musulmane pouvait afficher aux côtés des Québécois. Une militante de Québec solidaire, parti se comparant à Die Link en Allemagne, a participé à la flottille tentant de briser le blocus de Gaza. Encore là soutenue par les syndicats et plusieurs initiatives de financement organisées par les militants de Québec solidaire.
Tout ça est une partie de notre histoire. Et nous en sommes fiers. Que les immigrants soient instrumentalisés par le pouvoir impérialiste du Canada nous appelle en même temps à mieux ce qui nous tient à coeur, à mieux le faire partagée par tous ces nouveaux citoyens qui viennent meubler notre nation de toutes les expériences que la planète et l’humanité ont accumulées au fil des âges.
Nous nous considérons chanceux qu’ils choisissent le Québec. Tout cela enrichit notre projet en le mettant devant de nouvelles exigences d’ouvrir les frontières d’un autre pays que nous souhaitons quitter parce que les choix que nous aurons faits feront du Québec une nation non moins accueillante que toutes les autres qui savent que la mondialisation peut tourner à notre avantage si nous savons lui donner un sens nouveau à la solidarité.
Cela ne nous empêchera pas de critiquer ce qui mérite en même temps de l’être.
Guy Roy,
Coporte-parole du Parti communiste du Québec (PCQ)
URL de cet article 24463
http://www.legrandsoir.info/un-quebec-en-voie-d-emancipation-n-exclura-personne.html
http://www.legrandsoir.info/un-quebec-en-voie-d-emancipation-n-exclura-personne.html
samedi 15 février 2014
Les minorités sexuelles et la Charte: MANON MASSÉ À LA DÉFENSE DE LA POSITION HÉTÉROSEXISTE DES ‘INCLUSIFS’
C’est bien beau de dire du bout des lèvres qu’on est contre l’intégrisme, mais qu’est-ce qui empêchent encore en 2014 les musulmanes et catholiques de célébrer des mariages entre personnes de même sexe? C’est seulement l’homophobie de leurs propres croyances religieuses.
Depuis le début du débat sur la laïcité, les soi-disant ‘Inclusifs’ ont ignoré les préoccupations légitimes des minorités sexuelles eu égard au retour du religieux dans la sphère publique. Leur ’inclusion’ ne prend en compte que les minorités religieuses et ethniques. Ce faisant, ils tentent de présenter le projet de Charte comme oppressif et discriminatoire. Ils omettent évidemment de parler des discriminations dont la plupart des religions, majoritaire ou minoritaires, sont porteuses. Tout est fait pour tenter de présenter les femmes comme choisissant librement le port de signes religieux porteurs de discrimination. Quant aux minorités sexuelles, ils font de leur mieux pour éviter de parler de la rupture du principe de neutralité religieuse que crée le port de signes de religions la grande majorité du temps homophobes et transphobes, de l’obstacle que cela crée dans l’accès égal et respectueux aux services pour les LGBT. Ils ont poussé l’audace, comme l’a fait le philosophe Michel Seymour en Commission parlementaire, jusqu’à prétendre que ce sont les personnes LGBT qui devraient être éduquées à ne pas entretenir de préjugés face aux ‘croyantes’ des différentes religions, face auxquelles il ne faudrait pas se poser de questions sur l’homophobie inhérente aux croyances qu’elles affichent fièrement, ce qui est le comble de l’absurdité.
Pour y parvenir, les ‘Inclusifs’ tenant comme la droite politique de la ‘laïcité ouverte’, un concept qui incidemment origine de penseurs catholiques, minimisent l’homophobie religieuse. Le subterfuge est simple : si je connais des personnes croyantes qui sont contre l’intégrisme ou pour les droits LGBT, l’homophobie religieuse vient de disparaître comme par magie, et on ne doit plus en tenir compte.
C’est exactement l’argument que m’avait servi en 2009 Cynthia Kelly, déléguée de la circonscription d’Outremont, après que j’eus présenté la position adoptée dans Ste-Marie-Sainte-Jacques (SMSJ) contre le port de signes religieux au congrès de Québec solidaire (QS). J’avais expliqué comment le port de signes religieux pouvait avoir un effet repoussoir sur les LGBT accédant aux services publics et déjà à l’époque j’avais expliqué que l’homophobie religieuse était protégée par l’article 319 du code criminel qui permet de tenir des propos haineux contre les LGBT à l’abri de la loi. La seule réponse des tenants de la laïcité ouverte à cet argument : Mme Kelly connaissait une synagogue qui marie les gais et lesbiennes… donc l’homophobie religieuse, ce n’est pas un problème! Aucune féministe n’oserait dire : ‘Je connais des hommes qui ne sont pas sexistes. Donc le sexisme n’est plus un problème.’ Mais quand il s’agit des LGBT, de tels sophismes hétérosexistes sont permis même au sein de la gauche féministe.
Manon Massé à la rescousse des ‘Inclusifs’
Cette approche hétérosexiste est encore plus navrante quand elle est reprise par une personne LGBT. C’est pourtant le même argument que reprend Manon Massé, la candidate ouvertement lesbienne de QS dans la circonscription de SMSJ, la circonscription du Québec comptant la plus forte communauté GLBT dans son article ‘Minorités sexuelles et intégrisme religieux : que nous propose vraiment la Charte?’ paru sur le Huffington Post. Les musulmanes et les catholiques qu’elle connait sont contre l’intégrisme. Donc, il n’y a aucun problème avec le port de signes religieux.
Évidemment, cet argument ne tient pas la route. L’homophobie religieuse est au Canada le dernier rempart légal majeur de l’homophobie. Parmi les religions professées au Québec, 98% déclarent une religion dont les préceptes sont homophobes, les seules exceptions significatives étant l’Église unie et quelques communautés juives réformées. Bien sûr, environ 80% des Québécoises et Québécois qui déclarent une appartenance religieuse, ne sont pas des pratiquants assidus. C’est ce qui fait que les droits reconnus en matière de rapports de sexe se sont dégagés dans les dernières décennies des doctrines religieuses, principalement de la religion catholique théoriquement majoritaire.
Mais quand on parle des personnes croyantes assez convaincues pour porter des signes religieux ostentatoires sur leur lieu de travail et a fortiori de celles qui préfèreraient perdre leur emploi que de les enlever, il y a fort à parier que celles-ci se retrouvent davantage dans le 20% pratiquant, et que celles-ci se conforment le plus souvent aux préceptes homophobes de leurs religions. Il y a bien sûr différents degrés d’homophobie, mais si les musulmanes et catholiques contre l’intégrisme sont si nombreuses comme Mme Massé veut nous le faire croire, qu’on m’indique où est l’église catholique ou la mosquée la plus proche qui marie les lesbiennes? C’est bien beau de dire du bout des lèvres qu’on est contre l’intégrisme, mais qu’est-ce qui empêchent encore en 2014 les musulmanes et catholiques de célébrer des mariages entre personnes de même sexe? C’est seulement l’homophobie de leurs propres croyances religieuses.
À homophobie voilée
Pour notre gouverne, Mme Massé pourrait peut-être nous dire si parmi ces musulmanes qu’elle connait, il y a cette ‘féministe musulmane’ Asmaa Ibnouzahir que QS avait invité à prendre la parole lors de son assemblée publique du 20 octobre dernier sur son projet de charte de la laïcité? Si cette ‘féministe musulmane’ est contre l’intégrisme, elle a bien patiné (prétextant ne pas s’en souvenir) quand je lui ai demandé si elle partageait le point de vue de Tariq Ramadan mis en ligne en 2009 sur le site de Présence musulmane Montréal (dont elle était la coordonnatrice et représentante en 2007 et 2008) quelques jours après l’annonce d’une subvention gouvernementale pour combattre l’homophobie chez les communautés immigrantes. Dans ce texte, le maître à penser de cette organisation qui faisait une leçon de tolérance au peuple québécois lors de son passage à la Commission Bouchard-Taylor en 2007, disait qu’aucun courant de l’Islam ne pourrait accepter l’homosexualité. Sont-ce là des musulmanes contre l’intégrisme? Au moins, dans sa lettre ouverte N’ajoutons pas un voile au voile de 2009, Françoise David avait l’honnêteté intellectuelle d’admettre que les ‘féministes catholiques’ qu’elle a connues en 1995 dans le cadre de la marche Du pain et des roses ‘sont présentes activement dans tous les combats, se gardant parfois une réserve lorsqu’il s’agit d’avortement ou d’homosexualité, par exemple. Mais jamais elles ne votent contre le libre-choix, elles préfèrent s’abstenir.’
Je comprends que de telles admissions d’homophobie seraient aujourd’hui bien gênantes dans le cadre du débat sur le port de signes religieux par les employées de l’État.
L’art de dévier le débat
Ayant évacué la question, Mme Massé dévie le débat sur la lutte contre l’intégrisme, qui n’est pas la raison première du projet de Charte. Elle reproche au projet déposé par le gouvernement de diviser inutilement le peuple québécois et lui reproche de ne rien faire pour contrer l’intégrisme qui ne pourrait être combattu efficacement que par l’intégration socio-économique et l’éducation.
Tout d’abord, il est assez cocasse d’entendre Mme Massé dénoncer la division que crée ce débat. En 2009, elle était de celles qui se sont empressées de clore le débat à la Fédération des femmes du Québec pour adopter une position favorable au port de signes religieux à contre-pied de la position du Conseil du statut de la femme. Cette position a profondément divisé le mouvement féministe depuis.
De la même façon, au sein de Québec solidaire, Mme Massé s’est désolidarisé de la position de sa propre circonscription pour intervenir en faveur du port de signes religieux et appuyer la position de Françoise David lors du Congrès de 2009 où la question de la laïcité fut abordée… là aussi une position qui divise toujours les membres de QS et a mené à plusieurs démissions et départs.
Apparemment, c’est cinq ans après avoir adopté de telles positions à contre-pied des postions traditionnelles de la gauche et du mouvement féministe en faveur de la laïcité et critique des dogmes religieux sexistes et homophobes que Mme Massé réalise la ‘division’ que le débat engendre… et elle en blâme le gouvernement! Mme Massé aurait peut-être pu prêcher par l’exemple depuis cinq ans? Et réfléchir à ses prises de position qui placent aujourd’hui une partie de la gauche et du mouvement féministe à la remorque des positions de la droite religieuse.
Contrairement à ce que suggère Mme Massé, il est assez illusoire de penser qu’on puisse unir la gauche et la droite sur cette question comme sur la plupart des grands enjeux de société. Mais Mme Massé aurait certes pu contribuer à unir la gauche, les minorités sexuelles et le mouvement féministe sur cette question. C’est tout le contraire que ses actions ont prouvé.
Et si QS se regardait le nombril?
