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dimanche 19 février 2017

De la nécessité d’une charte de la laïcité

http://www.ledevoir.com/
18 février 2017 | Jocelyne St-Arnaud - Professeure associée au Département de médecine sociale et préventive de l’Université de Montréal, et chercheuse associée au Centre de recherche en éthique (CRE)
Jacques Nadeau Le Devoir Proposer la laïcité comme fondement du pluralisme permet d’éviter l’arbitraire du cas par cas.

Proposer la laïcité comme fondement du pluralisme permet d’éviter l’arbitraire du cas par cas.Il est évident que la charte des valeurs divise. Le principal argument invoqué par ses opposants consiste à dire qu’elle est discriminatoire. Le fait d’avoir lié politiquement les valeurs exposées dans la charte spécifiquement au Québec et à un parti nuit à la compréhension des valeurs qui y figurent et laisse croire que ces valeurs sont celles des Québécois de souche, qu’elles sont liées à son histoire et à sa culture. Pourtant, il n’en est rien. La valeur qui y est fortement affirmée est celle de l’égalité hommes-femmes. Cette valeur n’est pourtant pas spécifiquement québécoise, elle est mise de l’avant par toutes les sociétés qui ont brisé avec la tradition paternaliste qui prévalait au Québec jusqu’à la seconde moitié du XXe siècle sous la montée du féminisme. Le paternalisme sociétal a été étroitement lié et soutenu par les religions. La religion catholique, très présente dans l’histoire du Québec, est toujours très paternaliste, refusant aux femmes l’accès au sacerdoce et par là, à la hiérarchie institutionnelle. Le principe d’égalité entre les hommes et les femmes n’est donc pas lié à la tradition québécoise, pas plus qu’aux sociétés basées sur les valeurs traditionnelles qui renforcent leur pouvoir au moyen de la culture religieuse.

L’égalité hommes-femmes peut se définir par un accès égal aux postes et aux emplois et par des salaires égaux pour une même tâche. Dans la charte des valeurs, elle est interprétée dans le but de promouvoir une société laïque qui apparaît comme le seul moyen de définir un espace civil et par le fait même de respecter toutes les religions. Le Québec a connu dans le passé l’union du politique et du religieux, mais la Révolution tranquille des années 1960 a clairement établi la distinction et la séparation entre la sphère privée, lieu où les individus peuvent pratiquer leur religion comme bon leur semble, et la sphère publique, lieu où s’exercent les rôles citoyens.

Depuis les révolutions française et états-unienne qui sont à l’origine de la création des chartes, ce qui est promu dans l’espace public, c’est le principe d’égalité devant la loi. Ce principe garantit une égale protection de la loi pour tous les citoyens. La charte des valeurs vise à définir un espace laïcque dans lequel tous les citoyens de toutes origines pourront évoluer sans une discrimination qui serait basée sur la culture ou la religion.

Le rôle de la charte de la laïcité
Proposer la laïcité comme fondement du pluralisme permet d’éviter l’arbitraire du cas par cas, utilisé jusqu’à maintenant par les tribunaux pour juger de la pertinence des accommodements dits raisonnables. En effet, les tribunaux canadiens ont donné raison aux revendications basées sur des motifs religieux, que ce soit le kirpan à l’école ou le niqab (voile intégral) au tribunal. Ces jugements entraînent de l’iniquité envers les autres citoyens. Pourquoi un jeune homme porterait-il le kirpan à l’école alors que les armes blanches y sont prohibées ? Pourquoi une musulmane porterait-elle le voile intégral pour témoigner contre son agresseur ? Toutes les victimes ne souhaiteraient-elles pas en faire autant ? En faisant des exceptions aux règles établies pour des motifs religieux, les juges introduisent une inégalité devant la loi (ou devant la règle institutionnelle) et de la discrimination envers les autres citoyens. En effet, les cas qui font jurisprudence créent de nouvelles catégories institutionnelles qui autorisent un traitement différent pour des personnes sur la base d’un critère religieux. Si la nouvelle règle institutionnelle est appliquée de manière impartiale, tous les jeunes sikhs qui veulent porter le kirpan à l’école peuvent maintenant le faire ; de la même manière, toutes les musulmanes portant le niqab peuvent témoigner devant le tribunal en ayant le visage couvert.

La religion ne saurait redevenir un critère fondant une règle institutionnelle, parce que les critères qui servent à la création d’une classe institutionnelle doivent être pertinents au regard du but poursuivi. Si la raison de ne pas porter d’arme à l’école concerne la sécurité, cette raison est bafouée par le jugement qui utilise le motif religieux pour apporter une exception à la règle ; la religion n’est pas un critère pertinent au regard d’une nouvelle règle ou même d’une exception à la règle institutionnelle. La même réflexion vaut pour le port du niqab. Si chacun demandait des modifications aux règles institutionnelles en fonction de sa religion, voire de sa culture, les institutions deviendraient ingérables.

La charte de la laïcité a donc pour but d’affirmer le caractère laïque des institutions de l’État, parce que c’est la seule façon de créer un espace civil où chacun peut évoluer sans brimer les autres et sans être brimé lui-même. Si ce qui précède se justifie rationnellement et éthiquement, la laïcité en matière de règles institutionnelles peut permettre le respect du pluralisme des valeurs, alors que le respect du pluralisme ne peut en soi constituer un principe intégrateur ni fonder des règles institutionnelles sur des caractéristiques communes comme condition d’un vivre-ensemble harmonieux.

vendredi 28 février 2014

UN islamisme "laïcophobe" très militant


par Rakia Fourati, membre fondatrice de la Ligue tunisienne de la défense de la laïcité et des libertés (LDLL) et membre de l’association Égalité et Parité
Si la laïcité, l’appel à l’égalité, la liberté sont synonymes « d’islamophobie », eh bien, je suis une musulmane islamophobe et les islamistes sont des « laïcophobes ».

Je suis désolée de constater que certains partis politiques croient aider la femme en autorisant le port du voile et en se substituant aux islamistes, alors qu’ils devraient l’aider à mieux s’intégrer, à comprendre et partager les principes et les valeurs de la société où elle est censée vivre, travailler et éduquer ses enfants.

Après mon passage à l’Assemblée nationale pour défendre la charte de la laïcité, j’ai eu des menaces et de l’intimidation de la part de certains islamistes de Montréal, mais j’ai aussi eu des encouragements de plusieurs musulman-es qui disent que je les ai éclairé-es sur certaines notions qu’ils ou elles ignoraient. À la suite d’une petite enquête faite autour de moi et qui ne concerne que l’aspect de la charte de la laïcité et sa répercussion dans la communauté musulmane, j’ai distingué deux sortes d’approches.

1) Les personnes qui comprennent les principes de la laïcité, qui s’intègrent et s’adaptent facilement dans n’importe quelle société, ont en général une bonne culture (je ne parle pas du niveau d’instruction). Elles n’ont pas de préjugés religieux discriminatoires, elles sont dotées d’une grande personnalité et n’ont aucune gêne ni complexe à partager et épouser la culture du pays d’accueil et à y adapter la leur.

2) Les gens qui confondent laïcité, athéisme et mécréance et n’ont personne pour les éclairer sont vite récupérés par des islamistes. Ces derniers les parrainent et leur expliquent que la laïcité c’est la mécréance et éloigné de l’islam et que leur identité réside dans le port du voile, le rejet de l’occident et l’application de la charia.

On leur explique qu’être un bon musulman, c’est ne jamais critiquer, douter, ou contester les paroles de dieu, de Mohamed et du coran, de peur d’être dénigré, rejeté et exclu par leurs proches ici et dans leur pays d’origines. Certaines dames à qui j’ai parlé m’ont manifesté leur admiration de me voir mener la vie et exprimer les idées que je souhaite. D’autres m’ont avoué qu’elles ne portaient pas le foulard dans leur pays d’origine et qu’elles le portent ici par intimidation depuis la présentation de la charte des valeurs.

Certaines m’ont confié qu’elles luttaient contre les islamistes chez elles mais qu’elles se sentent obligées d’être solidaires et de combattre avec eux ici parce qu’ils leur ont fait croire que l’islam serait en danger si la laïcité était instaurée. Certains ont eu le courage de me demander si la charte allait interdire la religion musulmane au Québec !!!

Les gens avec qui j’ai discuté m’ont demandé si je n’avais pas l’impression de me renier ou de renier ma religion et mes origines en défendant la laïcité, en m’investissant avec les « Janette » et en défendant les valeurs québécoises. Une dame m’a demandé ce que veut dire la laïcité. Je lui ai expliqué que « c’est la séparation de l’État et de la religion ». Je lui ai dit : « Vous, vous pouvez continuer à être de bons musulmans pour aller au paradis, et nous, les laïques, nous nous occupons de la protection de vos acquis, la défense de vos droits et la sauvegarde de votre dignité. Ainsi vos maris ne pourront jamais vous répudier, ni en épouser une autre, ni vous imposer leurs lois. »

Elle a ri et m’a remerciée de l’avoir éclairée en m’avouant que son mari l’a prévenue de ne jamais parler aux laïques parce qu’ils sont mécréant-es.

Inutiles de préciser que toutes ces craintes et ces psychoses sont l’œuvre des islamistes qui ont monté les musulman-es contre la laïcité, la charte et les lois de l’État afin d’imposer ultérieurement leur charia, comme ils le font actuellement dans plusieurs pays et en se basant sur la Déclaration des droits de l’homme en islam, adoptée au Caire le 5 août 1990.

L’article 24 de cette Déclaration stipule : « Tous les droits et libertés énoncés dans la Déclaration sont soumis à la charia islamique », et l’article 19 : « Il n’y aura pas de crime ou de peine, sauf tel que prévu dans la charia ».

L’auteure

Rakia Fourati est co-signataire de la lettre des Janette, membre de l’Association Égalité et Parité, membre de la Ligue tunisienne pour la défense de la laïcité et des libertés, et psychothérapeute à la retraite.

- Elle a aussi présenté un mémoire à la Commission parlementaire sur le projet de loi 60 (charte des valeurs, laïcité et neutralité religieuse de l’État, égalité des femmes et des hommes et balises des accommodements). Lire ce mémoire très remarqué.

Mis en ligne sur Sisyphe, le 27 février 2014
vu ici

mardi 25 février 2014

Des affirmations trompeuses

En réplique à un article d’Elsy Fneiche, le texte suivant, dont on a retranché les deux derniers paragraphes, a été publié dans le journal La Presse du 25 février 2014. 

