Aucun message portant le libellé Violence faites aux femmes. Afficher tous les messages
Aucun message portant le libellé Violence faites aux femmes. Afficher tous les messages

mardi 25 février 2014

Le soulèvement des femmes du monde arabe passe par Facebook

Une page Facebook connaît un succès grandissant grâce à une initiative simple : une photo, un message. Le but est de ne pas être les oubliées de la révolution arabe.


Chaque femme du monde arabe est invitée à se photographier avec une pancarte "Je suis pour le soulèvement de la femme arabe parce que..."

"Le soulèvement des femmes dans le monde arabe", c'est le nom de cette page Facebook qui réunit près de 60 000 personnes. La page a été créée par en octobre 2011 par deux Libanaises, une Egyptienne et une Palestinienne. Elle connaît un succès grandissant grâce à une campagne appelant les femmes du monde arabe à diffuser leurs photos et leurs revendications sur Facebook, comme le rapporte France Info, le vendredi 2 novembre.

"L'idée de départ était de créer un réseau de communication entre les femmes du monde arabe après la révolution. Et puis c'était aussi en réaction au fait que les droits des femmes étaient un peu les oubliés de la révolution", explique Yalda Ounès, l'une des créatrices de cette page au site des étudiants de l'école journalisme de Sciences po.

Pour mieux faire entendre leur message, elles lancent une campagne en 2012. Elles demandent à chacune de se prendre en photo, brandissant un panneau sur lequel on peut lire "Je suis pour le soulèvement de la femme dans le monde arabe parce que..." et chacune des femmes décrit une raison qui lui est personnelle. Le but : "Plus les femmes verront cette page et enverront les photos, plus il y aura une prise de conscience commune de la lutte pour le droit des femmes", précisait Yalda Ounès. Autre avantage de cette campagne, la diffusion d'information, telle qu'une loi restrictive pour les femmes spécifique à un pays.

Défouloir
Depuis les messages des femmes (et de certains hommes soutenant la cause) arrivent de tout le monde arabe et les revendications font mouche : "pouvoir être instruite et lire" ; "avoir le droit de porter de la couleur" ; "sentir le vent dans ses cheveux" ; "Je suis pour le soulèvement de la femme dans le monde arabe parce que c'est moi qui décide de ce que je suis et qui je suis", peut-on aussi lire sur l'une des photos. D'autres encore évoquent les viols et les violence subies.

Consciente que cette page ne changera rien au sort des femmes dans l'immédiat, l'une des créatrices de la page se réjouit au micro de France Info qu'elle serve au moins de "défouloir" pour les femmes. Cette campagne de photo ne devait durer qu'une semaine selon France Info, mais face au succès, l'opération est prolongée.

http://www.francetvinfo.fr/monde/asie/le-soulevement-des-femmes-du-monde-arabe-passe-par-facebook_164449.html

Elle pose sans voile, Facebook censure sa photo

Dana, une jeune Egyptienne, a posté sur le réseau social une photo pour soutenir "le soulèvement des femmes dans le monde arabe".

Une page Facebook invite les femmes du monde arabe à dénoncer les oppressions qu'elles subissent dans leur pays. Cette page, intitulée "Le soulèvement des femmes dans le monde arabe", réunit près de 60 000 personnes.

Les femmes à l'origine de l'initiative demandent aux femmes de se prendre en photo, brandissant un panneau sur lequel on peut lire "Je suis pour le soulèvement de la femme dans le monde arabe parce que..."

Un cliché jugé outrageant

Dana, une jeune égyptienne, a posté sur le réseau social une photo d'elle sans voile. elle brandit son passeport à bout de bras. Sur la photo du document, la jeune Egyptienne est voilée. En dessous, elle a écrit "je soutiens le soulèvement des femmes du monde arabe parce que pendant vingt ans, je n'ai pas été autorisée à sentir le vent dans mes cheveux".

Suite à de nombreuses plaintes jugeant la photo outrageante, le cliché a été censuré, le compte bloqué pendant vingt-quatre heures. Cette décision du réseau social a provoqué la colère des internautes qui ont posté de très nombreux messages de soutien à Dana.

http://www.francetvinfo.fr/internet/facebook/video-elle-pose-sans-voile-facebook-censure-sa-photo_164671.html

L’excision, une coutume barbare, toujours d’actualité


Publié le 19 janvier 2009 par Marie-José Letailleur - Article du nº 072

Excision et infibulation touchent environ 140 millions de femmes dans le monde. Les pays comme le Mali et la Gambie sont les plus pratiquants de cette mutilation féminine.

Toutefois cette tradition n’est pas réservée au continent africain, elle concerne environ 6000 fillettes allant des Etats Arabes à l’Inde.

En France, on dénombre environ 50 000 femmes excisées.
L’excision n’est pas une affaire de religion mais une coutume culturelle.

Qu’est ce que l’excision ? L’excision consiste à enlever partiellement ou totalement le clitoris et les lèvres.