De la même façon, quand Mme Massé reproche au gouvernement de ne pas proposer l’abolition du financement public des écoles privées confessionnelles et de ne pas demander au gouvernement fédéral l’abrogation de l’article 319 du Code criminel pour contrer l’intégrisme, on est en pleine supercherie. Sur la question du retrait du financement public des écoles confessionnelles, est-il nécessaire de rappeler que le projet de Charte de QS déposé par Françoise David l’a exclu d’emblée? Pas besoin de faire un grand calcul et de la grande analyse politique pour savoir qu’une telle proposition à l’heure actuelle ne rallierait pas une majorité à l’Assemblée nationale.
Quant à l’abrogation de l’article 319 du Code criminel qui permet de tenir des propos haineux sur la base de croyances ou textes religieux, pour avoir défendu ce point de vue au sein de QS depuis 2009, je trouve carrément démagogique pour Mme Massé de l’invoquer. Premièrement, Françoise David elle-même lors du débat public sur le projet de charte de QS a admis en réponse à ma question ‘ne pas y avoir pensé’ et deuxièmement la seule proposition qui pourrait être débattue en ce sens dans les instances de QS en vue du prochain congrès vient de moi. Si Mme Massé croit en l’importance de la question, a-t-elle déposé cette revendication dans le mémoire qu’elle cosigne avec Alexa Conradi et 25 autres signataires au nom d’une ‘Association LGBT pour un Québec inclusif’ en Commission parlementaire? Le seul regroupement à ma connaissance à avoir présenté cette revendication en Commission parlementaire est LGBT pour la laïcité dont je suis président et que Mme Massé tente de contrecarrer avec son association fantôme.
Nager en pleine contradiction
Combattre l’intégrisme par l’éducation, comme le soutient Mme Massé, est bien sûr une tâche primordiale. Mais Mme Massé ne voit-elle pas la contradiction de combattre l’intégrisme en éducation tout en banalisant l’expression de religions homophobes en permettant au personnel enseignant d’en porter les signes les plus ostentatoires? Quelle crédibilité aura le personnel affichant ces signes religieux pour critiquer les aspects discriminatoires des religions?
Quant à la prétention groucho-marxiste (car elle tient davantage de Groucho que de Karl Marx) constamment ressassée par les ‘Inclusifs’ à l’effet que c’est l’intégration socio-économique et l’accès à un bon emploi qui est la meilleure garantie pour contrer l’intégrisme, est-il nécessaire de rappeler que la province au Canada qui compte la droite religieuse la plus active, l’Alberta, est aussi la province la plus riche et dont le taux de chômage est le plus bas? Il n’y a pas d’équation entre exclusion socio-économique et intégrisme. L’intégrisme se nourrit aussi des privilèges socio-économiques comme en témoigne le Tea Party de la droite américaine.
Chose certaine, ce n’est certainement avec de tels sophismes et avec de la démagogie qu’on combat l’intégrisme et l’obscurantisme religieux. La grande force de la pensée rationnelle des Lumières qui a jeté les bases de nos sociétés démocratiques et qui les a tirées de l’obscurantisme religieux, est de reposer sur les faits et sur la science. Pas de les occulter et de les travestir.
La Charte, un pas en avant
En affirmant la laïcité et la neutralité religieuse de l’État, en établissant des limites aux accommodements religieux, en imposant un devoir de réserve religieux aux personnels de l’État, le projet de Charte raffermit le caractère laïc de l’État québécois et le rend moins perméable au retour du religieux. Ce n’est pas encore le parachèvement de la laïcité de l’État, beaucoup de travail reste à faire pour contrer l’intégrisme et éduquer au respect des droits humains dont les droits LGBT, mais c’est un pas en avant.
Quand j’entends le ministre Drainville revenir constamment à la charge en commission parlementaire et confronter ceux et celles qui prétendent que le port de signes religieux ne pose aucun problème en leur rappelant l’effet dissuasif (je dirais l’effet Vade retro Satanas) que cela peut avoir dans l’accès aux services pour les personnes LGBT, je me convaincs chaque jour un peu plus que nous sommes dans la bonne voie, que pour une fois on nous considère comme des êtres humains égaux en droits et dignes de respect dans l’établissement d’un cadre de vivre ensemble. C’est une occasion qu’une certaine gauche vient totalement de manquer de se positionner comme la défenseure des droits LGBT.
http://www.etremag.com/2014/02/les-minorites-sexuelles-la-charte-manon-masse-la-defense-de-la-position-heterosexiste-des-inclusifs-13043
Depuis le début du débat sur la laïcité, les soi-disant ‘Inclusifs’ ont ignoré les préoccupations légitimes des minorités sexuelles eu égard au retour du religieux dans la sphère publique. Leur ’inclusion’ ne prend en compte que les minorités religieuses et ethniques. Ce faisant, ils tentent de présenter le projet de Charte comme oppressif et discriminatoire. Ils omettent évidemment de parler des discriminations dont la plupart des religions, majoritaire ou minoritaires, sont porteuses. Tout est fait pour tenter de présenter les femmes comme choisissant librement le port de signes religieux porteurs de discrimination. Quant aux minorités sexuelles, ils font de leur mieux pour éviter de parler de la rupture du principe de neutralité religieuse que crée le port de signes de religions la grande majorité du temps homophobes et transphobes, de l’obstacle que cela crée dans l’accès égal et respectueux aux services pour les LGBT. Ils ont poussé l’audace, comme l’a fait le philosophe Michel Seymour en Commission parlementaire, jusqu’à prétendre que ce sont les personnes LGBT qui devraient être éduquées à ne pas entretenir de préjugés face aux ‘croyantes’ des différentes religions, face auxquelles il ne faudrait pas se poser de questions sur l’homophobie inhérente aux croyances qu’elles affichent fièrement, ce qui est le comble de l’absurdité.
Pour y parvenir, les ‘Inclusifs’ tenant comme la droite politique de la ‘laïcité ouverte’, un concept qui incidemment origine de penseurs catholiques, minimisent l’homophobie religieuse. Le subterfuge est simple : si je connais des personnes croyantes qui sont contre l’intégrisme ou pour les droits LGBT, l’homophobie religieuse vient de disparaître comme par magie, et on ne doit plus en tenir compte.
C’est exactement l’argument que m’avait servi en 2009 Cynthia Kelly, déléguée de la circonscription d’Outremont, après que j’eus présenté la position adoptée dans Ste-Marie-Sainte-Jacques (SMSJ) contre le port de signes religieux au congrès de Québec solidaire (QS). J’avais expliqué comment le port de signes religieux pouvait avoir un effet repoussoir sur les LGBT accédant aux services publics et déjà à l’époque j’avais expliqué que l’homophobie religieuse était protégée par l’article 319 du code criminel qui permet de tenir des propos haineux contre les LGBT à l’abri de la loi. La seule réponse des tenants de la laïcité ouverte à cet argument : Mme Kelly connaissait une synagogue qui marie les gais et lesbiennes… donc l’homophobie religieuse, ce n’est pas un problème! Aucune féministe n’oserait dire : ‘Je connais des hommes qui ne sont pas sexistes. Donc le sexisme n’est plus un problème.’ Mais quand il s’agit des LGBT, de tels sophismes hétérosexistes sont permis même au sein de la gauche féministe.
Manon Massé à la rescousse des ‘Inclusifs’
Cette approche hétérosexiste est encore plus navrante quand elle est reprise par une personne LGBT. C’est pourtant le même argument que reprend Manon Massé, la candidate ouvertement lesbienne de QS dans la circonscription de SMSJ, la circonscription du Québec comptant la plus forte communauté GLBT dans son article ‘Minorités sexuelles et intégrisme religieux : que nous propose vraiment la Charte?’ paru sur le Huffington Post. Les musulmanes et les catholiques qu’elle connait sont contre l’intégrisme. Donc, il n’y a aucun problème avec le port de signes religieux.
Évidemment, cet argument ne tient pas la route. L’homophobie religieuse est au Canada le dernier rempart légal majeur de l’homophobie. Parmi les religions professées au Québec, 98% déclarent une religion dont les préceptes sont homophobes, les seules exceptions significatives étant l’Église unie et quelques communautés juives réformées. Bien sûr, environ 80% des Québécoises et Québécois qui déclarent une appartenance religieuse, ne sont pas des pratiquants assidus. C’est ce qui fait que les droits reconnus en matière de rapports de sexe se sont dégagés dans les dernières décennies des doctrines religieuses, principalement de la religion catholique théoriquement majoritaire.
Mais quand on parle des personnes croyantes assez convaincues pour porter des signes religieux ostentatoires sur leur lieu de travail et a fortiori de celles qui préfèreraient perdre leur emploi que de les enlever, il y a fort à parier que celles-ci se retrouvent davantage dans le 20% pratiquant, et que celles-ci se conforment le plus souvent aux préceptes homophobes de leurs religions. Il y a bien sûr différents degrés d’homophobie, mais si les musulmanes et catholiques contre l’intégrisme sont si nombreuses comme Mme Massé veut nous le faire croire, qu’on m’indique où est l’église catholique ou la mosquée la plus proche qui marie les lesbiennes? C’est bien beau de dire du bout des lèvres qu’on est contre l’intégrisme, mais qu’est-ce qui empêchent encore en 2014 les musulmanes et catholiques de célébrer des mariages entre personnes de même sexe? C’est seulement l’homophobie de leurs propres croyances religieuses.
À homophobie voilée
Pour notre gouverne, Mme Massé pourrait peut-être nous dire si parmi ces musulmanes qu’elle connait, il y a cette ‘féministe musulmane’ Asmaa Ibnouzahir que QS avait invité à prendre la parole lors de son assemblée publique du 20 octobre dernier sur son projet de charte de la laïcité? Si cette ‘féministe musulmane’ est contre l’intégrisme, elle a bien patiné (prétextant ne pas s’en souvenir) quand je lui ai demandé si elle partageait le point de vue de Tariq Ramadan mis en ligne en 2009 sur le site de Présence musulmane Montréal (dont elle était la coordonnatrice et représentante en 2007 et 2008) quelques jours après l’annonce d’une subvention gouvernementale pour combattre l’homophobie chez les communautés immigrantes. Dans ce texte, le maître à penser de cette organisation qui faisait une leçon de tolérance au peuple québécois lors de son passage à la Commission Bouchard-Taylor en 2007, disait qu’aucun courant de l’Islam ne pourrait accepter l’homosexualité. Sont-ce là des musulmanes contre l’intégrisme? Au moins, dans sa lettre ouverte N’ajoutons pas un voile au voile de 2009, Françoise David avait l’honnêteté intellectuelle d’admettre que les ‘féministes catholiques’ qu’elle a connues en 1995 dans le cadre de la marche Du pain et des roses ‘sont présentes activement dans tous les combats, se gardant parfois une réserve lorsqu’il s’agit d’avortement ou d’homosexualité, par exemple. Mais jamais elles ne votent contre le libre-choix, elles préfèrent s’abstenir.’
Je comprends que de telles admissions d’homophobie seraient aujourd’hui bien gênantes dans le cadre du débat sur le port de signes religieux par les employées de l’État.