En voici la version intégrale:
Je souhaite ici revenir sur les propos qu’Elsy Fneiche a tenus à mon égard le 17 février 2014 dans son article intitulé «Déchirés entre deux cultures».
Elsy Fneiche affirme que j’accuse les intervenantes musulmanes de vouloir infiltrer le système pour propager l’islamisation, ce qui constitue une propagande de peur, et menace les interventions permettant aux jeunes de s’intégrer à la société québécoise. À quoi se réfère-t-elle au juste?
Lors de mon passage à la Commission parlementaire sur le projet de loi 60, j’ai présenté une photo d’Amir Khadir assistant à une rencontre de l’Association Bridges, où les hommes étaient séparés des femmes voilées, Amir Khadir étant assis du côté des hommes. J’ai précisé que cette association de jeunes musulmans, était dirigée par l’imam Ali Sbeiti du Centre communautaire musulman de Montréal, une mosquée où l’on fait prêter serment à des fillettes de 7 ans de porter le hijab.
Puis lors d’une émission de 24/60, à laquelle Elsy Fneiche et moi-même participions, j’ai affirmé qu’elle faisait partie de l’Association des jeunes libanais musulmans liée à cette même mosquée.
Ce sont des faits et non de la propagande de peur, démontrant que l’on impose le voile à des fillettes alors que l’on veut nous convaincre qu’il est un choix. Des faits qui illustrent que des militants islamistes sont actifs au Québec et que ce sont eux, et non mes révélations, qui menacent l’intégration des jeunes.
L’article laisse croire que j’accuse les intervenantes musulmanes oeuvrant en milieu scolaire alors que je n’ai jamais abordé ce sujet.
Elsy Fneiche est orthopédagogue mais lorsqu’elle s’est rendue à Hérouxville en 2007 avec une délégation de femmes et lorsqu’elle s’est retrouvée en 2009, élue au sein du comité exécutif du NPD de Montréal-Nord, ce n’était sûrement pas pour faire de l’orthopédagogie!
Malheureusement le manque de rigueur et les affirmations insidieuses d’Elsy Fneiche ont porté atteinte à ma réputation et à ma crédibilité.
http://louisemailloux.wordpress.com/2014/02/25/des-affirmations-trompeuses/

Québec inclusif » et le syndrome des trois singes

Y a pas de problème, la « charte » est inutile et tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, clament depuis des mois les anti-charte de Québec inclusif. On peut dire qu’ils souffrent du syndrome des trois singes: ils ne voient rien, n’entendent rien et ne disent rien qui risque de déplaire aux intégristes.


J’emprunte cette image des trois singes à Fatoumata Sidibé, une députée belge musulmane et démocrate, que l’on peut entendre à cette émission de Désautels le dimanche (12 janvier, 11h07). Tout ce qu’elle dit sur la situation en Belgique peut s’appliquer au refus de voir la réalité manifesté par nos inclusifs, mieux nommés « inclusivistes » (notez comment Désautels cherche à marginaliser les propos de la députée).

Si Québec inclusif avait besoin d’un nouveau cas pour se réveiller, Lise Payette vient de nous en donner un dans une récente émission des Francs tireurs (à la 11°e minute): à l’Institut de gériatrie de Montréal, une infirmière musulmane voilée a refusé de lui faire sa toilette parce que sa religion lui interdit de toucher les parties génitales d’une autre personne!

Suite à la diffusion de cette entrevue, un autre cas de même nature a été signalé à  Richard Martineau : à l’hôpital Jean-Talon, une infirmière voilée a refusé, pour des raisons religieuses, d’administrer un calmant par suppositoire à un patient qui venait d’être opéré! Les craintes exprimées par Janette Bertrand l’automne dernier à propos de telles éventualités, craintes dénoncées comme islamophobes par les inclusivistes, deviennent tout à coup des réalités. Des réalités qu’ils refusent de voir  par aveuglement volontaire.

Quand la religion disqualifie

Malgré ce genre de dérapage, les inclusivistes continuent de soutenir que le port de signes religieux permet l’intégration par le travail. Si c’est le type d’intégration que nous promet la « laïcité ouverte » à l’intégrisme, on ne se portera que mieux en s’en passant.

Le refus de ces deux infirmières devrait suffire à les disqualifier pour le poste qu’elles occupent puisqu'elles ne peuvent assumer les fonctions élémentaires pour lesquelles elles ont été engagées. Si elles se sont permis de faire passer leurs croyances religieuses avant leur devoir professionnel, c’est que la permission de porter leur hidjab au travail leur ouvre la porte à ce genre d’excès et elle s’attendent à ce qu’il en soit ainsi. C’est pourquoi il faut interdire ces signes ostentatoires: si elles ont franchi les étapes de l’embauche, c’est que les filtres ne sont pas suffisamment serrés. Il faudra encore le répéter souvent parce que les inclusivistes se bouchent les oreilles: le signe religieux ostentatoire ne vient jamais seul parce qu’il est le symbole d’un rapport privilégié avec la religion.

Le message qu’il véhicule est que la religion doit primer sur tout le reste.

Ces deux cas montrent que la faible minorité de musulmanes voilées (autours de 15%) nuit à l’ensemble des musulmanes puisque des employeurs, devant de tels faits, ne peuvent qu’hésiter à les embaucher.

En interdisant le port de ces signes dans les affaires de l’État et dans la fonction publique, on envoie un message clair indiquant de laisser à la porte les croyances religieuses et tout ce qui vient avec. Il faut donner raison à Bernard Drainville qui affirme que cette interdiction contribue à limiter l’expansion de l’intégrisme religieux qui cherche à s’introduire dans l’administration publique. Toute intervention de l’État qui viserait prioritairement à lutter contre l’intégrisme (comme nous le promet Fatima Houda-Pépin) devrait de toute façon inclure une telle mesure.

Aux yeux des inclusivistes, plus de religion dans l’administration publique assurerait plus d’égalité et plus de liberté. Mais aucune religion n’a jamais été un facteur de liberté et d’égalité. Bien au contraire, la conquête des droits humains s’est faite en dépit des religions. Les luttes sociales récentes (droit à l’avortement, mariage des conjoints de même sexe, mort digne, égalité des hommes et des femmes, etc.) sont encore là pour nous le rappeler. Des choses qu’on n’entendra jamais de la bouche des inclusivistes parce qu’ils ont le pied dans la bouche.


Les inclusifs contre la laïcité

Depuis l’invention du terme « laïcité ouverte », concept autour duquel s’est constitué Québec inclusif, les militants laïques ont toujours soutenu qu’il s’agissait d’une pseudo laïcité, d’une laïcité chimérique sans portée. Le débat actuel nous le montre bien. Si les inclusivistes semblent d’accord pour interdire les signes religieux aux policiers, aux juges et parfois aux enseignantes, c’est au nom de la fonction d’autorité ou du rôle pédagogique qu’exercent ces personnes et non au mon de la laïcité. Étant donné qu’à leurs yeux les fonctionnaires n’exercent pas d’autorité (ce qui est faux puisque les fonctionnaires ont pour rôle d’appliquer les lois), les inclusivistes ne voient pas de raison de leur interdire les signes religieux; c’est la meilleures démonstration que pour eux la laïcité n’est pas une raison suffisante pour bloquer l’intrusion du religieux dans les affaires de l’État. Autrement dit, ils n’acceptent la laïcité qu’en théorie et refusent d’appliquer le principe dans la pratique.

http://voir.ca/daniel-baril/2014/01/14/quebec-inclusif-et-le-syndrome-des-trois-singes/

lundi 24 février 2014

PAUL CLICHE : DES ÉPOUVANTAILS ET DES ACCUSATIONS INJUSTES

Dans son texte publié dans Le Devoir, Paul Cliche, à la suite de beaucoup d’autres, se scandalise de voir le débat sur la laïcité « instrumentalisé » par l’agenda électoral du Parti Québécois. M. Cliche connaît assez la politique pour savoir que dans notre système dit démocratique, tous les projets politiques sont électoralistes. Cela n’enlève pas pour autant la légitimité et la pertinence à ce débat qui dépasse le court terme.

Comme beaucoup d’autres opposants à l'interdiction du port des signes religieux dans les fonctions publiques et malgré les éclairages remarquables que le débat nous a fourni, M. Cliche n’hésite pas à brandir lui aussi l’épouvantail de la division des Québécois et à proférer des accusation de fascisme, de xénophobie, d’islamophobie et de nationalisme ethnique envers ceux qui estiment que la laïcité, la sécularité et le statut de la femme dans nos institutions publiques est un héritage social, politique et culturel durement acquis, qui nous distingue et que nous devons garantir pour l’avenir. Ces menaces sont inappropriées et ces accusations injustes
Inutile de jouer à l’autruche, l’enchâssement de la laïcité ne constituera aucun frein significatif au retour du religieux dans l’espace public auquel nous assistons s’il ne comporte pas le retrait des signes et rituels religieux dans les institutions publiques, particulièrement dans les écoles de tout niveau, ainsi qu’une interdiction claire des pratiques religieuses qui bafouent des droits humains fondamentaux. L’intolérance des sociétés islamiques à la laïcité est un fait reconnu. Refuser de le reconnaître, c’est ouvrir la porte à des conflits et des divisions beaucoup plus graves que les escarmouches théâtrales qu’on se plait à monter en épingle dans le débat actuel : une fracture historique majeure dans la démarche du peuple québécois.
Le multiculturalisme fait peut-être partie du modèle canadien et nord-américain, mais pas du modèle québécois ni occidental en général. L’État-nation n’est peut-être pas éternel, mais l’Inter-nation est loin d’être une réalité. Jusqu’à nouvel ordre, l’appartenance à un territoire, une histoire, une culture et une nation commune demeure le fondement du développement personnel et collectif tout autant que l’ouverture au monde.



Roméo Bouchard
Saint-Germain-de-Kamouraska

http://lautjournal.info/default.aspx?page=3&NewsId=5160&utm_source=dlvr.it&utm_medium=facebook

vendredi 21 février 2014

PANIQUE DANS LES RANGS DE LA GAUCHE ANTI-CHARTE

« Électoralisme », « inquisition », « tyrannie de la majorité », les gros mots sont lâchés! Sentant le tapis leur glisser sous les pieds, les Jean-Marc Piotte, Robin Philpot et Paul Cliche, tous identifiés à la gauche, sortent l’artillerie lourde et tirent à boulets rouges sur la Charte et ses partisans.

Ils accusent le Parti Québécois d’électoralisme et invoquent des considérations démocratiques, stratégiques et même révolutionnaires pour justifier leur opposition. Passons-les en revue.

À propos de l’électoralisme

L’accusation la plus commune est que la démarche du Parti Québécois serait électoraliste. Françoise David a été la première, à notre connaissance, à déclarer « qu’une campagne électorale, avec toute sa charge partisane, n’est pas le forum approprié pour débattre de sujets aussi complexes et émotifs » (Communiqué QS, 15 janvier 2014).

Si le peuple n’est pas qualifié pour se prononcer sur des enjeux aussi fondamentaux, qui l’est? Quel serait donc ce « forum approprié » auquel fait référence la porte-parole de QS? Nous n’en voyons qu’un : les tribunaux!

Remplaçons donc le gouvernement du peuple par le gouvernement des juges. Dessaisissons les élus du peuple du dossier pour le confier à des juges dont l’accession à la magistrature n’est pas – c’est bien connu – souillée par de basses considérations partisanes.

Protégeons les minorités de la « tyrannie de la majorité », comme l’affirme Jean-Marc Piotte en citant De la Démocratie en Amérique de Tocqueville.

Faut-il rappeler que la « démocratie en Amérique », et son tant célébré Bill of Rights, auquel fait ici référence Piotte, a vu le jour dans un pays où le cinquième de la population était réduit en esclavage.

Dans l'esprit des Pères de la Constitution américaine, le Bill of Rights n’avait pas pour but une plus grande démocratisation, mais la défense des intérêts de la classe dominante contre les tendances « nivelatrices » de la démocratie, en somme contre la « tyrannie de la majorité ».

Aux États-Unis, la menace aux intérêts des riches venait des petits fermiers endettés, mais dont les maigres ressources donnaient tout de même le droit de vote et la possibilité de contrôler les assemblées locales.

Pour protéger les droits de propriété des banques et des autres grandes institutions capitalistes, la classe dirigeante américaine a rapidement vu la nécessité d’un appareil judiciaire dont les membres seraient nommés à vie et qui posséderait le pouvoir de renverser toute loi qui les menacerait.

Dans les pays anglo-saxons, le rempart contre la « tyrannie de la majorité» s’exerçait par le cens électoral et des institutions non électives comme la Chambre haute (Sénat, Conseil législatif) et les institutions monarchiques (Gouverneur général, Lieutenant-gouverneur). Au Canada, le British North America Act de 1867 octroyait également au gouvernement central un droit de désaveu des lois provinciales.

Cependant, avec l'élargissement du suffrage universel, le Canada et les autres pays anglo-saxons ont progressivement remplacé ces institutions ouvertement antidémocratiques par des chartes des droits, sur le modèle du Bill of Rights américain, et le recours aux tribunaux.

Après la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis ont imposé aux pays vaincus, le Japon et l’Allemagne, de même qu’à l’Europe, des chartes des droits et libertés pour avoir un « deuxième regard » sur les lois votées par les élus du peuple.

Au cours de la Guerre froide, les États-Unis ont instrumentalisé les droits de l’homme dans leur offensive contre les pays de l’Est. C’est également au nom de la défense des droits de l’homme que Washington a envahi l’Afghanistan et l’Irak.

Droits de l’homme, droits sociaux et droits collectifs

Bien entendu, dans une démocratie, les droits des minorités doivent être protégés. Mais les chartes des droits qui s’inspirent de la Charte des droits adoptée par l’ONU en 1948, comme la Charte canadienne, sont axées essentiellement sur les droits individuels, laissant peu de place aux droits sociaux et aux droits collectifs(1).

Le Québec est bien placé pour LE savoir. La Charte canadienne des droits et libertés ne reconnaît pas son droit à l’autodétermination, ni ses droits linguistiques.

Toute la section 23 de la Charte canadienne a été conçue avec la précision d’une loi fiscale pour invalider des pans entiers de la Loi 101 et préserver les privilèges de la minorité anglophone du Québec. Dans l’arrêt Ford sur l’affichage, la Cour a même élevé les entreprises au rang de « personne morale » et a statué que la notion de liberté d’expression comprenait les messages commerciaux !

Au cœur de la Charte canadienne, se trouve la défense de la propriété privée au détriment des droits sociaux et collectifs.

La Charte canadienne, et les autres chartes des droits à travers le monde, n’ont pas empêché une extraordinaire concentration de la richesse aux mains d’une minorité de bien nantis et de grandes corporations.

Il ne pouvait en être autrement. Le système judiciaire n’est pas détaché de la structure économique et politique d’un pays. L’idéologie des droits de l’homme est l’idéologie du néolibéralisme.

L’attachement indéfectible d’une certaine gauche envers les chartes des droits va de pair avec l’abandon de la critique des fondements capitalistes de la société. Dans les faits, ces militants sont devenus – même si c’est à leur corps défendant – les « compagnons de route » de l’impérialisme.

L’islamisme comme opposition à l’impérialisme ?

Dans sa réplique à Claude G. Charron, Robin Philpot nous dit que son expérience avec l’islam et les musulmans depuis 1972 lui a appris qu’il « faut traiter de ces sujets avec nuance, en ayant une perspective historique et une compréhension de l’impérialisme européen et nord-américain, passé et actuel ». Fort bien. Allons-y.

Nous connaissons des militants qui se voient aujourd’hui en Warren Beatty dans la peau du journaliste John Reed dans le film Reds, accompagnant les bolchéviks dans une grande chevauchée dans les steppes du Kazakhstan, drapeaux rouges claquant au vent, vers les peuples musulmans d’Orient pour les rallier à la Révolution d’Octobre.

C’est d’un beau romantisme. Mais ils oublient que nous ne sommes plus dans le même contexte historique. L’Union soviétique s’est écroulée et la Révolution d’Octobre, le socialisme athée et les luttes de libération nationale ne sont plus l’inspiration révolutionnaire.

Une lecture le moindrement sérieuse de la scène internationale montre que, dans plusieurs régions du monde, l’islam se proclame la principale force d’opposition à l’impérialisme. La Révolution khomeyniste de 1979 a remplacé la Révolution d’Octobre comme source d’inspiration.

Le projet de société des islamistes est – pour employer un euphémisme – quelque peu différent. Plutôt que le socialisme et l’athéisme, on nous propose la charia et l’instauration du califat par des groupes financés par les monarchies pétrolières du Golfe. Plutôt que l’émancipation de la classe ouvrière et des peuples opprimés, on nous invite à un retour à des pratiques moyenâgeuses. Plutôt qu’à un dépassement du capitalisme, on nous convie à un retour au féodalisme.

Bien entendu, un tel projet est économiquement irréalisable. Aussi, peut-on légitimement se demander si ces groupes luttent vraiment contre l’impérialisme ? Ou s’ils sont manipulés par les impérialistes ?

Mais l’impact idéologique de l’islamisme est loin d’être négligeable. Des peuples ne se définissent plus aujourd’hui par leur nationalité, mais par leur religion. Des arabes, on dit qu’ils sont musulmans plutôt qu’Algériens, Tunisiens, Marocains, Égyptiens, etc.

Tout comme le néolibéralisme a atomisé la classe ouvrière et l’a remplacée par l’expression « classe moyenne », qui la définit par sa fonction de consommation plutôt que de production, l’islam définit les peuples par leur religion plutôt que par leur nationalité. C’est un immense pas en arrière. La roue de l’Histoire s’est mise à tourner à l’envers.

Que des militants québécois soient devenus – à leur corps défendant – les « idiots utiles » des islamistes n’est pas une surprise. Déjà, dans les années 1970, les groupes maoïstes « m-l » appuyaient la Révolution khomeyniste. Une partie de la gauche altermondialiste, qui a participé à la création de Québec solidaire, en est l’héritière.

Aujourd’hui, comme hier, la devise est la même : « Le but final n’est rien, le mouvement est tout ». Hier, c’était du suivisme à l’égard d’un mouvement ouvrier en pleine ébullition ; aujourd’hui, on s’agenouille devant l’islam radical.

Droits de l’homme et religion, le cocktail de la Cour suprême

Nous avons montré dans un autre texte qu’on assiste à l’échelle internationale à une convergence historique entre le mouvement des droits de l’homme assujetti à l’impérialisme et l’Organisation de la coopération islamique(1). Les 57 pays qui en sont membres ont adopté en 1990 une Déclaration des droits de l’homme en islam qui ne reconnaît que les droits et libertés conformes à la charia.

Cette convergence historique mondiale déteint même sur les décisions prises par la Cour suprême du Canada dans les dossiers concernant les symboles religieux.

Ainsi, dans l’arrêt sur le port du kirpan, la Cour n’a même pas cherché à savoir si la religion sikhe en imposait le port. Les juges ont déclaré que « le fait que plusieurs personnes pratiquent la même religion de façon différente n’invalide pas pour autant la demande de celui qui allègue une violation à sa liberté de religion ».

« Ce qui importe, précise l’arrêt, c’est que cette personne démontre qu’elle croit sincèrement que sa religion lui impose une certaine croyance ou pratique. »

Le même raisonnement pourrait s’appliquer dans le cas du port du voile islamique. La femme voilée, dont la cause serait portée devant la Cour suprême, n’aurait pas à démontrer que le Coran l’oblige à le porter. Les juges pourraient statuer, s’ils sont conséquents avec leur jugement dans le cas du kirpan sikh, que même si d’autres musulmanes ne portent pas le voile cela « n’invalide pas pour autant la demande de celui qui allègue une violation à sa liberté de religion ».

Il suffit que la femme voilée « croit sincèrement que sa religion lui impose une certaine croyance ou pratique » pour que la Cour lui donne raison.

Nous nageons donc dans la plus complète subjectivité et le cas par cas, comme le démontre l’autorisation récente par la Cour suprême qu’une personne invoquant une croyance religieuse « sincère » puisse dissimuler son visage lors d’un procès criminel.

Convergence politique historique

La convergence historique entre les supposés défenseurs des droits de l’homme et les groupes religieux s’expriment politiquement au Canada dans la condamnation commune de la Charte de la laïcité québécoise par le Parti Conservateur, le Parti Libéral et le NPD. Les trois partis viennent également de faire connaître leur appui au droit de pouvoir voter le visage voilé!

Au Québec, la convergence est visible dans les positions similaires défendues par le Parti Libéral et Québec solidaire.

Plus étonnant, cependant, à première vue, est le ralliement d’indépendantistes à cette position. Mais il n’y a pas de muraille de Chine idéologique entre fédéralistes et souverainistes. On se souviendra que des indépendantistes ont défendu un « nationalisme civique » basé essentiellement sur les chartes des droits.(2) Il n’est donc pas étonnant de les voir faire alliance avec ceux qui « ont beaucoup appris depuis 1972 sur l’islam et les musulmans ».

De les voir reprendre à leur compte, ouvertement ou à mots à peine couverts, les accusations historiques de xénophobie et de racisme des fédéralistes à l’endroit du peuple québécois, à chaque fois qu’il exprime son identité, est tout simplement inqualifiable.

Plus inadmissible encore est la participation de certains d’entre eux à la campagne d’intimidation contre les deux figures de proue du combat contre l’islamisme au Québec, Djemila Benhabib et Louise Mailloux.

Des considérations stratégiques bidons

Jean Dorion et d’autres Indépendantistes pour une laïcité inclusive habillent leur opposition à la Charte de la laïcité de supposées considérations stratégiques. Le Québec n’aurait pas intérêt, selon eux, à se distinguer du reste de l’Amérique du Nord anglo-saxonne, s’il veut être reconnu par les États-Unis, suite à une proclamation d’indépendance.

Ils récusent le modèle de la laïcité républicaine française et s’inscrivent – sans doute, eux aussi, à leur corps défendant – dans la campagne de France-bashing que mènent tambour battant toutes les Lysiane Gagnon de ce monde.

C’est répandre beaucoup d’illusions que de laisser croire que le Canada anglais et les États-Unis seraient plus disposés à appuyer l’accession du Québec à l’indépendance, s’il adhérait au modèle multiculturel anglo-saxon.

Dans cette question, les affinités linguistiques sont importantes et la France demeure notre principale alliée stratégique. Jacques Parizeau l’avait bien compris en 1995 en axant sur la France toute sa stratégie internationale pour la reconnaissance de l’indépendance du Québec, dans le but de forcer la main aux États-Unis.

Tourner le dos aujourd'hui à cette stratégie, tourner le dos à la France pour un miroir aux alouettes anglo-saxon est une trahison inqualifiable. C’est demander au Québec de renier son caractère distinct, c’est vider le combat national de son âme, c’est prôner une soumission totale à l’impérialisme anglo-saxon nord-américain.

La laïcité, l’enjeu majeur de la prochaine élection

Aujourd’hui, la lutte pour la laïcité, la critique du multiculturalisme, de la judiciarisation de la politique, du syndicalisme et des luttes sociales, est un préalable incontournable pour la relance du combat pour la démocratie économique et politique et pour renouer avec les grands idéaux socialistes.

De petites nations comme le Québec ne peuvent, bien entendu, avoir un rôle dirigeant à l’échelle planétaire dans ce combat, mais son exemple peut servir de ferment et d’inspiration pour tous les progressistes de l’Amérique du Nord.

Dans cette perspective, la question de la laïcité est l’enjeu majeur de la prochaine élection. Loin d’être de l’électoralisme, elle est la condition sine qua non pour permettre au peuple québécois de réaffirmer son caractère distinct en Amérique du Nord et relancer la lutte pour la démocratie politique et, au premier chef, l’indépendance nationale.


À ce sujet, on peut lire L’instrumentalisation des droits de l’homme.

Pour une analyse détaillée, nous référons le lecteur au dossier étoffé que nous avons fait paraître en 2002 dans la revue L’apostrophe, sous le titre « Sans nous qui est Québécois? ». On y retrouve plusieurs des acteurs actuels dans le dossier de la laïcité.