L’art de dévier le débat
Ayant évacué la question, Mme Massé dévie le débat sur la lutte contre l’intégrisme, qui n’est pas la raison première du projet de Charte. Elle reproche au projet déposé par le gouvernement de diviser inutilement le peuple québécois et lui reproche de ne rien faire pour contrer l’intégrisme qui ne pourrait être combattu efficacement que par l’intégration socio-économique et l’éducation.
Tout d’abord, il est assez cocasse d’entendre Mme Massé dénoncer la division que crée ce débat. En 2009, elle était de celles qui se sont empressées de clore le débat à la Fédération des femmes du Québec pour adopter une position favorable au port de signes religieux à contre-pied de la position du Conseil du statut de la femme. Cette position a profondément divisé le mouvement féministe depuis.
De la même façon, au sein de Québec solidaire, Mme Massé s’est désolidarisé de la position de sa propre circonscription pour intervenir en faveur du port de signes religieux et appuyer la position de Françoise David lors du Congrès de 2009 où la question de la laïcité fut abordée… là aussi une position qui divise toujours les membres de QS et a mené à plusieurs démissions et départs.
Apparemment, c’est cinq ans après avoir adopté de telles positions à contre-pied des postions traditionnelles de la gauche et du mouvement féministe en faveur de la laïcité et critique des dogmes religieux sexistes et homophobes que Mme Massé réalise la ‘division’ que le débat engendre… et elle en blâme le gouvernement! Mme Massé aurait peut-être pu prêcher par l’exemple depuis cinq ans? Et réfléchir à ses prises de position qui placent aujourd’hui une partie de la gauche et du mouvement féministe à la remorque des positions de la droite religieuse.
Contrairement à ce que suggère Mme Massé, il est assez illusoire de penser qu’on puisse unir la gauche et la droite sur cette question comme sur la plupart des grands enjeux de société. Mais Mme Massé aurait certes pu contribuer à unir la gauche, les minorités sexuelles et le mouvement féministe sur cette question. C’est tout le contraire que ses actions ont prouvé.
Et si QS se regardait le nombril?
De la même façon, quand Mme Massé reproche au gouvernement de ne pas proposer l’abolition du financement public des écoles privées confessionnelles et de ne pas demander au gouvernement fédéral l’abrogation de l’article 319 du Code criminel pour contrer l’intégrisme, on est en pleine supercherie. Sur la question du retrait du financement public des écoles confessionnelles, est-il nécessaire de rappeler que le projet de Charte de QS déposé par Françoise David l’a exclu d’emblée? Pas besoin de faire un grand calcul et de la grande analyse politique pour savoir qu’une telle proposition à l’heure actuelle ne rallierait pas une majorité à l’Assemblée nationale.
Quant à l’abrogation de l’article 319 du Code criminel qui permet de tenir des propos haineux sur la base de croyances ou textes religieux, pour avoir défendu ce point de vue au sein de QS depuis 2009, je trouve carrément démagogique pour Mme Massé de l’invoquer. Premièrement, Françoise David elle-même lors du débat public sur le projet de charte de QS a admis en réponse à ma question ‘ne pas y avoir pensé’ et deuxièmement la seule proposition qui pourrait être débattue en ce sens dans les instances de QS en vue du prochain congrès vient de moi. Si Mme Massé croit en l’importance de la question, a-t-elle déposé cette revendication dans le mémoire qu’elle cosigne avec Alexa Conradi et 25 autres signataires au nom d’une ‘Association LGBT pour un Québec inclusif’ en Commission parlementaire? Le seul regroupement à ma connaissance à avoir présenté cette revendication en Commission parlementaire est LGBT pour la laïcité dont je suis président et que Mme Massé tente de contrecarrer avec son association fantôme.
Nager en pleine contradiction
Combattre l’intégrisme par l’éducation, comme le soutient Mme Massé, est bien sûr une tâche primordiale. Mais Mme Massé ne voit-elle pas la contradiction de combattre l’intégrisme en éducation tout en banalisant l’expression de religions homophobes en permettant au personnel enseignant d’en porter les signes les plus ostentatoires? Quelle crédibilité aura le personnel affichant ces signes religieux pour critiquer les aspects discriminatoires des religions?
Quant à la prétention groucho-marxiste (car elle tient davantage de Groucho que de Karl Marx) constamment ressassée par les ‘Inclusifs’ à l’effet que c’est l’intégration socio-économique et l’accès à un bon emploi qui est la meilleure garantie pour contrer l’intégrisme, est-il nécessaire de rappeler que la province au Canada qui compte la droite religieuse la plus active, l’Alberta, est aussi la province la plus riche et dont le taux de chômage est le plus bas? Il n’y a pas d’équation entre exclusion socio-économique et intégrisme. L’intégrisme se nourrit aussi des privilèges socio-économiques comme en témoigne le Tea Party de la droite américaine.
Chose certaine, ce n’est certainement avec de tels sophismes et avec de la démagogie qu’on combat l’intégrisme et l’obscurantisme religieux. La grande force de la pensée rationnelle des Lumières qui a jeté les bases de nos sociétés démocratiques et qui les a tirées de l’obscurantisme religieux, est de reposer sur les faits et sur la science. Pas de les occulter et de les travestir.
La Charte, un pas en avant
En affirmant la laïcité et la neutralité religieuse de l’État, en établissant des limites aux accommodements religieux, en imposant un devoir de réserve religieux aux personnels de l’État, le projet de Charte raffermit le caractère laïc de l’État québécois et le rend moins perméable au retour du religieux. Ce n’est pas encore le parachèvement de la laïcité de l’État, beaucoup de travail reste à faire pour contrer l’intégrisme et éduquer au respect des droits humains dont les droits LGBT, mais c’est un pas en avant.
Quand j’entends le ministre Drainville revenir constamment à la charge en commission parlementaire et confronter ceux et celles qui prétendent que le port de signes religieux ne pose aucun problème en leur rappelant l’effet dissuasif (je dirais l’effet Vade retro Satanas) que cela peut avoir dans l’accès aux services pour les personnes LGBT, je me convaincs chaque jour un peu plus que nous sommes dans la bonne voie, que pour une fois on nous considère comme des êtres humains égaux en droits et dignes de respect dans l’établissement d’un cadre de vivre ensemble. C’est une occasion qu’une certaine gauche vient totalement de manquer de se positionner comme la défenseure des droits LGBT.
http://www.etremag.com/2014/02/les-minorites-sexuelles-la-charte-manon-masse-la-defense-de-la-position-heterosexiste-des-inclusifs-13043
jeudi 30 janvier 2014
Un Philippe-Flop de trop : le Québec peut et doit se distinguer
Le quotidien Le Devoir proposait le 29 janvier un article dont le titre fait frissonner : « Couillard met en garde le Québec contre la volonté de se distinguer ». Comment?! Ce doit être un mauvais rêve! À la lecture de l’article, l’incrédulité a vite fait place à la stupéfaction.
Les multiples revirements de Philippe Couillard, surnommés « Philippe Flop » en raison de leur nature aussi loufoque que de leur fréquence sont pratiquement devenus monnaie courante. Incapable de prendre position sur la Charte des valeurs, il exclut Fatima Houda-Pépin de son équipe. Incapable de comprendre la position du gouvernement sur le crucifix, il change encore d’idée. Ce fut la même chose avec Arthur Porter : l’ami est devenu vague connaissance. Et pourtant…
Déjà, en mars 2013, [le chef libéral, pas encore élu député, avait évoqué la possibilité de ne pas soumettre à la population par référendum son projet de ratification de la constitution canadienne!
A-t-il oublié que les déclarations historiques de ses prédécesseurs? Robert Bourassa, brisé par l’échec de l’accord du lac Meech où le Canada anglais a refusé d’admettre le Québec dans le giron constitutionnel, a prononcé une phrase désormais célèbre – et ô combien vraie! « Quoi qu'on dise, quoi qu’on fasse, le Québec est, aujourd'hui et pour toujours, une société distincte, libre et capable d'assumer son destin et son développement. »
Ce qui était vrai en 1990 (et bien avant!) l’est toujours lorsque Jean Charest, en visite officielle à Paris en 2007, affirme que « la question aujourd'hui n'est plus de savoir si l’on a les moyens [de faire la souveraineté]. Oui, nous les avons. Personne ne remet ça en question. » Jean Charest ajoutait que « La vraie question est la suivante : “Qu'est-ce qui est dans notre intérêt à nous? Qu'est-ce qui est le mieux pour le Québec?” »
Reprenons donc les paragraphes cités plus haut et présentons l’autre côté de la médaille.
Le Québec, comme société distincte, peut – et doit – choisir le modèle de diversité qui lui correspond afin de communiquer clairement à ses voisins d’Amérique du Nord qui il est qui il aspire à être. Tant et aussi longtemps que ces démarches sont effectuées pacifiquement, ouvertement et démocratiquement, les partenaires économiques n’ont rien à craindre.
Nous sommes Québécois et fiers de l’être. Nous sommes une nation francophone, à la fois enracinée sur un territoire magnifique et ouverte sur le monde, vaillante, créative, ingénieuse, solidaire, riche. Toutes les sociétés du monde se diversifient, aussi culturellement qu’économiquement, et nous souhaitons doter l’État québécois de tous les moyens possibles pour lui permettre de communiquer son identité afin de participer pleinement au concert des nations.
Les investisseurs placent leurs billes au Québec en raison de nos politiques économiques, de notre main-d’œuvre qualifiée, de l’action du gouvernement Marois en regard du contrôle des dépenses, de la qualité de vie qui fait l’envie du monde entier. Cela fait partie des multiples facteurs qui sont évalués.
D'ailleurs, lors d’une récente mission économique à Londres et Davos, la première ministre du Québec, Pauline Marois, a constaté que les investisseurs étrangers ne s’inquiètent pas du tout de la charte des valeurs.
Si la vraie question se pose toujours, ce n’est pas à Philippe Couillard ni au Parti libéral d’y répondre, mais aux Québécois eux-mêmes. Si deux visions s’affrontent comme Philippe Couillard tente de le faire croire, il est facile de les distinguer : une approche canadienne, légaliste et provincialiste, et une ambition québécoise, fière, indépendante.
Le chef libéral Philippe Couillard a prévenu que le Québec ne peut choisir un modèle de diversité qui se distingue de ses voisins en Amérique du Nord, comme le propose le Parti québécois avec la charte des valeurs, sans risquer d’en pâtir sur le plan économique.Pour un homme qui ose se réclamer de l’héritage libéral, brandir de tels épouvantails démontre sa méconnaissance de l’histoire, sa faiblesse dans la prise de décision et son incapacité à défendre le Québec.
« Nous ne sommes pas en Europe. Nous ne sommes pas des Européens déplacés. Nous sommes des Nord-Américains et nous fonctionnons dans un contexte nord-américain », a affirmé Philippe Couillard en marge du caucus de son parti. « Les sociétés nord-américaines, par nature, sont diverses. La nôtre devient également de plus en plus diversifiée. »
Selon lui, les investisseurs étrangers, avant de placer leurs billes au Québec, tiendront compte de « la façon dont cette diversité est gérée, non pas comme source de tensions ou de divisions, mais comme un actif pour la société et une source de prospérité ». Cela fera partie des multiples facteurs qui seront évalués, a-t-il précisé.
Les multiples revirements de Philippe Couillard, surnommés « Philippe Flop » en raison de leur nature aussi loufoque que de leur fréquence sont pratiquement devenus monnaie courante. Incapable de prendre position sur la Charte des valeurs, il exclut Fatima Houda-Pépin de son équipe. Incapable de comprendre la position du gouvernement sur le crucifix, il change encore d’idée. Ce fut la même chose avec Arthur Porter : l’ami est devenu vague connaissance. Et pourtant…
Déjà, en mars 2013, [le chef libéral, pas encore élu député, avait évoqué la possibilité de ne pas soumettre à la population par référendum son projet de ratification de la constitution canadienne!
A-t-il oublié que les déclarations historiques de ses prédécesseurs? Robert Bourassa, brisé par l’échec de l’accord du lac Meech où le Canada anglais a refusé d’admettre le Québec dans le giron constitutionnel, a prononcé une phrase désormais célèbre – et ô combien vraie! « Quoi qu'on dise, quoi qu’on fasse, le Québec est, aujourd'hui et pour toujours, une société distincte, libre et capable d'assumer son destin et son développement. »
Ce qui était vrai en 1990 (et bien avant!) l’est toujours lorsque Jean Charest, en visite officielle à Paris en 2007, affirme que « la question aujourd'hui n'est plus de savoir si l’on a les moyens [de faire la souveraineté]. Oui, nous les avons. Personne ne remet ça en question. » Jean Charest ajoutait que « La vraie question est la suivante : “Qu'est-ce qui est dans notre intérêt à nous? Qu'est-ce qui est le mieux pour le Québec?” »
Reprenons donc les paragraphes cités plus haut et présentons l’autre côté de la médaille.
Le Québec, comme société distincte, peut – et doit – choisir le modèle de diversité qui lui correspond afin de communiquer clairement à ses voisins d’Amérique du Nord qui il est qui il aspire à être. Tant et aussi longtemps que ces démarches sont effectuées pacifiquement, ouvertement et démocratiquement, les partenaires économiques n’ont rien à craindre.
Nous sommes Québécois et fiers de l’être. Nous sommes une nation francophone, à la fois enracinée sur un territoire magnifique et ouverte sur le monde, vaillante, créative, ingénieuse, solidaire, riche. Toutes les sociétés du monde se diversifient, aussi culturellement qu’économiquement, et nous souhaitons doter l’État québécois de tous les moyens possibles pour lui permettre de communiquer son identité afin de participer pleinement au concert des nations.
Les investisseurs placent leurs billes au Québec en raison de nos politiques économiques, de notre main-d’œuvre qualifiée, de l’action du gouvernement Marois en regard du contrôle des dépenses, de la qualité de vie qui fait l’envie du monde entier. Cela fait partie des multiples facteurs qui sont évalués.
D'ailleurs, lors d’une récente mission économique à Londres et Davos, la première ministre du Québec, Pauline Marois, a constaté que les investisseurs étrangers ne s’inquiètent pas du tout de la charte des valeurs.
Si la vraie question se pose toujours, ce n’est pas à Philippe Couillard ni au Parti libéral d’y répondre, mais aux Québécois eux-mêmes. Si deux visions s’affrontent comme Philippe Couillard tente de le faire croire, il est facile de les distinguer : une approche canadienne, légaliste et provincialiste, et une ambition québécoise, fière, indépendante.
Lisée accuse Couillard de ne pas comprendre le Québec
Le chef libéral dit toujours tenir à la société distincte
Aux yeux de Jean-François Lisée, la nouvelle charge du chef libéral à l’égard de la charte de la laïcité est une nouvelle démonstration de l’incompréhension de M. Couillard de «ce que c’est d’être Québécois en Amérique du Nord».
Le chef du PLQ, Philippe Couillard, s’engage sur « une pente très glissante » en appelant les Québécois à ne pas perdre de vue qu’ils « fonctionn[ent] dans un contexte nord-américain », est d’avis Jean-François Lisée.
« Nous sommes une nation distincte », a souligné le ministre des Relations internationales, de la Francophonie et du Commerce extérieur, disant justement « vendre la différence québécoise » dans ses missions économiques à l’étranger.
À ses yeux, la nouvelle charge du chef libéral à l’égard de la charte de la laïcité est une nouvelle démonstration de l’incompréhension de M. Couillard de « ce que c’est d’être Québécois en Amérique du Nord ». « Bien sûr, il faut tenir compte de nos voisins, mais ce n’est pas eux qui ont à déterminer ce que nous sommes », a insisté M. Lisée.
Couillard se défend
Bernard Drainville a quant à lui tourné en dérision le refus du chef libéral de légiférer afin d’obliger les personnes fournissant ou bénéficiant des services de l’État d’avoir le visage découvert. Selon lui, le PLQ « se cache derrière le crucifix parce que sa position sur la charte est indéfendable ».
À l’issue du caucus libéral qui s’est déroulé à Saint-Félicien, Philippe Couillard s’est défendu de renoncer à la notion de société distincte, définie par Robert Bourassa.
« Est-ce qu’on est en train de dire que le fait d’instituer la discrimination dans l’emploi [...], c’est ce qui nous rend distinct ? C’est ça l’identité québécoise ? Foutaise ! », s’est insurgé Philippe Couillard au terme du caucus de ses députés, dénonçant une fois encore la charte des valeurs du Parti québécois. Philippe Couillard s’est dit d’accord avec « l’excellent texte » de Louis Audet, le président de COGECO, qui a déclaré devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain que la charte des valeurs serait nuisible pour l’économie du Québec parce qu’elle pourrait rebuter les immigrants, demandant au gouvernement québécois d’abandonner sa « stratégie d’exclusion xénophobe, le contraire de la société multiculturelle et ouverte que nous sommes ».
Division
S’il croit que le projet péquiste est inspiré par l’humiliation et la « peur des autres », le chef libéral n’a pas voulu taxer les « séparatistes », selon son expression, de xénophobes. « Cette dialectique, ce discours du PQ sont toujours basés sur ça : il faut qu’on fasse quelque chose parce qu’on est menacé », a-t-il dit. « Lorsque le PQ mise sur la division et la crainte pour décrire comment on va vivre ensemble, il ne fait pas confiance aux Québécois pour leur façon de gérer ça, et particulièrement à la jeunesse du Québec, a-t-il dit. Elle est très confiante, elle est ouverte sur le monde, elle ne craint pas la diversité. »
« L’identité d’une communauté, qui est diverse avec une majorité, ce n’est pas uniquement réservé à une partie de la population, a fait valoir le chef libéral. Quand vous avez un modèle d’identité auquel clairement, au minimum, un million de personnes ne se sentent pas invitées au Québec, ce n’est pas ça l’identité québécoise. »
Aux yeux de Jean-François Lisée, la nouvelle charge du chef libéral à l’égard de la charte de la laïcité est une nouvelle démonstration de l’incompréhension de M. Couillard de «ce que c’est d’être Québécois en Amérique du Nord».
Le chef du PLQ, Philippe Couillard, s’engage sur « une pente très glissante » en appelant les Québécois à ne pas perdre de vue qu’ils « fonctionn[ent] dans un contexte nord-américain », est d’avis Jean-François Lisée.
« Nous sommes une nation distincte », a souligné le ministre des Relations internationales, de la Francophonie et du Commerce extérieur, disant justement « vendre la différence québécoise » dans ses missions économiques à l’étranger.
À ses yeux, la nouvelle charge du chef libéral à l’égard de la charte de la laïcité est une nouvelle démonstration de l’incompréhension de M. Couillard de « ce que c’est d’être Québécois en Amérique du Nord ». « Bien sûr, il faut tenir compte de nos voisins, mais ce n’est pas eux qui ont à déterminer ce que nous sommes », a insisté M. Lisée.
Couillard se défend
Bernard Drainville a quant à lui tourné en dérision le refus du chef libéral de légiférer afin d’obliger les personnes fournissant ou bénéficiant des services de l’État d’avoir le visage découvert. Selon lui, le PLQ « se cache derrière le crucifix parce que sa position sur la charte est indéfendable ».
À l’issue du caucus libéral qui s’est déroulé à Saint-Félicien, Philippe Couillard s’est défendu de renoncer à la notion de société distincte, définie par Robert Bourassa.
« Est-ce qu’on est en train de dire que le fait d’instituer la discrimination dans l’emploi [...], c’est ce qui nous rend distinct ? C’est ça l’identité québécoise ? Foutaise ! », s’est insurgé Philippe Couillard au terme du caucus de ses députés, dénonçant une fois encore la charte des valeurs du Parti québécois. Philippe Couillard s’est dit d’accord avec « l’excellent texte » de Louis Audet, le président de COGECO, qui a déclaré devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain que la charte des valeurs serait nuisible pour l’économie du Québec parce qu’elle pourrait rebuter les immigrants, demandant au gouvernement québécois d’abandonner sa « stratégie d’exclusion xénophobe, le contraire de la société multiculturelle et ouverte que nous sommes ».
Division
S’il croit que le projet péquiste est inspiré par l’humiliation et la « peur des autres », le chef libéral n’a pas voulu taxer les « séparatistes », selon son expression, de xénophobes. « Cette dialectique, ce discours du PQ sont toujours basés sur ça : il faut qu’on fasse quelque chose parce qu’on est menacé », a-t-il dit. « Lorsque le PQ mise sur la division et la crainte pour décrire comment on va vivre ensemble, il ne fait pas confiance aux Québécois pour leur façon de gérer ça, et particulièrement à la jeunesse du Québec, a-t-il dit. Elle est très confiante, elle est ouverte sur le monde, elle ne craint pas la diversité. »
« L’identité d’une communauté, qui est diverse avec une majorité, ce n’est pas uniquement réservé à une partie de la population, a fait valoir le chef libéral. Quand vous avez un modèle d’identité auquel clairement, au minimum, un million de personnes ne se sentent pas invitées au Québec, ce n’est pas ça l’identité québécoise. »
Source : Le Devoir
mercredi 29 janvier 2014
Couillard met en garde le Québec contre la volonté de se distinguer
Saint-Félicien — Le chef libéral Philippe Couillard a prévenu que le Québec ne peut choisir un modèle de diversité qui se distingue de ses voisins en Amérique du Nord, comme le propose le Parti québécois avec la charte des valeurs, sans risquer d’en pâtir sur le plan économique.