« Électoralisme », « inquisition », « tyrannie de la majorité », les gros mots sont lâchés! Sentant le tapis leur glisser sous les pieds, les Jean-Marc Piotte, Robin Philpot et Paul Cliche, tous identifiés à la gauche, sortent l’artillerie lourde et tirent à boulets rouges sur la Charte et ses partisans.

La charte ne poursuit pas la révolution tranquille, Jean-Marc Piotte.

L'heure est au rassemblement, non pas à l'excommunication et à l'inquisition, Robin Philpot.

Charte : les vieux démons, Paul Cliche.

jeudi 20 février 2014

Les « idiots utiles » de l’islam sont dans les patates

Débat utile à la cause des intégristes...
La charte est un marchepied vers l’indépendance
Normand Paiement
On comprend parfaitement que la plupart des fédéralistes s’acharnent à combattre le projet de loi sur la laïcité (un exemple parmi tant d’autres : http://www.lapresse.ca/debats/chron...). Après tout, en voulant interdire aux fonctionnaires et autres employés de l’État et des services publics de porter des « signes religieux ostentatoires », le gouvernement Marois s’attaque directement à la Charte canadienne des droits et libertés, héritage sacré de feu Pierre Elliott Trudeau.
Pour les apôtres du multiculturalisme, il s’agit là d’un crime d’autant plus impardonnable qu’il les empêcherait de dissoudre définitivement l’identité québécoise dans le grand « melting-pot canadian », comme l’a souligné récemment la militante laïque Louise Mailloux en conférence : « Les multiculturalistes se servent de la religion des minorités pour diluer notre nation et minimiser notre culture » (http://www.vigile.net/Les-trois-gra...). Par conséquent, pas question pour eux de céder un pouce de terrain à ce chapitre !
Mais que certains souverainistes et autres « Intellectuels pour une laïcité inclusive » partagent le même avis que nos adversaires (http://www.vigile.net/Des-souverain... ), voilà qui dépasse tout entendement ! Il m’a fallu un certain temps pour découvrir que ces « idiots utiles » de l’islam se trompent sur toute la ligne et, surtout , que nos « chicanes » à propos de la Charte servent en réalité la cause des intégristes (1). Petit retour sur un cheminement personnel...
Comme bien d’autres, j’ai d’abord cru qu’il s’agissait d’un simple calcul électoral, d’une mesure de diversion de la part du PQ. Je n’étais pas loin de partager l’avis des Indépendantistes pour une laïcité inclusive (IPLI) : « Selon nous, la vraie menace de l’identité québécoise est l’État canadien, qui refuse depuis des années de nous accommoder. Mais le gouvernement, au lieu de s’attaquer à cette menace, s’attaque à un adversaire imaginaire, qui est l’immigrant et le musulman (2) » (http://www.ledevoir.com/politique/q...).
En effet, selon moi, avec leur Charte des valeurs, les ténors du Parti québécois avaient décidé de « mettre la charrue avant les boeufs » en empruntant « la voix de la confrontation, de la division, pour ne pas dire du clientélisme » (http://www.vigile.net/La-charte-des...). Je croyais à tort qu’il serait plus facile de régler les problèmes liés à l’identité du peuple québécois une fois l’indépendance acquise. Un Québec souverain serait parfaitement en droit de se définir en tant qu’État officiellement laïque et français. Du coup, une bonne partie de la polémique actuelle n’aurait plus sa raison d’être.
Mais les dirigeants péquistes ont visiblement choisi de prendre le problème à l’envers. En suscitant la crise actuelle, ils ont plutôt fait le pari qu’elle sonnerait le réveil du nationalisme québécois, passablement endormi depuis l’échec du dernier référendum, et qu’elle leur amènerait de l’eau au moulin. De toute évidence, cette tactique semble avoir réussi au-delà de toute espérance ! On peut en effet lire dans La Presse du 18 février : « Le Parti québécois est propulsé en tête dans les intentions de vote et aurait décroché une victoire décisive si des élections avaient eu lieu cette semaine » (http://www.vigile.net/Elections-les...).
À croire que la majorité silencieuse (Québécois de souche aussi bien qu’immigrants issus des pays musulmans qui ne souhaitent pas revivre chez nous les horreurs qu’ils ont connues dans leurs communautés d’origine : http://www.vigile.net/Les-precieuse...) a entendu le message et compris que l’heure est grave et qu’un sursaut salutaire s’impose...
Pour une fois que le PQ semble avoir une stratégie susceptible de justifier son rôle et son existence, sa seule véritable raison d’être étant de mettre le cap sur l’indépendance (http://www.lapresse.ca/actualites/p...), on serait mal venu de s’en offusquer ! Parions même que les membres de l’IPLI et autres souverainistes anti-charte vont eux aussi se rallier à la Cause dès le déclenchement des élections, pour peu qu’on les invite à admettre leur erreur (http://www.vigile.net/Un-Quebec-a-l...)...
En dehors des fédéralistes qui craignent de voir la situation leur échapper, c’est encore Louise Mailloux qui semble avoir le mieux saisi l’enjeu de la bataille qui vient à peine de s’engager : « Le projet de loi 60 opère un renversement radical qui vient contrecarrer les plans des multiculturalistes, ceux des islamistes qui surfent sur le respect des chartes et ceux de tous ces religieux qui se cachent derrière le voile pour défendre leur propre religion. » Son message est de toute évidence destiné à TOUS les indépendantistes : « Et dites-vous bien que tant et aussi longtemps que le Québec demeurera une province canadienne, nous aurons toujours des partis fédéralistes à Québec comme à Ottawa qui travailleront sournoisement à détruire notre nation. Avec eux, nous ne serons jamais à l’abri d’un tel travail de destruction massive. »
Au fond, le projet de Charte sur la laïcité sert de marchepied au PQ. Il s’agit à la fois d’un passage obligé qui a eu pour effet de resserrer les rangs et d’un tremplin qui va maintenant nous permettre de passer à la prochaine étape en étant forts et soudés. Mme Mailloux en est on ne peut plus consciente : « [Le projet de loi 60] pose ainsi les premiers jalons d’un nouveau projet de société. En ce sens, il est un premier pas, essentiel et immense dans la bonne direction pour tenter de freiner ce monstre à trois têtes qu’est le multiculturalisme, l’islamisme et l’interreligieux. »
Sa conclusion est on ne peut plus logique : « Les francophones sont majoritairement derrière ce projet de loi qui défend notre identité. Nous avons besoin de ce projet de loi sur la laïcité mais aussi d’un gouvernement péquiste majoritaire qui puisse avoir les coudées franches pour prendre des décisions à la mesure de ce qui s’impose. Et ce sera l’échec du multiculturalisme au Québec » (voir lien mentionné plus haut).
En d’autres termes, si on est convaincu que le Québec peut et doit devenir un pays, a-t-on d’autre choix, à l’heure actuelle et jusqu’à nouvel ordre, que de soutenir les efforts des dirigeants péquistes, comme je l’ai souligné ailleurs (http://www.vigile.net/Le-doute-de-J...) ?
À chacun d’en juger...
(1) Si vous en doutez encore, regardez cette inquiétante vidéo fort révélatrice d’une stratégie qui a fait ses preuves (http://www.youtube.com/watch?v=CwGe...) dans un passé pas si lointain. Le commentaire qui l’accompagne a de quoi faire réfléchir : « Pour comprendre la pertinence de cette extraordinaire vidéo d’un spécialiste de la subversion et son extraordinaire actualité (l’interview date de 1985), vous devrez remplacer les mots "Amérique" et "USA" par "Europe" et le mot "Communisme" par "islam". » Pour en revenir à nous, il suffit de remplacer les mots "Amérique" ou "USA" et "Europe" par "Québec" (ou même "Canada" !) pour comprendre que la phase de subversion entreprise chez nous par les islamistes a commencé il y a déjà une vingtaine d’années. Nous avons donc tout intérêt à demeurer vigilants et à ne rien laisser passer !
(2) Comment peut-on parler encore d’« adversaire imaginaire » quand, dans les faits, les islamistes attisent et instrumentalisent nos divisions en utilisant les mêmes méthodes que le KGB autrefois ! Ce qui m’a mis la puce à l’oreille, c’est un commentaire au texte de Mme Mailloux faisant référence au livre « Gouverner au nom d’Allah », dans lequel l’écrivain algérien Boualem Sansal explique que « l’islamisme radical a changé de stratégie, il avance caché, il s’enracine partout, dans les pays musulmans et jusque dans le coeur de l’Occident. Il crée d’énormes tensions dans les sociétés, qui se trouvent ainsi menacées de déchirement. C’est la stratégie du ver dans le fruit ».
vu ici

mercredi 19 février 2014

La charte des distractions Youtube


«La charte des distractions» propose un regard critique sur le projet de loi 60 du Parti Québécois, actuellement discuté dans l'espace public. La complexité des multiples enjeux soulevés à l'occasion du débat y est explorée par des intervenant-e-s touché-e-s de diverses manières par ce projet de Charte
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dimanche 16 février 2014

Une lettre à mes amis du Québec


Les migrants qui choisissent de s’établir au Québec doivent accepter les règles communes qui font de ce pays une société moderne et démocratique.

Les migrants qui choisissent de s’établir au Québec doivent accepter les règles communes qui font de ce pays une société moderne et démocratique.
Observateur étranger de la société québécoise, je ne peux m'empêcher de m'exprimer à propos du débat passionné sur les signes religieux qui agite la Belle Province trois semaines après ma dernière visite.

Quand je compare mon impression des rues de Montréal avec celle que j'avais eue lors de ma première visite, il y a plus de 15 ans, je constate avec regret une augmentation inquiétante du nombre de personnes arborant des signes religieux ostentatoires, notamment dans certains quartiers. Même si le port des signes religieux ne concerne pas uniquement les musulmans, il est clair que le débat porte sur cette visibilité dérangeante et agressive dans un monde toujours marqué par le 11 septembre 2001 et la menace terroriste.
Photo : Agence Reuters Farid Alouache

Tout d'abord, cette tendance [à afficher les signes religieux] de certains migrants originaires de pays où l'islam est la religion la plus répandue n'est pas le signe d'une appartenance religieuse ou d'une spiritualité débordante, qui peut bien entendu s'exprimer ou non dans la vie intérieure de chaque individu et son espace privé. Elle est le signe d'une intolérance et d'une violence politiquement organisées par certains mouvements intégristes.

Évidemment, la position d'une société développée, tolérante et pluraliste comme le Québec est très importante. Je le dis franchement à mes amis québécois: l'enjeu du refus des signes religieux ostentatoires est important dans les sociétés occidentales, mais il l'est encore plus dans les sociétés de culture arabo-musulmane au sein desquelles ces mêmes individus qui préconisent chez vous la liberté (de voiler les femmes et de garder d'autres coutumes archaïques et rétrogrades) oppriment méthodiquement la liberté des autres.

Un signal de vous

Ils professent un monde où existeraient les «musulmans» d'un côté et les «mécréants» de l'autre. Ils seraient les meilleurs alliés de la thèse du choc des civilisations et des cultures. Souvenez-vous, mes amis québécois, du long combat que vous avez mené, avec succès je pense (il n'y a qu'à entendre vos meilleurs jurons actuels), contre l'omniprésence et l'omnipotence de l'Église catholique dans vos vies, contre la séparation des filles et des garçons dans les écoles et contre la réglementation religieuse des relations sexuelles entre hommes et femmes. Les démocrates et les libéraux dans les pays de culture arabo-musulmane mènent aujourd'hui un combat similaire et attendent un signal de vous, un appui pour que triomphent l'instauration d'une société de droit, la tolérance religieuse, l'équité sociale et l'égalité entre les hommes et les femmes.