« Nous ne sommes pas en Europe. Nous ne sommes pas des Européens déplacés. Nous sommes des Nord-Américains et nous fonctionnons dans un contexte nord-américain », a affirmé Philippe Couillard en marge du caucus de son parti. « Les sociétés nord-américaines, par nature, sont diverses. La nôtre devient également de plus en plus diversifiée. »
Selon lui, les investisseurs étrangers, avant de placer leurs billes au Québec, tiendront compte de « la façon dont cette diversité est gérée, non pas comme source de tensions ou de divisions, mais comme un actif pour la société et une source de prospérité ». Cela fera partie des multiples facteurs qui seront évalués, a-t-il précisé.
« La diversité chez nous, ce n’est pas une menace. Nous ne sommes pas menacés au Québec », a-t-il insisté.
Le chef libéral, qui croit réelle la possibilité que Pauline Marois déclenche des élections sous peu, juge que la population sera placée devant un choix entre « deux modèles de société complètement différents » : le Parti libéral misera sur la croissance économique pour assurer le financement adéquat des services publics. « Sur le plan social, alors que d’un côté, le gouvernement divise, nous, on veut rassembler. On veut créer une identité québécoise, maintenir et promouvoir une identité québécoise qui rassemble tous les Québécois », a-t-il fait valoir. Philippe Couillard proposera un projet de société « qui envoie le message que nous, les Québécois, nous sommes forts, confiants ».
À ses yeux, le projet du PQ « est largement basé sur l’humiliation, la peur, le retrait — on est des assiégés, le monde entier nous en veut, on a peur des autres ».
Le déclin démographique au Québec est amorcé et l’accroissement du nombre des ménages provient « très largement » de l’immigration, a signalé le chef libéral qui a dit citer les plus récentes statistiques.
Les libéraux sont en mode électoral, a reconnu Philippe Couillard. Au caucus, huit candidats ont été présentés aux députés.
Même si par les temps qui courent le chef libéral parle beaucoup de la charte des valeurs, il voudra éviter de se laisser entraîner sur ce terrain lors de la campagne électorale. « On va en parler mais on ne fera pas notre campagne là-dessus. On va faire campagne sur l’économie, l’emploi, la richesse collective des Québécois. »
La position libérale sur la charte des valeurs, qui comprend le maintien du crucifix au Salon bleu de l’Assemblée nationale, est maintenant connue. « Cette question, pour nous, c’est réglé », a-t-il soutenu.
Plusieurs députés libéraux jugent d’ailleurs que la défense du crucifix manifestée par leur chef, Philippe Couillard, se traduira par des votes pour leur parti à la prochaine élection générale.
À l’entrée du caucus libéral, le député de Maskinongé, Jean-Paul Diamond, a dit croire que « les gens veulent garder le symbole », particulièrement dans les circonscriptions rurales comme celle qu’il représente. « Je suis dans un comté rural, c’est excellent », a-t-il indiqué en parlant de la position du Parti libéral du Québec qui vient de trancher : le crucifix, accroché au Salon Bleu par Maurice Duplessis en 1936, y restera.
Dans le débat sur la charte des valeurs, s’engager à conserver le crucifix au Salon bleu, « ça fait une différence » dans sa circonscription, estime le député chevronné, dans un contexte où une majorité de ses électeurs sont pour la charte. « Il y en a qui sont pour, il y en a qui sont contre, mais la plupart sont pour la charte », a-t-il affirmé.
Pour le député de Mégantic, Ghislain Bolduc, cette défense du crucifix aura « un effet positif » pour les libéraux même s’il avance que la charte des valeurs ne suscite pas d’intérêt « dans nos régions ».
« On va parler maintenant de choses réelles », a soutenu Philippe Couillard, déplorant « que l’on consacre 250 heures de travaux de l’Assemblée nationale à un enjeu largement théorique et une fiction du Parti québécois ».
« Il n’y a aucun policier qui porte de signes religieux alors qu’il y a 350 000 chômeurs au Québec », a martelé le chef libéral.
***
Crucifix : un « flip flop » électoraliste de Couillard, selon la CAQ
Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, voit dans le « flip flop » de Philippe Couillard une manoeuvre bassement électoraliste. « Ce n’est pas très fort », a-t-il lancé mardi après-midi.
Cela dit, le chef du deuxième groupe d’opposition s’est dit « content » de la profession de foi libérale en faveur du maintien du crucifix dans le Salon bleu. « On a toujours été d’accord pour garder le crucifix au Salon bleu », a souligné M. Legault. Pourtant, la députée Nathalie Roy indiquait la semaine dernière que la CAQ appuierait le retrait du crucifix de l’Assemblée nationale si la « majorité des Québécoises, des Québécois » le demandait. « Écoutez, si les gens veulent qu’on le déplace, on le déplacera », a répété l’élue caquiste en commission parlementaire.
Selon M. Legault, une élection référendaire sur le projet de charte de la laïcité profiterait au Parti québécois. « Le plus vite [la première ministre Pauline Marois] déclenche des élections, on garde le focus sur la charte. C’est ce qu’elle souhaite. [Mais] on ne parlera pas seulement de la charte », a-t-il averti.
Source : Le devoir
lundi 27 janvier 2014
Les francs-tireurs : Fatima Houda-Pépin
http://zonevideo.telequebec.tv/media/3057/fatima-houda-pepin/les-francs-tireurs
Fatima Houda-Pépin
ENTREVUE
2011-2012 / Épisode 362 / 14:35
Richard Martineau s'entretient avec Fatima Houda-Pépin, députée de La Pinière depuis 1994. À son arrivée au Québec en 1975, cette Marocaine musulmane est frappée par la pratique de l'Islam en sol québécois. « J’ai constaté qu'on interdisait ici plein de choses aux femmes. Je n'avais jamais connu ça au Maroc ». Depuis, elle n'a cessé de se battre contre les intégrismes. En 2005, elle a sommé l'Assemblée nationale de voter une motion contre l'implantation des tribunaux islamiques au Québec. Cette dernière fut adoptée à l'unanimité. Première vice-présidente de l'Assemblée nationale depuis 2007, elle se consacre notamment à l'éducation civique des jeunes en visitant les écoles secondaires de la province.
- Disponible jusqu'au 31 août 2014
- Production : Zone 3
vendredi 24 janvier 2014
Le PLQ se déshonore
Fier comme un coq, Philippe Couillard est revenu juste à temps pour calmer son poulailler. Sa position sur la charte de la laïcité était bien mince et ne faisait pas l’absolue unanimité dans son caucus, si bien qu’il a disparu dans la nature pendant des jours et des jours afin de produire une position qui ferait le moins de vagues possible tout en lui permettant de se débarrasser de la seule femme de son équipe qui pouvait lui expliquer par le détail ce que le jeu international des islamistes pouvait signifier pour un peuple accueillant et vulnérable comme celui du Québec. Dehors Fatima Houda-Pepin, la rebelle musulmane qui défend des positions ostentatoires… et qui a un avantage exceptionnel sur tous les autres du caucus puisqu’elle sait, de première main, de quoi elle parle.
La nouvelle version de la position libérale n’est pas plus claire que les précédentes. On cherche par tous les moyens à étouffer la « nouvelle Révolution tranquille » dans l’oeuf par crainte, sans doute, que les Québécois prennent vraiment goût à décider de leur sort et de leur avenir par eux-mêmes. Imaginez qu’ils arrivent à se convaincre qu’ils peuvent se passer de la Cour suprême, du gouvernement fédéral, de l’intrusion d’Ottawa dans notre développement, du multiculturalisme qui favorise le développement des ghettos et nous prive de l’enrichissement culturel que représente la venue parmi nous de ceux et celles prêts à partager nos hivers.
Les héritiers des libéraux audacieux qui ont permis la remise en question de tout notre système d’éducation à partir de 1960, les héritiers de ceux qui ont su négocier la mise à pied des évêques et des enseignants religieux sans que le sang ne soit versé dans nos rues, de ceux qui ont créé le ministère de l’Éducation, ces étranges héritiers font tout ce qu’ils peuvent pour freiner le désir des citoyens, exprimé clairement, de réévaluer le vivre-ensemble que notre siècle propose.
Grand peuple
Le 15 novembre 1976, René Lévesque a dit : « Nous sommes peut-être quelque chose comme un grand peuple. » La foule était si fière qu’enfin on lui confirme qu’elle avait fait les bons choix depuis 1960 et que sa croissance en sagesse allait éclairer sa route pour l’avenir.
Je crois qu’à cause de la qualité du débat sur la charte de la laïcité que nous vivons en ce moment, du fait qu’il n’y a pas de violence dans nos rues et que nous sommes capables de débattre sans nous entre-tuer, du fait aussi de notre préoccupation évidente de ne laisser personne sur le bord de la route alors que nous choisissons d’avancer avec confiance vers une solution qui comporte plus de certitudes que de risques, je crois que nous pouvons enfin apporter de petites corrections à la phrase de Lévesque. « Les Québécois forment un grand peuple » serait aujourd’hui plus juste. Nous n’avons jamais cessé de grandir depuis 1960. Il ne faut plus jamais accepter que quelqu’un nous dise le contraire. Nous avons besoin de nous faire confiance, car si nous n’avons jamais cheminé dans la facilité, nous avons toujours avancé dans l’espoir et dans le désir de nous démarquer des peuples qui vivent dans des violences qui sont le lot quotidien de tellement d’humains encore aujourd’hui.
Devant la Commission, cette semaine, un participant a parlé du rôle que certains font jouer à la Charte des droits québécoise et à l’autre, celle du Canada, nous faisant remarquer qu’elles étaient devenues notre Coran à nous… laissant entendre que nous y sommes si attachés que nous ne voyons plus que la société a changé depuis que les chartes ont vu le jour et que ces textes doivent être retouchés de temps en temps pour répondre à de nouveaux besoins. Le rôle du législateur me semble évidemment de prévoir l’avenir, d’ouvrir des horizons et d’intervenir au besoin. Pas chaque semaine, c’est évident, mais quand c’est nécessaire pour le bon fonctionnement d’une société.
Les participants à la Commission viennent de tous les horizons. Ils sont pour ou ils sont contre, mais le climat entretenu par le ministre Drainville permet à chacun de s’exprimer dans le respect. Je tiens à souligner le formidable éclairage apporté par Monsieur Guy Rocher dans tout le débat. Il avoue ses 89 ans et des poussières sans broncher et il a un sens de l’Histoire et de l’Humour qui le rendent indémodable. Il était déjà là pour la commission Parent sur l’éducation en 1961. Il était là avec Camille Laurin pour la loi 101 en 1976. Il est toujours là aujourd’hui pour la charte de la laïcité.
Les libéraux affirment qu’il n’y a aucune raison qui justifie de se doter d’une charte de la laïcité, que nous n’en avons pas besoin maintenant. Guy Rocher répond que c’est justement quand on n’en a pas besoin qu’il faut la faire. Je suis sûre qu’il a raison.
http://www.ledevoir.com/politique/quebec/398043/le-plq-se-deshonore
jeudi 23 janvier 2014
L’élection « provinciale » sera plébiscitaire
Le scrutin sera un référendum déguisé
Cette semaine même, le magazine The Economist a lancé contre le Québec, en ayant l’air de rien, deux bonnes bombes incendiaires dans le parterre international. Deux bombes pour détruire à tout jamais cette méchante volonté des Québécois de s’identifier comme peuple bien caractérisé sur la scène mondiale.
C’est la première fois qu’un grand magazine – en ce cas bien anglo-saxon – prend en compte une idée nationale d’ici pour la répudier bien clairement. Qu’ont-ils ces Québécois à vouloir faire nation à part ? Ils n’ont qu’à s’intégrer, comme le font les immigrants qui se fondent allègrement dans le magma des USA ou dans la soupe plus claire de l’Ontario !
Car c’est bien de cela dont il s’agit… Les deux peuples anglo-saxons d’Amérique du Nord ne peuvent concevoir qu’une famille humaine comme la nôtre ne partage pas l’entièreté de la culture ambiante et ne se fonde pas en elle volontairement. Les Américains, comme on dit, ne sont-ils pas des Européens qui ont oublié leur culture d’origine… et la cuisine qui va avec ? Et les Britanniques, lorsqu’ils sont ensemble et qu’ils forment au moins un trio ne se constituent-ils pas en « clubs privés » exclusifs ?
Pour bien faire ressortir l’ombre de ces Québécois « qui se souviennent encore un peu de leurs origines », et qui par conséquent ne comptent pas, The Economist commence par publier deux lettres de lecteurs vivant au Québec. Ceux-ci, de culture anglaise, vont jusqu’à dire que le Québec est devenu un « Quebeckistan », donc une dictature qui se complait à adopter des lois répressives à l’égard des immigrants et des pauvres businessmen anglos « qui ne peuvent plus conduire leurs affaires en anglais ». Bien pire ces Québécois n’ont d’intéressantes politiques sociales que parce que celles-ci sont payées avec de l’argent du gouvernement fédéral canadien… A l’intérieur du magazine, par ailleurs, les rédacteurs, dans un long article, font passer les Québécois comme des gens qui répandent le poison d’une lutte contre le bon multicuturalisme canadien…. Pas un mot de sympathie pour notre désir de vivre collectivement !
Si le débat sur la loi 60 projette le Québec sur la scène mondiale c’est bien parce que le sujet est important et vital et qu’il dérange les dominants. Derrière les réprimandes du Barreau du Québec – qui ne voit pas plus loin que le bout du nez des lois – il y a un enjeu identitaire. Le Québec formera-t-il une communauté qui se souvient de ses origines françaises et communautaristes, ou deviendra-t-il une simple congrégation de consommateurs comme aux États-Unis et, pour une large part, comme en Ontario ?
L’élection prochaine au Québec, qui s’annonce pour le mois de mai, sera à mon avis bel et bien plébiscitaire. Elle dira si les Québécois veulent rester eux-mêmes, comme les Mexicains le sont restés, de peine et de misère, mais avantageusement, depuis leur accession à l’indépendance.
Derrière cette question des symboles religieux – qui n’est en somme qu’une modeste mesure administrative – il y a la volonté de conserver un esprit commun composé d’expériences collectives intéressantes et qui comprennent une certaine proportion, peut-être pas majoritaire, de coutumes héritées des contrées normandes, bretonnes et picardes et qui donne du piquant – et de l’ouverture à l’existence. Sans compter l’esprit fort répandu, d’une certaine latinité ouverte, réfléchie et amie du plaisir.
Les Québécois pourront rejeter cette façon de voir la vie et de s’organiser collectivement ; ils pourront se voir comme des gens pratiques et rejeter les protagonistes de la loi sur la laïcité ; ils ne voudront peut-être être des « idéalistes » comme l’auteur de ces lignes. Mais s’ils choisissent l’affranchissement, l’affirmation identitaire et la survie nationale il y aura des conséquences immédiates. Il sera alors possible de réaliser ce qu’un certain Mario Beaulieu, ( un ex-ministre du Québec ) a proposé en 1971, soit l’établissement, ici, d’un régime présidentiel. Dans son livre intitulé « LA VICTOIRE DU QUÉBEC » publié chez Leméac, et tombé dans l’oubli, - comme bien de nos idées-clef - il proposait, en se présentant à la direction de l’Union Nationale, tout un programme libérateur qui aurait pu se réaliser, selon lui, sans défaire tout le Canada.
La prochaine élection, me semble-t-il, sera une sorte de référendum déguisé sur l’affranchissement national, un affranchissement où il sera plus facile pour les peureux de digérer leur OUI !
M. Beaulieu - feu M. Beaulieu – n’a pas eu de succès. Le Québec n’a pas – n’aura pas ? – son régime présidentiel « cette formule d’un régime présidentiel, débarrassé de symboles d’un autre âge, disait-il, qui correspond davantage à un Québec moderne et ambitieux ».
Et c’est ainsi qu’on ne reverrait plus cette image désolante des membres de notre conseil des ministres québécois ; celle qu’on m’a montré, sur l’internet récemment, où les élus sont en train de prêter serment d’allégeance, un à un, à côté d’une première ministre inconfortable, à un monarque d’ailleurs.
vu ici
mardi 21 janvier 2014
Sondage : le Parti québécois en terrain majoritaire
QUÉBEC - Le Parti québécois de Pauline Marois peut maintenant espérer remporter une majorité de sièges aux prochaines élections grâce à la débandade des libéraux dans les intentions de vote et à un appui fort de la charte de la laïcité chez les francophones.
Le coup de sonde de Léger, effectué pour l’Agence QMI, montre que pour la première fois depuis son élection en septembre 2012, le gouvernement Marois obtient un appui suffisant dans les intentions de vote pour obtenir une majorité parlementaire.
Le Parti québécois obtient 36 % des intentions de vote après répartition. Chez les francophones, cet appui augmente à 43 %.
« Mathématiquement, c’est une petite majorité pour le PQ. La dernière fois que ça s’est produit, c’était avant les élections », explique Christian Bourque, vice-président de la firme de sondage Léger.
Pour les libéraux, c’est la débandade. Le PLQ a perdu quatre points depuis décembre. Il obtient désormais 33 % des intentions de vote. Chez les francophones, le PLQ n’obtient plus que 25 % d’appui.
« IL EST OÙ, PHILIPPE COUILLARD ? »
La cote de popularité du chef libéral va de pair avec celle de son parti : la tendance est à la baisse subite. À la question « qui ferait le meilleur premier ministre du Québec », M. Couillard obtient 20 % d’appui, une chute de cinq points depuis novembre.
« Plusieurs se demandent il est où Philippe Couillard depuis un mois. Il est où depuis l’affaire Houda-Pépin ? Il est où depuis sa victoire dans une élection partielle ? Bien la réponse c’est qu’il est deuxième », lance M. Bourque.
Quant à Pauline Marois, elle trône en première place avec 27 % des appuis. « C’est une différence significative », dit Christian Bourque. « C’est un vide qui a un peu trop duré pour les libéraux. »
SATISFACTION À LA HAUSSE
Tous les indicateurs sont bons pour Pauline Marois. Le taux de satisfaction de son gouvernement a augmenté de cinq points de pourcentage depuis décembre : un bond de 33 % à 38 %.
Pour François Legault, la situation est moins rose. L’appui à la Coalition avenir Québec tombe à 17 %, une perte de deux points depuis décembre. Pour Québec solidaire, les intentions de vote restent stables à 8 %.
L’INTERDICTION DES SIGNES RELIGIEUX DE PLUS EN PLUS POPULAIRE
L’appui à la charte de la laïcité ne se dément pas. L’interdiction du port de signes religieux ostentatoires pour les employés de l’État obtient maintenant le soutien de 60 % des Québécois.
Jugée controversée par plusieurs, la mesure phare de la charte est appuyée par 69 % des francophones. L’interdiction des signes religieux est moins populaire chez les anglophones et les allophones, mais obtient tout de même 26 % de leurs appuis.
En septembre, au tout début du débat lancé par le ministre Bernard Drainville, l’interdiction recevait l’appui de 51 % des Québécois et 58 % des francophones.
La charte de la laïcité obtient quant à elle un appui de 48 % de la population. En septembre, cet appui était de 43 %.
« L’EFFET CHARTE »
« L’effet charte se fait sentir dans les intentions de vote », explique par ailleurs Christian Bourque, vice-président de la firme de sondage Léger. À l’extérieur des régions métropolitaines de Montréal et de Québec, le PQ obtient maintenant un appui solide de 44 % dans les intentions de vote.
Rappelons que seul le Parti québécois est en faveur de l’interdiction pure et simple du port de signes religieux ostentatoires chez les employés de l’État. Pour la Coalition avenir Québec et Québec solidaire, qui s’y opposent, la situation est plus critique. Près de 60 % des électeurs du parti de François Legault y sont favorables. La moitié des électeurs du parti de Françoise David se rangent aussi derrière cette idée. Près de 40 % des électeurs libéraux y sont d’ailleurs favorables.
« Si les élections se font sur l’enjeu de la charte, certains pourraient voter pour le PQ », ajoute M. Bourque.
Source
http://fr.canoe.ca/infos/quebeccanada/archives/2014/01/20140120-040757.html
vu ici
samedi 18 janvier 2014
Qui veut la peau de Bernard Drainville?
C’est une manière de faire parler de soi: insulter un ministre, exiger sa démission. Mieux encore : désigner d’avance son remplaçant! C’est ce que vient de faire Québec inclusif, en invitant Pauline Marois à le congédier pour le remplacer par Bertrand St-Arnaud, apparemment plus conciliant envers ses propres vues. La chose est si grotesque qu’elle porte à rire, d’autant que la demande vient du président de l’organisme, désespérément en quête de visibilité et de respectabilité, mais qui trop souvent, confond l’argumentation et l’injure.
La raison officiellement donnée pour exiger ce congédiement? Bernard Drainville ne s’inclinerait pas spontanément devant certains organismes qui disent incarner l’expertise juridique. C’est mal comprendre sa position. S’il ne les méprise pas, il considère leur avis comme une contribution parmi d’autres dans un débat politique majeur, qui ne saurait se laisser enfermer dans une querelle de spécialistes, chacun se croyant appelé à fixer les paramètres du débat public en distinguant les limites de ce qui peut se dire et de ce qui ne devrait jamais être entendu.
Depuis le début du débat sur la Charte, Bernard Drainville s’en tient à un principe fort : il s’agit d’un débat politique et non d’un débat juridique. Il faut éviter qu’il ne soit confisqué par quelques «experts» qui prétendent exercer un monopole sur les questions liées à la «diversité» ou qui veulent judiciariser à outrance toutes les grandes questions de société. Et à travers le projet de loi 60, il entreprend la mise en place d’un nouveau modèle d’intégration, en faisant de la laïcité une pièce majeure de la culture de convergence québécoise, dont il faut restaurer le statut historique.