En second lieu, le débat sur le voile ou la burqa est primordial, car il concerne l'avenir du vivre-ensemble dans une société pluraliste. Une jeune fille qui porte le voile à Montréal envoie un message clair à la société d'accueil: mon droit à la différence religieuse l'emporte sur l'impératif de mon intégration à la société québécoise telle qu'elle a été historiquement construite avec le français comme langue principale, la démocratie et la laïcité comme piliers. Je le dis d'une manière assez brutale, l'impératif d'intégration doit l'emporter toujours sur le droit à la différence.

Autrement dit, les migrants qui choisissent de s'établir au Québec doivent accepter les règles communes qui font de ce pays une société moderne et démocratique. Les jeunes filles qui portent le voile sont en danger d'une marginalisation scolaire et sociale choisie. J'ai moi-même connu plusieurs migrations dans ma vie et cette expérience m'a montré qu'il est nécessaire d'envoyer un signal clair aux futures générations de migrants: le respect des règles et des coutumes majoritaires de la société d'accueil est incontournable.

Appel à la vigilance

En troisième et dernier lieu, l'impératif d'intégration que les migrants doivent constamment avoir par rapport aux sociétés qui les accueillent ne dispense pas la société québécoise d'être vigilante et de progresser sur le chemin de la lutte contre les discriminations et les entraves que rencontrent tous les migrants comme tous les citoyens sur les chemins de l'égalité à l'école, dans l'accès au logement, à l'emploi ou à la fonction publique.

Les futures générations de Québécois dont les parents ou les grands-parents viennent d'ailleurs ne doivent plus devoir quotidiennement justifier la légitimité de leur présence sur le sol québécois. En 15 ans, j'ai remarqué que de nombreux amis québécois, «pure laine», et des migrants de catégories sociales favorisées quittent des quartiers de l'île de Montréal pour aller vers d'autres quartiers, périurbains moins pluriethniques.

Certes, la présence des minorités visibles n'est pas la seule raison de leur déplacement, mais elle est sûrement pour quelque chose dans leur décision. Ce processus de séparation entre communautés est porteur de risques sur la longue durée. D'où l'importance de rappeler aux migrants l'impératif d'intégration et de privilégier dans l'éducation de leurs enfants l'expérience du mixage sur le droit à la différence et à la séparation. Tout citoyen québécois doit se sentir aussi bien à Côte-des-Neiges qu'à Outremont ou Brossard. Il est évident que le port de signes de séparation comme le voile ne facilite pas ce sentiment indispensable au vivre-ensemble.

Femmes déçues

En définitive, même si le port des signes religieux ostentatoires ne constitue probablement pas une menace immédiate pour l'ordre public ou pour la société québécoise pluraliste, mes amis québécois doivent énoncer clairement leur opposition à cette tentative de les ramener en arrière et de bafouer le droit de millions d'hommes et de femmes dans le monde de s'extirper de l'ordre religieux archaïque et intégriste. Le voile et d'autres signes ostentatoires ont leur place dans les mosquées, les églises et les synagogues.

À l'heure d'Internet et de la mondialisation, des milliers de jeunes filles qui tentent de s'extirper de l'ordre familial et social oppressant attendent de voir comment les Québécois se prononceront; elles seront déçues si les tenants d'un multiculturalisme sans limites l'emportent dans ce débat. Il n'est pas raisonnable de s'accommoder de tout ou, pour reprendre l'expression de l'anthropologue française Françoise Héritier, «il faut relativiser le relativisme culturel» et postuler que le chemin d'émancipation difficilement parcouru en Europe et au Québec depuis le Siècle des lumières peut être également franchi par les autres cultures, y compris celle de tradition arabo-musulmane.

***

Abdeljalil Akkari - Professeur d'éducation internationale à l'Université de Genève

http://www.ledevoir.com/societe/ethique-et-religion/282239/une-lettre-a-mes-amis-du-quebec

vendredi 14 février 2014

Lettre d’enseignants de la FAE révoltés par les méthodes de leur syndicat


M. le ministe Bernard Drainville
La Fédération autonome des enseignants et la Charte de la laïcité
Tania Longpré, Yves Martineau Les auteurs sont enseignants en francisation à la Commission Scolaire de Montréal
Monsieur Bernard Drainville, ministre responsable des Institutions démocratiques et de la Participation citoyenne
Monsieur,
Nous savons que notre syndicat, la Fédération autonome de l’Enseignement (FAE), présentera un mémoire contre la charte des valeurs dans le cadre de la Commission parlementaire. Nous sommes plusieurs enseignants à désapprouver ce geste de la part de notre fédération. Nous aimerions porter à votre attention des informations importantes qui risquent de relativiser la portée de ce mémoire.
Tout d’abord, il faut savoir que la FAE a procédé à un sondage, une consultation électronique sur la laïcité, au printemps 2012. En tout, 1 955 enseignants ont répondu à 25 questions, dont une portait sur l’affichage des signes religieux : « Les représentantes et représentants de l’État doivent s’abstenir d’afficher des signes religieux visibles ». 77 % des enseignants se sont prononcés en faveur de cette position.
En juin 2013, la FAE a tenu son Congrès, où elle devait adopter des décisions, notamment sur la laïcité. Elle a décidé de tenir compte de la consultation de 2012 SAUF sur la question du port de signes religieux. Sur cette question, les délégués du Congrès ont reçu la consigne de voter librement (selon leurs propres convictions) par un vote secret. La nouvelle proposition était : « La Fédération défendra le droit acquis de ses membres, comme des autres travailleuses et travailleurs des secteurs public et parapublic, de porter des vêtements ou des accessoires ayant une connotation religieuse ou culturelle, à moins que ceux-ci ne contreviennent aux règles de base du professionnalisme et de sécurité qui régissent déjà l’exercice des différents métiers et professions concernés. » POUR : 113 (51,13 %) ; CONTRE : 108 (48,87 %)
Le pourcentage en faveur de l’interdiction du port de signes religieux est donc passé de 77 % à 49 %. C’est avec ce faible résultat que la FAE se permet de se prononcer contre la charte. Depuis que la Fédération a rendu sa position publique, le 4 septembre 2013, plusieurs enseignants ont réclamé une consultation de tous les membres puisque ceux-ci voulaient se prononcer sur la question :
- Lorraine Camiré et Khedoudja Ait-Tahar (9 septembre 2013)
- Assemblée de personnes déléguées de l’Alliance (10 décembre 2013) Chaque fois, la FAE répondait qu’il n’était pas possible de renverser une décision du Congrès.
Plusieurs enseignants ont aussi demandé que soient diffusés les résultats de la consultation de 2012 à tous les membres :
- Félix Pinel, à la FAE (18 novembre 2013) et au SEBL (13 décembre 2013)
- Chantal Douesnard, à la FAE et au SEPI (26 novembre 2013)
- Yves Martineau, à l’Alliance (14 janvier 2014)
- Luc Lefebvre, au SEOM (15 janvier 2014)
Chaque fois, notre demande était refusée, soit par notre syndicat national, la FAE, soit par nos syndicats locaux (Alliance, SEBL, SEOM, SEPI). Malgré de nombreuses demandes, la FAE refuse de discuter et d’avoir une réelle consultation sur la question, alors qu’en délégation de juin 2013 la charte n’était pas encore connue. Comment notre syndicat peut-il émettre une opinion, en notre nom, alors qu’il refuse de nous consulter depuis la présentation de la charte ?
Nous trouvons que cette attitude manque de transparence et nous n’acceptons pas que notre syndicat se prononce sans nous avoir consultés. Une telle position devient d’autant plus difficile à justifier depuis que la CSQ, notre ancien syndicat, a accepté de consulter ses membres : 14 000 répondants se sont prononcés à 69 % POUR la charte. Pour la FAE, quel est le pourcentage ? Combien sont en faveur ? Combien sont contre ? Quelles raisons ont été invoquées ? Nous ne le saurons jamais puisque la consultation n’a jamais pris forme : le sondage de 2012 est survenu avant que le débat sur le projet de loi 60 ne soit lancé ; et la même critique s’applique au vote du Congrès, tenu fin juin 2013.
Finalement, alors que la FAE refuse d’écouter ses membres, elle se paye les services d’avocats, aux frais des mêmes membres, pour émettre un avis juridique selon lequel le projet de loi 60 serait inconstitutionnel. Combien cette démarche nous a-t-elle coûté ? Pourquoi avoir choisi la firme dont l’avocat Giuseppe Sciortino s’était prononcé contre la charte (14 septembre 2013) ? Les juristes sont loin d’être unanimes sur le sujet. Nous considérons que la FAE outrepasse largement les mandats que ses membres lui ont confiés. Pendant ce temps, nos classes manquent encore de ressources les plus élémentaires, les élèves manquent de services, les écoles sont vétustes : où sont les avis juridiques sur ces questions ?
Lorsque la FAE présentera son mémoire à la Commission, vous saurez que :
- Elle exprime une position qui ne découle pas d’une consultation transparente de tous les membres qu’elle est censée représenter ;
- Elle refuse les demandes de consultation survenues après la présentation de la charte ;
- Elle refuse de diffuser les résultats de la consultation de 2012 à tous ses membres (77 % en faveur de l’interdiction des signes religieux).
Bien que nous soyons conscients que la solidarité est au cœur de toutes nos actions syndicales, à titre de délégués d’établissements, et d’enseignants, nous ne pouvons que déplorer la manière de procéder de notre fédération et nous espérons qu’une vraie consultation des membres prendra forme bientôt. Nous ne pouvons garder le silence alors que notre syndicat prend une position qui n’est peut-être pas celle qui reflète la base. Nous déplorons cette manière de procéder, qui n’a rien à voir avec la vraie démocratie syndicale que nous souhaitons vivre.
Nous espérons que ces informations vous seront utiles dans le cadre de votre travail à la Commission.
Signé par des enseignants de la FAE qui veulent une vraie consultation au sujet de la charte :
Yves Martineau Martin Perron Lynda Massé Paul Pérez Isabelle Beaudoin Yves Meunier Nadine Deslauriers Monique Hauy Louise Valiquette Richard Saint-Laurent Tania Longpré Françoise Boulay Ginette Colbert Nathal Ménard Marie-Josée Hudon Lyne Labelle Sylvie Gervais Manon Leduc Denise Houle Ginette McMullen Sylvie Giroux Riad Djanji Francis Jacquard Clemente Rosique Éric Rivest Félix Pinel Sylvie Richer Claude Vielleux Daniel Gélinas Nicolas Parent Ginette Piché Richard Beauchamp Jean Chaumont Roxanne Rivest Paul Desaulniers Luc Lefebvre Sylvain Tremblay Jean-Paul Viau Nawal Meshaka Lorraine Camiré Khedoudja Ait-Tahar Jean-François Paquet Grégoire Bergeron Sylvie Rochon Marie-Josée Lemieux Zeghourti Abderazaïk Lucie Desruisseaux Marie-Ëve Tibi Silvia Consa Christiane Auger Sylvain Langlois Véronique Ledoux Laurent Dubuc Tamara Durand Jordan Bouganim Woko Olenga Chantal Saint-Arnaud Bernard Cloutier Anne Letourneau Jean-François Carrier Franck Bélanger Suzanne Lacroix Leïla Bensalem Martine Paquin Nancy Lauzon Julie Piette Mohammed Sebti Luc Daigneault Many Hamphiboune Michel Dufour Rabah Kadache Serge Lévesque Jean-François Mathieu Stéphane Bouchard Richard Charron Louise Aubut Véronique Patry Gilles Lannd Reno Camiré Lyne Farmer Christian Landry Chantal Douesnard Bruno Tremblay Alfiya Mazapova
vu ici

jeudi 13 février 2014

Fatima Houda-Pépin : «On est dans le siècle des intégrismes»

Comment combattre l’intégrisme ? Voici un extrait de l’entrevue que Fatima Houda-Pépin a accordée à L’actualité avant de déposer son projet de loi.

Aujourd’hui indépendante, Fatima Houda-Pépin estime que le débat sur la neutralité de l’État qu’a déclenché le projet de loi 60 — aussi important soit-il — escamote le vrai problème, celui qui grandit à l’abri des regards, dans les temples, les mosquées, les églises, les centres pour les jeunes : l’intégrisme religieux.

Comment la députée de La Pinière combattrait-elle ces intégristes, présents, selon elle, à Montréal et à Québec ? Avant de déposer son projet de loi en Chambre, elle a tracé pour nous quelques pistes. Voici un extrait de l’entrevue que vous pouvez retrouver en intégralité en cliquant ici (réservé aux abonnés) ou en se procurant le numéro de mars 2014 de L’actualité, en vente en kiosque ou sur iTunes et Google Play, pour tablettes et téléphones intelligents.

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Comment se manifeste l’intégrisme au quotidien ?

Il touche d’abord les femmes. Les intégristes s’attaquent à leur comportement, à leur autonomie, à leur apparence. À leurs rapports avec les hommes et la société, autant en privé qu’en public. Les femmes sont un élément central de leur lutte. Mais pour justifier leur oppression, il faut une raison majeure. Ce n’est pas facile. En prétextant la liberté de religion, ça passe mieux.

Par exemple, dans les écoles et les universités, des intégristes surveillent les jeunes femmes musulmanes et leur interdisent de partager leur table avec des mécréants ou de faire leurs travaux avec des hommes.

Certaines communautés veulent soustraire les enfants à l’école, parce que le programme scolaire n’est pas conforme à leur vision du monde. On le voit dans plusieurs communautés, notamment chez les juifs hassidiques.

Il n’y a pas que l’islam aux prises avec l’intégrisme…

Bien sûr que non. L’intégrisme, c’est le gouvernement de Dieu. Peu importe le dieu. Il y a la montée de la droite religieuse américaine qui nous rattrape, on le voit à la Chambre des communes, à Ottawa, avec les évangéliques, qui tentent de rouvrir le débat sur l’avortement avec des projets de loi. Ça touche encore le droit des femmes. On est dans le siècle des intégrismes. Il faut s’y attaquer, mais avant, il faut le comprendre.

Comment peut-on lutter contre ce phénomène ?
3 % : le pourcentage de Québécois de confession musulmane
Source : Statistique Canada, 2011
On ne doit pas mettre en péril les droits acquis avec l’arbitraire de l’accommodement religieux, le cas par cas. Il faut établir des balises claires. Par exemple, il est inacceptable que quelqu’un refuse d’être servi par une femme qui travaille pour l’État. Ce n’est pas négociable. Quelqu’un ne peut pas arrêter de travailler pour aller prier, ça entrave le fonctionnement de l’État. On doit intégrer la neutralité religieuse de l’État dans la Charte des droits et libertés. Tout comme les autres partis à l’Assemblée nationale, je suis d’accord avec ce volet du projet de loi 60, qui veut encadrer les demandes d’accommodements.

Mais vous n’êtes pas d’accord avec l’aspect le plus controversé de la charte du PQ, celui qui interdit les signes religieux dans la fonction publique et parapublique ?

Le projet de loi 60 fait du « mur à mur » inutilement. Le plus loin où je propose d’aller, c’est une interdiction pour les personnes en position d’autorité, comme les policiers, les juges ou les gardiens de prison. C’est le consensus qui se dégage dans la société et on peut l’utiliser comme socle sur lequel construire la lutte contre l’intégrisme.

Car ce n’est pas du tout avec cette disposition sur les signes qu’on va lutter contre l’intégrisme. On ne touche pas aux comportements, aux gestes, au prosélytisme. C’est là où se trouve le véritable enjeu. L’État doit être neutre dans ses actions, pas dans son code vestimentaire, sauf pour les symboles dégradants pour la femme, comme la burqa, le niqab et le tchador.

Vous avez préparé un projet de loi pour lutter contre l’intégrisme. Que contient-il ?

J’ai l’intention de le présenter à l’Assemblée nationale et le contenu doit rester secret jusque-là. (À lire : «La députée Fatima Houda-Pépin dépose son projet de loi sur l’intégrisme»)

Pour l’instant, je peux dire que nous devons d’abord documenter le phénomène de l’intégrisme, y compris la façon dont il évolue dans un contexte québécois. Je propose de créer un organisme de surveillance. Et pas seulement un groupe d’académiciens qui jasent de théories. Je parle de gens sur le terrain, qui suivent ce qui se passe, qui comprennent la langue et la façon de penser des intégristes. Après, on saura quoi faire pour le contrer, comment s’ajuster.

Les intégristes nous connaissent sous toutes nos coutures. Nos lois, nos règlements, nos leaders, nos politiques… Mais nous, nous ne les connaissons pas, et c’est à leur avantage. Ils savent comment manipuler. Et ils sont super bien financés, notamment par l’Arabie saoudite.
« Le combat n’est pas entre les chrétiens et les musulmans, mais entre les démocrates et les intégristes de toutes les religions. »
- Fatima Houda-Pépin
Ensuite, il faut cesser de faire de l’amalgame. Tous les croyants ne sont pas des intégristes. La majorité des croyants pratiquants considèrent les intégristes comme l’ennemi de l’islam, qui tentent de contrôler leur foi et qui veulent la transformer en combat politique.

En 2007, lors des élections qui ont eu lieu après la motion contre la charia que j’avais fait voter à l’Assemblée nationale, les intégristes disaient de ne pas voter pour la députée qui avait fait échouer l’arrivée de la charia au Québec. En plus de leurs discours, ils ont distribué des brochures dans plusieurs langues. Dans ma circonscription, des gens m’ont prévenue après la prière du vendredi. Beaucoup étaient scandalisés qu’on leur dise comment voter. Les intégristes ne sont pas l’islam et les musulmans le leur ont fait sentir. J’ai été réélue. Il faut tendre la main aux gens des communautés qui ne sont pas dans l’intégrisme.

Les discours d’exclusion m’inquiètent, y compris le débat sur les signes religieux dans la fonction publique.

http://www.lactualite.com/actualites/politique/fatima-houda-pepin-on-est-dans-le-siecle-des-integrismes/

mardi 11 février 2014

Résultat biaisé biaisé à la FAE ?

C’est avec ce faible résultat que la FAE se permet de se prononcer contre la charte. Depuis que la Fédération a rendu sa position publique, le 4 septembre 2013, plusieurs enseignants on...Afficher la suite

Suite au texte en A6 dans la Presse, je vous invite à lire et à partager:

Tania Longpré, Yves Martineau
Les auteurs sont enseignants en francisation à la Commission Scolaire de Montréal

Monsieur Bernard Drainville, ministre responsable des Institutions démocratiques et de la Participation citoyenne

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Monsieur,

Nous savons que notre syndicat, la Fédération autonome de l’Enseignement (FAE), présentera un mémoire contre la charte des valeurs dans le cadre de la Commission parlementaire. Nous sommes plusieurs enseignants à désapprouver ce geste de la part de notre fédération. Nous aimerions porter à votre attention des informations importantes qui risquent de relativiser la portée de ce mémoire.

Tout d’abord, il faut savoir que la FAE a procédé à un sondage, une consultation électronique sur la laïcité, au printemps 2012. En tout, 1 955 enseignants ont répondu à 25 questions, dont une portait sur l’affichage des signes religieux :
« Les représentantes et représentants de l’État doivent s’abstenir d’afficher des signes religieux visibles ». 77 % des enseignants se sont prononcés en faveur de cette position.

En juin 2013, la FAE a tenu son Congrès, où elle devait adopter des décisions, notamment sur la laïcité. Elle a décidé de tenir compte de la consultation de 2012 SAUF sur la question du port de signes religieux. Sur cette question, les délégués du Congrès ont reçu la consigne de voter librement (selon leurs propres convictions) par un vote secret. La nouvelle proposition était :
« La Fédération défendra le droit acquis de ses membres, comme des autres travailleuses et travailleurs des secteurs public et parapublic, de porter des vêtements ou des accessoires ayant une connotation religieuse ou culturelle, à moins que ceux-ci ne contreviennent aux règles de base du professionnalisme et de sécurité qui régissent déjà l’exercice des différents métiers et professions concernés. »
POUR : 113 (51,13 %); CONTRE : 108 (48,87 %)

Le pourcentage en faveur de l’interdiction du port de signes religieux est donc passé de 77 % à 49 %. C’est avec ce faible résultat que la FAE se permet de se prononcer contre la charte. Depuis que la Fédération a rendu sa position publique, le 4 septembre 2013, plusieurs enseignants ont réclamé une consultation de tous les membres puisque ceux-ci voulaient se prononcer sur la question :
- Lorraine Camiré et Khedoudja Ait-Tahar (9 septembre 2013)
- Assemblée de personnes déléguées de l’Alliance (10 décembre 2013)
Chaque fois, la FAE répondait qu’il n’était pas possible de renverser une décision du Congrès.

Plusieurs enseignants ont aussi demandé que soient diffusés les résultats de la consultation de 2012 à tous les membres :
- Félix Pinel, à la FAE (18 novembre 2013) et au SEBL (13 décembre 2013)
- Chantal Douesnard, à la FAE et au SEPI (26 novembre 2013)
- Yves Martineau, à l’Alliance (14 janvier 2014)
- Luc Lefebvre, au SEOM (15 janvier 2014)

Chaque fois, notre demande était refusée, soit par notre syndicat national, la FAE, soit par nos syndicats locaux (Alliance, SEBL, SEOM, SEPI). Malgré de nombreuses demandes, la FAE refuse de discuter et d’avoir une réelle consultation sur la question, alors qu’en délégation de juin 2013 la charte n’était pas encore connue. Comment notre syndicat peut-il émettre une opinion, en notre nom, alors qu’il refuse de nous consulter depuis la présentation de la charte ?

Nous trouvons que cette attitude manque de transparence et nous n’acceptons pas que notre syndicat se prononce sans nous avoir consultés. Une telle position devient d’autant plus difficile à justifier depuis que la CSQ, notre ancien syndicat, a accepté de consulter ses membres : 14 000 répondants se sont prononcés à 69 % POUR la charte. Pour la FAE, quel est le pourcentage? Combien sont en faveur? Combien sont contre? Quelles raisons ont été invoquées ? Nous ne le saurons jamais puisque la consultation n’a jamais pris forme : le sondage de 2012 est survenu avant que le débat sur le projet de loi 60 ne soit lancé; et la même critique s’applique au vote du Congrès, tenu fin juin 2013.

Finalement, alors que la FAE refuse d’écouter ses membres, elle se paye les services d’avocats, aux frais des mêmes membres, pour émettre un avis juridique selon lequel le projet de loi 60 serait inconstitutionnel. Combien cette démarche nous a-t-elle coûté? Pourquoi avoir choisi la firme dont l’avocat Giuseppe Sciortino s’était prononcé contre la charte (14 septembre 2013)? Les juristes sont loin d’être unanimes sur le sujet. Nous considérons que la FAE outrepasse largement les mandats que ses membres lui ont confiés. Pendant ce temps, nos classes manquent encore de ressources les plus élémentaires, les élèves manquent de services, les écoles sont vétustes : où sont les avis juridiques sur ces questions?