De ce point de vue, lorsqu’on parle à Drainville du «test des tribunaux» que ne passerait pas son projet de loi, il serait en droit de répondre qu’il s’agit justement de changer le cadre juridique de notre société. Les Chartes de droits ne sont pas des textes sacrés, et ils ne représentent pas la seule manière possible de défendre les libertés publiques et privées. La délibération publique, en démocratie, permet justement de fixer de nouvelles orientations collectives, d’opérer de nouveaux choix de société.
Ceux qui crient au scandale devant cela nous disent-ils qu’ils sont les gardiens du droit naturel et qu’ils disposent d’une légitimité supérieure aux élus? Seuls les juristes et les juges, finalement, peuvent distinguer entre ce qui se fait et ne se fait pas? On se moque de ceux qui dénoncent l’avènement d’un gouvernement des juges, mais pourtant, c’est bien vers une telle forme de régime que nous nous dirigeons. L’espace du politique régresse, le pouvoir juridique devient hégémonique et on nous demande d’y voir un progrès. Étrange.
J’ai souvent dit que le jour où les souverainistes mettraient de l’avant un programme d’affirmation identitaire, ils subiraient les attaques radicales du système idéologique dominant. Les deux ailes du parti multiculturaliste se déchaineraient contre lui : la gauche multiculturaliste et la droite néolibérale. Et les médias mettraient en scène la moindre dissidence chez les souverainistes pour laisser croire à une société absolument fracturée. Nous y sommes. Dans les circonstances, on souhaitera simplement au gouvernement de ne pas se coucher. Il faut traverser ce barrage pour engager une authentique politique d’affirmation québécoise.
Depuis le début du débat sur la Charte, Bernard Drainville a bien joué ses cartes. Si l’homme ne s’épargne pas quelquefois certaines facilités rhétoriques et politiciennes, comme on l’a vu récemment avec son étrange déclaration qui confondait l’hostilité à la Charte et la complaisance envers l’intégrisme, fondamentalement, il mène ce débat en ne se laissant pas enfermer dans les pièges de ses adversaires. L’accusation de «populisme» qu’on lui jette à la tête sert moins à le qualifier qu’à le disqualifier. L’objectif : le noyer sous une pluie d’injures et de quolibets, et le transformer en infréquentable absolu.
C’est qu’à la différence de plusieurs, il ne technicise pas la politique à outrance. Il a compris qu’il y avait au Québec une aspiration fondamentale à la réaffirmation identitaire et que celle-ci était fondamentalement légitime. En s’y ouvrant, il ne libère pas la parole intolérante, pour reprendre la formule convenue, même s’il y a dans notre société comme dans les autres des zozos et que certains défileront à la commission. Il réactive plutôt la question la plus vitale qui soit : celle des fondements de notre existence comme peuple. Comment nous définirons-nous comme collectivité?
Ce que ses détracteurs reprochent à Bernard Drainville, c’est son efficacité politique. Ce qu’ils ne tolèrent pas, c’est qu’il tienne tête aux idéologues multiculturalistes, aux professeurs de rectitude politique et autres spécialistes du politiquement correct. C’est pour cela qu’ils veulent le dégommer et en finir avec lui. Sans l’avoir pensé ainsi, n’est-ce pas le plus beau compliment qu’ils viennent de lui adresser? Dégage, Bernard! Oui, dégage, tu es en train de réussir! Maudire son adversaire, n’est-ce pas s’incliner devant sa victoire prochaine?
http://blogues.journaldemontreal.com/bock-cote/politique/qui-veut-la-peau-bernard-drainville/
mercredi 15 janvier 2014
Bernard Drainville est prêt à faire de la charte de la laïcité un enjeu électoral
Par Jocelyne Richer et Martin Ouellet
QUÉBEC _ Le gouvernement Marois est prêt à faire de la charte de la laïcité un enjeu électoral, et ce, avant longtemps.
Mais si ce scénario s'avère, ce sera la faute des partis d'opposition, a fait valoir mardi le ministre des Institutions démocratiques, Bernard Drainville, en point de presse, en marge du lancement de la consultation publique portant sur le projet de loi 60, qui définit les règles de la charte des valeurs de laïcité.
Car si les partis d'opposition votent contre le budget ce printemps, au moment où le débat sur la charte bat son plein, le Québec se retrouvera en élection. L'enjeu de la charte sera forcément au coeur de la prochaine campagne, a soulevé M. Drainville.
"La CAQ et les libéraux ont essentiellement dit qu'ils allaient voter contre le budget, ce qui provoquerait des élections. Cela voudrait dire que la CAQ et les libéraux décideraient d'eux-mêmes de faire de la charte un enjeu de la prochaine élection. S'ils décident de nous défaire, et que la charte n'a pas été adoptée, l'une des conséquences est que la charte deviendra un des enjeux de l'élection", a commenté M. Drainville.
Ce scénario d'élections hâtives n'incitera pas pour autant le gouvernement à mettre de l'eau dans son vin. D'entrée de jeu, le ministre a indiqué qu'il n'était pas question que le gouvernement recule sur son projet d'interdire aux employés de l'État de porter des signes religieux.
Cette interdiction constitue un volet "essentiel et incontournable du projet de loi", a soutenu M. Drainville dans ses remarques d'ouverture de cette commission parlementaire qui devrait durer au moins deux mois. La commission a reçu plus de 200 mémoires de personnes et d'organismes intéressés à témoigner et à faire valoir leur point de vue aux élus.
La neutralité religieuse de l'État doit être visible et s'incarner dans l'image projetée par ses employés, a dit en substance le ministre pour justifier sa position sur les signes religieux. "Il faut incarner la laïcité", selon lui.
Le ministre Drainville a aussi voulu se faire rassurant pour les croyants, en rappelant que le projet de loi ne visait pas à empêcher qui que ce soit de pratiquer sa religion.
Le porte-parole de l'opposition officielle, le député libéral Marc Tanguay, a répliqué en déplorant le fait que le gouvernement ait choisi d'adopter une stratégie "électoraliste" en cette matière. Il a noté que la plupart des éléments contenus dans le projet de loi faisaient consensus parmi les élus des différentes formations, sauf la question controversée de l'interdiction des signes religieux.
"Ce qui divise la population, c'est l'interdiction de porter des signes religieux, a déclaré M. Tanguay. Le gouvernement du Parti québécois veut tabler sur cette division en vue des prochaines élections et le ministre ne bougera aucunement sur cette atteinte aux libertés."
Mais les libéraux de Philippe Couillard ne sont toujours pas prêts, de leur côté, à rendre publique leur position sur la neutralité de l'État et la lutte à l'intégrisme, ce qui devrait être fait dans les prochaines semaines.
Le premier témoin entendu était un leader syndical, l'ancien président de la CSQ, Réjean Parent, venu à titre personnel. M. Parent appuie l'interdiction des symboles religieux chez les employés de l'État, même si cela implique le congédiement des contrevenants.
"Il appartiendra aux employés de l'État de voir comment ils naviguent avec ces règles-là. S'ils ne veulent pas suivre les règles, jusqu'à un certain point, ce sont eux qui se congédient ou qui s'excluent" d'eux-mêmes, a-t-il dit.vu ici
QUÉBEC _ Le gouvernement Marois est prêt à faire de la charte de la laïcité un enjeu électoral, et ce, avant longtemps.
Mais si ce scénario s'avère, ce sera la faute des partis d'opposition, a fait valoir mardi le ministre des Institutions démocratiques, Bernard Drainville, en point de presse, en marge du lancement de la consultation publique portant sur le projet de loi 60, qui définit les règles de la charte des valeurs de laïcité.
Car si les partis d'opposition votent contre le budget ce printemps, au moment où le débat sur la charte bat son plein, le Québec se retrouvera en élection. L'enjeu de la charte sera forcément au coeur de la prochaine campagne, a soulevé M. Drainville.
"La CAQ et les libéraux ont essentiellement dit qu'ils allaient voter contre le budget, ce qui provoquerait des élections. Cela voudrait dire que la CAQ et les libéraux décideraient d'eux-mêmes de faire de la charte un enjeu de la prochaine élection. S'ils décident de nous défaire, et que la charte n'a pas été adoptée, l'une des conséquences est que la charte deviendra un des enjeux de l'élection", a commenté M. Drainville.
Ce scénario d'élections hâtives n'incitera pas pour autant le gouvernement à mettre de l'eau dans son vin. D'entrée de jeu, le ministre a indiqué qu'il n'était pas question que le gouvernement recule sur son projet d'interdire aux employés de l'État de porter des signes religieux.
Cette interdiction constitue un volet "essentiel et incontournable du projet de loi", a soutenu M. Drainville dans ses remarques d'ouverture de cette commission parlementaire qui devrait durer au moins deux mois. La commission a reçu plus de 200 mémoires de personnes et d'organismes intéressés à témoigner et à faire valoir leur point de vue aux élus.
La neutralité religieuse de l'État doit être visible et s'incarner dans l'image projetée par ses employés, a dit en substance le ministre pour justifier sa position sur les signes religieux. "Il faut incarner la laïcité", selon lui.
Le ministre Drainville a aussi voulu se faire rassurant pour les croyants, en rappelant que le projet de loi ne visait pas à empêcher qui que ce soit de pratiquer sa religion.
Le porte-parole de l'opposition officielle, le député libéral Marc Tanguay, a répliqué en déplorant le fait que le gouvernement ait choisi d'adopter une stratégie "électoraliste" en cette matière. Il a noté que la plupart des éléments contenus dans le projet de loi faisaient consensus parmi les élus des différentes formations, sauf la question controversée de l'interdiction des signes religieux.
"Ce qui divise la population, c'est l'interdiction de porter des signes religieux, a déclaré M. Tanguay. Le gouvernement du Parti québécois veut tabler sur cette division en vue des prochaines élections et le ministre ne bougera aucunement sur cette atteinte aux libertés."
Mais les libéraux de Philippe Couillard ne sont toujours pas prêts, de leur côté, à rendre publique leur position sur la neutralité de l'État et la lutte à l'intégrisme, ce qui devrait être fait dans les prochaines semaines.
Le premier témoin entendu était un leader syndical, l'ancien président de la CSQ, Réjean Parent, venu à titre personnel. M. Parent appuie l'interdiction des symboles religieux chez les employés de l'État, même si cela implique le congédiement des contrevenants.
jeudi 9 janvier 2014
Charte: les mécontents n'ont qu'à plier bagage, estime Michaud
Les croyants de toute confession qui sont outrés par la charte des valeurs n'ont qu'à plier bagage et trouver refuge ailleurs, estime le militant indépendantiste Yves Michaud.