Lorsque la FAE présentera son mémoire à la Commission, vous saurez que :
- Elle exprime une position qui ne découle pas d’une consultation transparente de tous les membres qu’elle est censée représenter;
- Elle refuse les demandes de consultation survenues après la présentation de la charte;
- Elle refuse de diffuser les résultats de la consultation de 2012 à tous ses membres (77 % en faveur de l’interdiction des signes religieux).

Bien que nous soyons conscients que la solidarité est au cœur de toutes nos actions syndicales, à titre de délégués d’établissements, et d’enseignants, nous ne pouvons que déplorer la manière de procéder de notre fédération et nous espérons qu’une vraie consultation des membres prendra forme bientôt. Nous ne pouvons garder le silence alors que notre syndicat prend une position qui n’est peut-être pas celle qui reflète la base. Nous déplorons cette manière de procéder, qui n’a rien à voir avec la vraie démocratie syndicale que nous souhaitons vivre.

Nous espérons que ces informations vous seront utiles dans le cadre de votre travail à la Commission.

Signé par des enseignants de la FAE qui veulent une vraie consultation au sujet de la charte :

Yves Martineau,Martin Perron, Lynda Massé, Paul Pérez, Isabelle Beaudoin, Yves Meunier, Nadine Deslauriers, Monique Hauy, Louise Valiquette, Richard Saint-Laurent, Tania Longpré, Françoise Boulay, Ginette Colbert, Nathal Ménard, Marie-Josée Hudon, Lyne Labelle, Sylvie Gervais, Manon Leduc, Denise Houle, Ginette McMullen, Sylvie Giroux, Riad Djanji, Francis Jacquard, Clemente Rosique, Éric Rivest, Félix Pinel, Sylvie Richer, Claude Veilleux, Daniel Gélinas, Nicolas Parent, Ginette Piché, Richard Beauchamp, Jean Chaumont, Roxanne Rivest, Paul Desaulniers, Luc Lefebvre, Sylvain Tremblay, Jean-Paul Viau, Nawal Meshaka, Lorraine Camiré, Khedoudja Ait-Tahar, Jean-François Paquet, Grégoire Bergeron, Sylvie Rochon, Marie-Josée Lemieux, Zeghourti Abderazaïk, Lucie Desruisseaux, Marie-Ëve Tibi, Silvia Consa, Christiane Auger, Sylvain Langlois, Véronique Ledoux, Laurent Dubuc, Tamara Durand, Jordan Bouganim, Woko Olenga, Chantal Saint-Arnaud, Bernard Cloutier, Anne Letourneau, Jean-François Carrier, Franck Bélanger, Suzanne Lacroix, Leïla Bensalem, Martine Paquin, Nancy Lauzon, Julie Piette, Mohammed Sebti, Luc Daigneault, Many Hamphiboune, Michel Dufour, Rabah Kadache, Serge Lévesque, Jean-François Mathieu, Stéphane Bouchard, Richard Charron, Louise Aubut, Véronique Patry, Gilles Lannd, Reno Camiré, Lyne Farmer, Christian Landry, Chantal Douesnard, Bruno Tremblay, Alfiya Mazapova

https://www.facebook.com/groups/294527654005614/permalink/300720670052979/

PDF Québec dit oui à la Charte de la laïcité - 16 janvier 2014

PDF Québec dit oui à la Charte de la laïcité pour mieux protéger les droits des femmes et la liberté de conscience de tous les citoyens et citoyennes.

– « Un État moderne se doit d’être laïque afin de respecter tous ses citoyens et citoyennes, quelle que soit leur appartenance religieuse. Et il doit être décrété une fois pour toutes que le droit à l’égalité et à la dignité des femmes doit prévaloir sur des coutumes ou des règles religieuses qui n’ont pas leur place dans la vie citoyenne et particulièrement dans les institutions publiques. » C’est en résumé ce que la présidente de PDF Québec, Michèle Sirois, a déclaré aux membres de la commission parlementaire qui examinent le projet de loi 60. Et comme l’ajoutait la jeune Naomie Caron, membre de PDF Québec, « L’avancement de notre société est reconnu internationalement et attire des gens de partout. Il ne faut jamais reculer, ou stagner, mais toujours progresser socialement vers une meilleure coexistence. »

Le caractère laïque de l’État et la nécessaire neutralité des institutions publiques

La gouvernance d’un État moderne repose sur des règles établies démocratiquement et non sur des règles religieuses. Cela est encore plus nécessaire dans les sociétés cosmopolites comme la nôtre où se côtoient tous les jours des citoyennes et des citoyens aux appartenances culturelles, politiques, religieuses très diverses. Plus particulièrement, les sociétés qui se veulent égalitaires doivent rejeter la vision entretenue par les religions quant aux femmes et aux homosexuels.

Il faut également assurer la plus stricte séparation entre les religions et l’État et la neutralité des institutions publiques. Celle-ci passe par la neutralité de ses agents, qui se doivent d’être au service de tous les citoyens et citoyennes. PDF Québec appuie donc sans réserve l’interdiction des signes religieux ostentatoires par les employé-e-s des services publics et parapublics.

En effet, on ne peut absolument pas prétendre que l’affichage d’un symbole est sans signification et sans effet. « L’affichage d’un symbole, c’est le contraire de la neutralité, » a fait valoir Michèle Sirois. « Si ces symboles n’avaient aucune signification, ils ne seraient pas portés. Or, ce sont les gens qui travaillent dans les institutions publiques qui incarnent ces institutions. Il y a un fort consensus pour que les juges, les policiers et les gardiens de prison ne portent pas ces symboles religieux. C’est donc dire que ces symboles ont une signification et ils ne peuvent la perdre simplement parce qu’ils sont portés par une enseignante ou un médecin. »

Radia Kichou, Québécoise récemment immigrée et membre fondatrice de PDF Québec, a fait part de son étonnement en arrivant au Québec face à la présence des signes religieux ostentatoires dans les services publics. « Avant d'émigrer au Québec, on avait signé un document pour confirmer notre adhésion aux valeurs du Québec comme la laïcité, l’égalité entre les hommes et les femmes et la primauté du droit, souligne Mme Kichou. Quelle ne fut pas notre surprise de constater que des fonctionnaires affichaient des symboles religieux et leurs convictions religieuses ! »

PDF Québec a également rappelé la Convention internationale contre les discriminations à l’égard des femmes (CEDEF) et souligné que le Québec a beaucoup investi pour éliminer le sexisme dans la société et dans son appareil public. Il serait aberrant qu’aujourd’hui, au nom de certains préceptes religieux, les institutions publiques acceptent en leurs murs certains symboles sexistes, en particulier s’ils sont portés par le corps enseignant. Selon Mme Sirois, « Quel message veut-on lancer aux enfants ? Que le sexisme est acceptable s’il se pratique au nom de la religion ? »

Les accommodements religieux

PDF Québec croit que les accommodements religieux devraient faire l’objet d’une analyse sérieuse avant de leur donner une existence juridique définitive. En effet, ces accommodements se distinguent des autres à bien des égards. En fait, il s’agit de demandes de la part de personnes qui, au nom de leur appartenance à un groupe religieux, veulent faire prévaloir leurs lois et leurs règles religieuses sur les lois démocratiquement adoptées par la société. Or, les religions contiennent des dispositions discriminatoires particulièrement à l’égard des femmes, des homosexuels et des adeptes d’autres confessions. Ces revendications communautaristes sont davantage une contestation de choix de société comme l’égalité hommes –femmes, qu’un moyen de pallier à une situation subie. Jusqu'à présent, faute d’une charte sur la laïcité, les tribunaux ont beaucoup de mal à prendre en considération le bien commun face à une demande d’accommodement individuelle si celle-ci est faite au nom de la liberté religieuse.

Une charte incomplète

PDF Québec aurait souhaité que la Charte aille plus loin pour couvrir les questions de la neutralité des élus, du crucifix de l’Assemblée nationale qui devrait être déplacé du salon de l’Assemblée nationale, du financement des écoles religieuses et des exemptions fiscales inappropriées. « Si le Québec se veut vraiment laïque, il doit pousser son raisonnement jusqu’au bout, » de conclure la présidente de PDF Québec.

PDF Québec (Pour les droits des femmes du Québec) est un groupe féministe, mixte, citoyen et non partisan qui défend les droits des femmes.

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Source : Michèle Sirois, présidente de PDF Québec

http://www.pdfquebec.org/communiques.php

Il y a aussi des jeunes qui s'expriment en faveur de la Charte

Il est heureux de rappeler que les jeunes, loin d'être désintéressés ou «intimidés», sont bel et bien présent dans le débat sur la Charte de la laïcité. Brice Dansereau-Olivier, secrétaire de Québec inclusif, vise juste lorsqu'il affirme, dans un texte paru dans Le Devoir , que bien que le manque d'accès aux tribunes publiques traditionnelles et le faible poids démographique jouent contre eux, «les jeunes ont été plus que présents tout au long de cet interminable débat

En réaction au dossier du Devoir sur les jeunes et la Charte, nous tenions au sein de Génération Nationale sensiblement les mêmes propos que M. Dansereau-Olivier.

Si les jeunes apparaissent moins présents et mobilisés dans l'espace public, c'est peut-être qu'aujourd'hui, dès lors que leur mobilisation n'atteint pas les sommets obtenus lors du «printemps érable», il advient qu'on considère leur implication comme négligeable. Pourtant, ce n'est pas parce que les jeunes ne sont pas dans la rue et que les trois grandes associations étudiantes ne prennent pas position que les jeunes ne se sentent pas interpellés, qu'ils ne posent pas d'actions et qu'ils ne réfléchissent pas aux enjeux liés à la laïcité de l'État.

Si nous joignons notre voix à celle de M. Dansereau-Olivier pour rétablir que la participation des jeunes au débat est bien réelle, nous estimons cependant que le secrétaire de Québec inclusif aurait gagné à ne pas simplement louanger le camp pro-Charte et rappeler que, si les jeunes prennent position, cela peut être en défaveur, mais également en faveur du projet de loi 60 dans son entièreté. Il est déplorable que M. Dansereau-Olivier suggère que le fait que les jeunes appuient peu la Charte de la laïcité - un élément appuyé par un simple sondage - prouve en soi qu'ils en débattent, mais plus navrant encore est qu'il laisse entendre que la position anti-Charte de nombreux jeunes en est une naturelle et évidente. C'est un peu comme si le camp des anti-Charte avait le monopole de la vérité; comme si Québec Inclusif était le porte-parole officiel de «la jeunesse». C'est bien sûr inexact. Il importe de parler de la jeunesse et comment elle se positionne, mais nuançons s'il vous plaît. Il aurait été intéressant de nommer que plusieurs organisations jeunes se sont prononcées en faveur de la Charte. Et pas seulement les ailes jeunesse du PQ, du Bloc et plusieurs organisations jeunes de différents syndicats.

Faisons simplement état de Génération Nationale (GN), un regroupement de jeunes indépendantistes qui présentera sous peu un mémoire en Commission parlementaire.

À l'égard du projet de loi 60, la jeune organisation - à laquelle, en toute transparence, l'auteur de ces lignes contribue - considère que la politique proposée par la Charte - en rompant avec le bonententisme et avec la recherche perpétuelle du consensus qui ne vient jamais - reconnecte admirablement avec le sens de l'État et de l'Histoire. La Loi 101 de 1977 est révélatrice en ce sens: le geste décrié comme étant «radical» aujourd'hui devient pure normalité demain, alors que les effets bénéfiques du renversement de la dynamique qu'il implique se font sentir.

Selon GN, le pire des scénarios serait un autre recul, et ainsi que nous tombions dans le Bouchard-Taylorisme - souvenons-nous que le Rapport Bouchard-Taylor en était un d'acceptation canadienne. Un régime canadien reposant notamment sur une foi aveugle dans l'idéologie multiculturalisme, celle-ci qui nie le projet de vivre ensemble par une segmentation sociale et culturelle nourrit par un communautarisme pernicieux.

Si certains - visiblement allergiques aux concepts de collectivité et de choix de société - préfèrent ne parler qu'en termes de «droits individuels», témoignant d'une obsession pour l'émancipation personnelle comme seul horizon de vie et d'un manque flagrant de perspectives sociales, nous considérons qu'il faut voir dans la Charte la réaffirmation d'une culture nationale à travers l'État et l'établissement de règles formant la base du vivre ensemble.

Au final, il advient que si les jeunes participent au débat, on ne doit point les percevoir comme un bloc monolithique. Ni Québec inclusif ni Génération nationale n'a le monopole de la vertu et de la vérité. La jeunesse est multiple; réjouissons-nous qu'elle participe au débat sur la Charte de la laïcité et prêtons l'oreille à ses arguments, d'un côté comme de l'autre.

Source : Le Devoir


lundi 10 février 2014

Charte – « Moi, ça ne me dérange pas, donc… »

« Moi, ça ne me dérange pas, donc… »

Ce qui précède, écrit et dit de toutes les manières, est un argument qu’on a maintes fois entendu venant de la part de personnes contre l’idée d’interdire les signes religieux dans la fonction publique (ou contre la neutralité représentative des employés de l’État, comme je me plais à le verbaliser). La semaine dernière, à RDI, durant une émission spéciale sur la charte, cet argument est revenu plusieurs fois et ça m’a mis la puce à l’oreille.

Durant un vox-pop où on entendait quatre adolescents se prononcer, les deux contre le projet de charte ont discouru dans ce sens. Rémi Bourget, un des panélistes invités à l’émission, l’avocat derrière Québec inclusif, y allait de son histoire personnelle où il était question de son problème de garderie. Pour appuyer sa position contre le projet de loi 60, il disait que c’était le moindre de ses soucis qu’une future éducatrice porte le voile. Un peu plus tard, un vox-pop tenu en Ontario mettait en scène entre autres un homme qui, pour justifier son désaccord, disait que personnellement ça ne le dérangeait pas. Donc.

Logiquement, si cet argument revient constamment, c’est qu’il a du poids pour les personnes qui s’en servent. Personnellement, je pense qu’il a autant de poids que quelqu’un qui dit : « c’est l’gros bon sens! » Cela relève du réflexe de croire qu’une problématique complexe peut se régler comme par magie avec une opinion étayée par un simple jugement personnel devant un choix de réponse binaire. Du point de vue argumentaire, il n’y a rien de plus bas niveau. Pourtant, c’est bombardé comme si c’était un uppercut qui devrait clore le débat.

Pour certains, dire « ça ne me dérange pas » devrait avoir autant de poids que de dire « ça me dérange ». Donc, pour eux, cette idée que la neutralité représentative règlerait le problème de ceux que ça dérange n’a pas lieu d’être puisque c’est du pareil au même. C’est une erreur logique que je tenterai d’expliquer dans les paragraphes suivants.

À la base, si on enlève la donnée personnelle, « ça ne me dérange pas » devient « ça ne dérange pas » et « ça me dérange » devient « ça dérange ». Pourquoi enlever la donnée personnelle? Parce que ce qui compte, ce n’est pas l’avis de chaque personne séparément, mais tout le tableau. Nous ne sommes pas dans une logique référendaire, mais bien dans une dynamique où il faut encadrer la problématique et évaluer les argumentaires.

Alors, maintenant, regardons les deux énoncés résultants : « ça ne dérange pas » et « ça dérange ». La question à se poser est donc : est-ce que ça dérange ou non? Nonobstant des raisons personnelles, à partir du moment où ça dérange, il est impossible de dire que ça ne dérange pas en général. Par conséquent, au niveau collectif, ça dérange, et toujours, au niveau individuel, ça dérange ou non. Voilà la réalité et le poids réel de l’énoncé « ça ne me dérange pas ».

À partir du moment où il est prouvé que ça dérange et qu’il est impossible de prouver que ça dérange seulement pour des raisons intolérantes comme le racisme et la xénophobie, le moyen de régler le problème, soit la neutralité représentative, est légitime. Voilà pourquoi parmi les arguments des gens contre la neutralité représentative des employés de l’État il y a l’énoncé individualiste « ça ne me dérange pas » et ce désir de mettre les adversaires dans le camp des racistes/xénophobes, de toutes les manières possibles.

En disant « ça ne me dérange pas », on se place volontairement en situation de supériorité morale, ce qui induit qu’on est tolérant, alors que les autres ne le seraient pas. Cela participe activement à la diabolisation de la position pour la charte, à cette tentative d’humilier tous les prochartes par l’accusation d’intolérance, fondée sur les réelles manifestations de racisme/xénophobie que l’on se plait à pointer comme si cela était des preuves d’un problème général.

Donc, là où le bât blesse, ce n’est pas tant de penser que ça ne nous dérange pas, mais d’avoir le réflexe de le dire, de le montrer comme si c’était un trophée.

C’est condescendant. Rien de bon pour calmer ce débat explosif.

http://www.lerepublique.com/1129319/charte-moi-c%CC%A7a-ne-derange-pas-donc/

Voici ce que j'ai envoyé à M. Harper « Le 10 février 2014

Miche Lampron 10 février 17:14

Voici ce que j'ai envoyé à M. Harper « Le 10 février 2014

Monsieur Harper,

Nous ne comprenons absolument pas votre changement de position quand a la possibilité de voter à visage «couvert». C'est totalement insensé, voire ridicule, et on a pas à permettre ça pour aucune raison ! On ne peut croire que vous allez aller de l'avant avec cette décision saugrenue sans que des politiciens s'y opposent farouchement.

Si des immigrantes islamiques veulent voter qu'elles le fassent à visage découvert et pièce d'identité en main. Pour avoir travailler aux élections, nous nous devions de vérifier scrupuleusement tous les détails de la personne qui venait voter et « à visage découvert»...
mais là, cette obligation ne s'appliquerait pas pour ces femmes...c'est ce que vous nous dites ? Qu'il y aurait maintenant des lois spéciales pour agrémenter «gentiment» ces communautés islamiques.

Vous auriez grandement intérêt à lire les journaux internationaux et les articles sur Internet, écouter les vidéos de menaces faites par les islamiques promettant de nous ENVAHIR et de nous ANÉANTIR. Ce n'est pas des paroles en l'air et c'est ce qu'ils sont en train de faire depuis plusieurs années déjà... une invasion sournoise qui est bel et bien réelle. Wake up please!

Vous êtes à même de savoir que la communauté Ahmadiyya, une branche dissidente de l'Islam, a bâti leur propre ville, Peace Village, à 50 km de Toronto et vit selon leurs principes de religion. Ils ont même des auto-patrouilles de police lettrées en arabe. De plus, le chef de police de Toronto, Bill Blair a autorisé en 2011, le port du hijab pour les musulmanes policières et la police d'Edmonton a emboité le pas. En Angleterre ils ont fait de même et sont pris avec des problèmes majeurs découlant de la communauté islamique, et ce, à différents niveaux. La France, où il y a environ 2,1 millions de musulmans, quant à elle, a refusé de se plier à ces demandes.

Le Qatar et l'Arabie saoudite font des dons importants régulièrement à différentes universités pour pouvoir y faire leur conférence de propagande par la suite et surtout que soient autorisés sans objection des accommodements de plus en plus envahissants.... comme à l'Université de Régina qui ont dû installer des bains de pieds, dans une salle d'eau publique, pour les ablutions des 700 étudiants musulmans, coût des installations $35,000.00 ... et sans oublier, les millions versés pour la construction de mosquées, qui poussent d’ailleurs plus vite que les champignons et sont souvent sous le couvert de «fausse œuvre de bienfaisance»… dont la mosquée d’Assuna au Québec, infiltrée par le FBI. Il y aurait du ménage à faire de ce côté et mettre à jour ces abus.

Je vous ferais remarquer qu’il y a un tribunal islamique depuis 1994, à Montréal, le premier du genre au Canada, selon un des membres, M. Ridwan Yusuf, également directeur de l’École musulmane de Montréal, où le port du voile hijab est obligatoire pour les musulmanes. De plus, situé à proximité de la prison de Bordeaux, la Masdjid Al-Islam est la seule mosquée au Québec, du moins officielle, à offrir des services correctionnels et gérer un cimetière musulman.

Est-ce légal, dites-moi Monsieur Harper ?

Il a été prouvé à maintes reprises que la taqiyya ou la doctrine de la tromperie islamique est très présente dans la politique islamique, surtout de nos jours.

Dans une entrevue à la Presse, M. Yusuf précise « Le conseil de la Charia ne tente pas de se substituer au droit québécois ou canadien, même si ses décisions sont exécutoires».

L'Islam, au de-delà de la religion proprement dite avec sa foi et son culte... est aussi, ne l'oublions pas, une puissance politique et un mouvement de civilisation générale. Comme on le sait la charia est la loi islamique et sectarisme. Le Coran est la source principale de la jurisprudence islamique, un mélange désordonné de haine, de violence gratuite irrationnelle, d'intolérance liée au racisme, d'appel au meurtre crapuleux. Les islamistes attaquent la société civile dans tous les pays appartenant à d’autres religions. Une grande majorité d’entre eux sont pour l’intégrisme et non pour la paix, la tolérance et le progrès !

Une religion d'obscurantisme, de misogynie, de phallocratie et d'hostilités marquées envers les peuples qui ne reconnaissent pas l'unique Dieu Allah !

En 2010, on estimait à environ 1,6 milliards de musulmans dans le monde... partagés parmi les trois (3) branches principales de l'Islam; sunnisme (90%), chiisme ( 10%), ibadisme (-1%).

Le docteur en sciences politiques de renom, Salem Ben Ammar, l'a bien dit « Il n'y a pas de pire crime que d'octroyer un statut de parti politique ( voter à visage couvert en est un en soi !) à des mouvements sectaires islamistes... djihadiste, salafiste, wahhabite ou goutbiste... qui prônent la Charia. La Charia est un instrument d'aliénation juridique de la femme et des minorités sexuelles, ethniques et religieuses.» Et le docteur en droit et spécialiste du droit arabe et musulman, Sami Aldeeb, rajoute en parlant des textes du Coran « Le Coran exerce une énorme influence, surtout négative, sur plus d’un milliard d’humains dans le monde. Particulièrement entre musulmans et non-musulmans. Le texte coranique reflète des normes qu’on peut qualifier aujourd’hui de criminelles et contraires aux droits de l’Homme.»

Admettre l'usage de celui-ci dans notre pays, c'est lui reconnaître un statut de plein droit, un droit de véto sur nos lois. À moins d'être masochiste, cupide, inconscient et irresponsable, cela équivaut à se tirer une balle dans le pied.

Il y a une limite à ne pas dépasser, comme le stipule la Commission des Droits et Libertés, à vouloir accommoder ceux et celles qui refusent de s'intégrer et revendiquent de vivre comme dans leurs pays d'origine en faisant fi de nos lois. Jusqu’où vont aller nos politiciens dans leur quête de pouvoir… jusqu’à laisser les islamiques empiéter sur nos terres, nos valeurs, notre identité !?!

Nous le répétons ces femmes doivent voter à visage découvert ou s'abstenir de le faire tout simplement. Point à la ligne !

Bien à vous,

Miche Lampron, Représentante de citoyens québécois