À quelques jours de la consultation publique sur le projet de loi 60 instituant la charte, le ministre responsable Bernard Drainville a trouvé en M. Michaud un allié indéfectible en faveur de l'interdiction des signes religieux chez les employés de l'État.
«Je suis en faveur de la charte telle qu'elle est, et elle ne va pas très loin d'ailleurs, c'est le simple bon sens», a dit l'ancien délégué général du Québec à Paris, en entrevue plus tôt cette semaine.
À son avis, le ministre Drainville doit maintenir la ligne dure en dépit des pressions. Une société laïque, si elle veut éviter un «cancer», ne peut faire aucun compromis pour accommoder quelque croyance religieuse que ce soit, a-t-il fait valoir.
«Il n'y a pas de compromis possible. Si vous mettez le doigt dans l'engrenage, le corps va y passer», a soutenu M. Michaud.
Même s'il convient qu'il n'y a pas de crise d'accommodements religieux au Québec, M. Michaud n'en pense pas moins que le Québec contemporain ne peut courir le risque de laisser la religion s'immiscer à nouveau, sournoisement, dans la sphère publique.
«On va attendre qu'il y ait une menace avant de le faire? Voyons donc. On va attendre que le cancer soit dans la société avant de faire quelque chose? Il vaut mieux prévenir que guérir. C'est le cancer, oui, parce qu'une société normale, politique, ne peut tolérer aucune forme de compromission avec les religions», a-t-il insisté.
Que des salariés de la fonction publique portant la kippa perdent leur emploi parce qu'ils expriment leur foi en milieu de travail n'émeut pas M. Michaud. Ceux qui refuseront de ranger au placard leurs symboles religieux n'auront qu'à s'installer sous d'autres cieux, dit-il.
«Ils perdront (leur travail) ou ils l'enlèveront (leur kippa), qu'est-ce que vous voulez. Et ils iront dans un pays où c'est toléré. S'ils veulent aller dans un État religieux, qu'ils ne viennent pas dans un État laïque, que voulez-vous que je vous dise.»
Profondément blessé par une motion de blâme adoptée contre lui en 2000 par l'Assemblée nationale pour des propos tenus à l'endroit de la communauté juive, M. Michaud ne craint pas d'être encore une fois taxé d'intolérance envers les minorités.
«La tolérance, il y a des maisons pour cela», a-t-il lâché, citant le dramaturge et homme d'État français Paul Claudel, qui faisait allusion aux maisons closes.
Plus de 270 groupes ou individus ont exprimé leur désir de faire entendre leur point de vue sur la charte en commission parlementaire à compter du mardi 14 janvier. Les débats s'annoncent animés alors que même le mouvement souverainiste est profondément divisé sur l'étendue des restrictions vestimentaires que veut imposer le gouvernement de Pauline Marois. La charte des valeurs propose d'interdire le port de signes religieux non seulement aux employés dotés d'un pouvoir coercitif - policiers, juges, procureurs de la Couronne - mais aussi aux fonctionnaires, enseignants, éducatrices en garderies subventionnées, personnel d'hôpitaux et des municipalités.
Les anciens chefs péquistes Lucien Bouchard, Jacques Parizeau et Bernard Landry ont affiché leurs réserves face au projet du gouvernement, Québec solidaire s'y oppose et Option nationale cherche à rester à l'écart du débat de crainte de froisser les communautés culturelles.
Pour le chef du petit parti indépendantiste fondé par Jean-Martin Aussant, Sol Zanetti, la charte des valeurs ratisse trop large et rend le projet souverainiste moins attrayant.
«Dans les élections partielles, on a constaté auprès de la communauté maghrébine que (la charte) faisait reculer nos appuis chez certaines communautés culturelles, et cela, ce n'est pas bon pour l'indépendance. Ça fait des années que le mouvement souverainiste tend des perches aux communautés culturelles pour les convaincre qu'elles ont leur place dans le Québec souverain et j'ai l'impression qu'une manoeuvre comme ça nous fait reculer», a-t-il dit.
http://www.lapresse.ca/actualites/politique/politique-quebecoise/201401/08/01-4726776-charte-les-mecontents-nont-qua-plier-bagage-estime-michaud.php
lundi 6 janvier 2014
Solidaires de QS ?
Selon les derniers sondages, Québec Solidaire obtient 11 % des intentions de votes au Québec dont 9% des voix chez les francophones. C’est une progression de 1% dans les intentions de vote par rapport au sondage Léger Marketing de juin 2010.
Cette lente progression est préoccupante puisqu’à toute fin pratique, elle démontre une stagnation marquée de l’électorat envers cette formation politique. Québec Solidaire a pourtant tenté d’innover en se positionnant clairement sur l’échiquier gouvernemental québécois. C’est ainsi qu’au cœur du débat entourant la charte de laïcité, QS a adopté un modèle inclusif qui favorise le libre choix du port de signes religieux par les agents de l’État. Cette position a entraîné l’anthropologue Michèle Sirois, spécialiste en sociologie des religions et Membre fondatrice de Québec solidaire à claquer la porte. Pour Madame Sirois « La majorité des Québécois déplore que nos gouvernements ne protègent pas assez fermement deux valeurs fondatrices de la société québécoise, la neutralité de l’État et la prédominance de l’égalité entre les hommes et les femmes sur les particularismes religieux ou culturels (…) Cette position est d’autant plus paradoxale que QS se présente comme un parti de gauche et féministe ; or, la gauche a toujours été le fer de lance de la laïcisation du Québec, et l’histoire du féminisme est jalonnée de dénonciations des institutions religieuses comme sources d’oppression des femmes. Devant cette prise de position, qui constitue un recul par rapport aux luttes féministes et nationalistes, j’ai décidé de quitter QS.» Trois raisons fondamentales ont motivé Madame Sirois : - « La première raison plaide en faveur de la mise en place de politiques cohérentes de laïcisation de l’État. Il est actuellement interdit aux agents de l’État d’afficher leurs opinions politiques dans le cadre de leurs fonctions, et je crois que cette interdiction devrait aussi s’appliquer aux croyances religieuses. Tous les agents de l’État – pas seulement les juges, les policiers ou les gardiens de prisons – devraient être tenus à un devoir de réserve. Les enseignants et les éducatrices en garderie, par exemple, exercent une autorité – qui, si elle est d’ordre moral et non juridique, est tout aussi importante – puisqu’ils jouent un rôle crucial dans la reproduction des modèles sociaux. Si des élèves demandent à une enseignante pourquoi elle porte le hidjab, comment celle-ci pourra-t-elle répondre sans, par le fait même, favoriser la croyance en un Dieu qui lui commande sa conduite ?
La deuxième raison rejoint le large consensus qui existe dans la société québécoise en faveur de la séparation de l’Église et de l’État, d’une part, et de l’égalité entre les hommes et les femmes, d’autre part. La majorité des Québécois rejette les accommodements « déraisonnables », surtout d’ordre religieux, et craint que cela n’ouvre la porte à des dérives comme on en a vu dans le cas de la SAAQ – où des juifs hassidiques ont refusé qu’une femme leur fasse passer leur examen de conduite, et, à l’inverse, des femmes musulmanes ont exigé d’avoir une femme comme examinatrice. C’est la combinaison de ces deux tendances – la neutralité de l’État et l’égalité hommes-femmes – qui fait que, parmi tous les signes religieux, le port du voile islamique est le cas le plus explosif. Le voile, lié à la position d’infériorité des femmes dans l’islam (selon le Coran et les hadiths qui rapportent les actes et les paroles de Mahomet), devient le symbole au sujet duquel se déchirent les « pro-voile » et les « anti-voile ». Il ne s’agit donc pas d’un simple « bout de tissu », comme l’affirment tant de personnes qui banalisent ce symbole religieux. Dans le contexte mondial de l’instrumentalisation de la religion par l’islam politique, on note une réelle hausse du port du voile dans le monde ; et des femmes qui refusent de le porter se font emprisonner, violenter ou assassiner, même au Québec ou au Canada. Un « bout de tissu », s’il n’était pas chargé d’un sens qui dépasse ce qu’en disent les femmes qui le portent, ne pourrait provoquer de telles atrocités. Les sciences humaines nous apprennent qu’il faut dépasser la diversité des motifs véhiculés dans les discours des individus pour comprendre les véritables raisons de leurs comportements. À défaut de cette rigueur d’analyse, nous devons nous contenter des discours idéologiques (religieux ou autres) que les différentes cultures ont formulés pour légitimer leurs particularités ; et c’est malheureusement ce genre de discours non scientifique que j’ai le plus souvent entendu au dernier congrès de QS. Par exemple, si certaines femmes musulmanes disent porter le voile pour des raisons d’identité ou pour des motifs religieux, ce n’est pas une raison pour ne pas s’interroger sur le fait que ce sont des femmes et non des hommes qui ont la responsabilité de marquer l’identité de leur groupe ; de plus, pourquoi commencent-elles à porter le voile à la puberté, plutôt que plus tard ou plus tôt dans la vie ? Un regard anthropologique met rapidement en évidence le besoin de contrôler la fertilité des femmes qui s’amorce à la puberté, en leur prescrivant la « modestie », voire la réclusion derrière un voile intégral ou le maintien à la maison. En effet, comme les femmes sont les seules à pouvoir « produire » physiquement les enfants, les hommes et la société semblent éprouver le besoin d’encadrer cette capacité d’enfanter unique des femmes par un contrôle tant aux plans sexuel, physique que social.
La troisième raison repose sur les effets pervers que pourrait entraîner le libre choix du port de signes religieux par les agents de l’État. En tant que nation dominée et marginalisée sur un continent anglophone, les Québécois sont devenus plus frileux face à l’afflux d’immigrants (qui « risquent » de ne pas s’intégrer à leur culture), ce qu’ils perçoivent comme une menace à leur identité. En font foi les nombreux courriels qui circulent sur la toile et qui présentent les immigrants comme des « menaces », comme des « privilégiés » qui obtiennent des « faveurs » du gouvernement. Quand cette peur identitaire s’accompagne d’une très importante crise économique, d’un chômage croissant et d’une lente érosion de la classe moyenne, comme nous le vivons actuellement, tous les ingrédients d’un cocktail social explosif sont réunis. L’insécurité économique et sociale des Québécois peut en effet malheureusement se traduire par une montée de l’intolérance et de la xénophobie. Permettre aux agents de l’État de porter des signes religieux ostentatoires ne peut que transformer davantage les immigrants en boucs émissaires faciles à identifier. » En effet, on doit toujours éviter de s’en prendre aux boucs émissaires et aux moutons noir et il est regrettable de constater que Québec Solidaire ressemble de plus en plus à Québec Solitaire ! C’est la raison pour laquelle je vous invite a signer la pétition en faveur de la laïcité en cliquant sur ce lien.
Félix Dubé-Nguyen Jr.
Indigné québécois
http://lesindignesduquebec.wordpress.com/2013/12/01/solidaires-de-qs/
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