La forme de mutation génitale la plus extrême est nommée « circoncision pharaonique ». C’est l’ablation totale du clitoris, des petites et des grandes lèvres, l’entrée du vagin est cousue. Ceci est l’infibulation. Il ne reste qu’une petite ouverture servant aux écoulements menstruels.
L’excision est pratiquée par des femmes âgées sur des fillettes, de 4 à 12 ans. Les exciseuses utilisent des instruments tranchants tels que des couteaux, des lames de rasoir, des morceaux de verre…

Pour favoriser la cicatrisation, elles appliquent ensuite des compositions à base d’herbes, de terre, de cendre, de bouse de vache…

Quelles sont les conséquences de cette mutilation ? Vue l’hygiène précaire dans laquelle sont pratiquées ces mutilations, il s’en suit pour beaucoup de ces fillettes des complications infectieuses (infections génitales, urinaires ou gynécologiques). Certaines complications engendrent un handicap permanent.

Des hémorragies ou des septicémies entrainant la mort peuvent survenir. Je ne parle pas du traumatisme psychologique et douloureux qui reste à jamais. Quels sont les arguments employés pour justifier ces mutilations ?

Virginité et chasteté sont les moteurs puissants de cette tradition .Les femmes qui ne la respectent pas sont considérées comme impures, comme étant incapables de maitriser leurs pulsions, de posséder un sexe plus grand que celui de leur mari en bref de ne pas devenir une femme.

Pour les femmes, l’excision est un moyen d’éduquer leurs filles afin qu’elles restent sages et se marient. En Afrique, le mariage est la seule possibilité d’accéder à une reconnaissance sociale en devenant femme et mère.

Pour les hommes, les arguments les plus utilisés sont :

« L’honneur de la famille » l’excision permet de garder la virginité jusqu’au mariage et le contrôle du désir sexuel.

« L’honneur du mari » : l’excision réduirait le désir sexuel et les femmes ne seraient pas tentées d’avoir des relations adultérines.

Quant à la justification religieuse, on sait que l’excision est antérieure au monothéisme.

En Afrique, l’excision et l’infibulation sont pratiquées par des animistes, des catholiques, des coptes, des juifs, des musulmans, des protestants ; aucune morale religieuse ne s’élève contre cette coutume mutilante pour la femme.

Cependant il faut noter que l’islam n’interdit pas cette pratique (qui ne dit mot, consent) et actuellement, les islamistes comptent parmi ses plus ardents défenseurs.

En Egypte, en 1994 le ministère de la Santé autorisait la pratique de l’excision dans les hôpitaux ; l’excision devenait un acte médical pratiqué sous anesthésie par des médecins…

Face aux critiques internationales cette décision a été annulée début 1997.Cependant, les boutiques, connues de tous, où se pratique toujours l’excision existent toujours.

Actuellement, selon l’UNICEF, 13 pays africains disposent de lois condamnant ces violences faites aux femmes.

La France passe pour un pays précurseur dans la lutte contre l’excision. Dès les années 1970, grâce aux médecins des PMI (Protection Maternelle et Infantile) qui ont dénoncé ces mutilations, la prise de conscience est importante .La justice française réprime ces pratiques davantage que les autres pays européens. La première décision judicaire a été prise en 1979 et une quarantaine de procès ont eu lieu depuis.

La France reconnait dans les mutilations sexuelles un crime et les parents encourent jusqu’ à vingt ans de prison.

Cependant Me Linda Weil-Curiel, qui préside la Commission pour l’abolition des mutilations sexuelles précise qu’en général le procès se solde par « de la prison avec sursis » et peu de peines de prisons fermes ont été prononcées.

Le lundi 12 janvier 2009, un couple d’origine guinéenne a été mis en examen dans la Nièvre pour avoir tenté d’exciser leur fille de 7 ans. La fillette a été hospitalisée à l’hôpital de Nevers en raison d’une hémorragie vaginale .Elle est aujourd’hui à l’hôpital de Dijon car son état s’est aggravé.

Mis en examen du chef d’actes de torture et de barbarie, les parents ont été placés sous contrôle judiciaire. Ils risquent la cour d’assises et 20 ans de prison. Le couple a deux autres filles plus âgées qui ont été elles aussi excisées.

Que pouvons –nous faire pour aider ces femmes victimes ?

L’excision est une réalité subie par des millions de femmes, peu de personnes en parlent.

Tout d’abord, il est de notre devoir de dénoncer ce genre de pratiques barbares.

Nous, les femmes, devons sans cesse rappeler notre droit à disposer librement de notre corps, notre droit d’exister en tant que femme. Toutes nos voix unies finiront pas se faire entendre.

La justice possède la possibilité de sanctionner les parents, mais les peines de prisons même si elles sont fermes ne changeront pas les mentalités

La seule issue à ce fléau reste l’explication et passe par l’éducation .Déjà des organisations non gouvernementales font ce travail en Afrique.

En France les associations à caractère familial et social doivent aussi se mobiliser pour éviter que cette tradition ne se perpétue.

Marie-José LETAILLEUR

Présidente de l’Ufal de Champs

http://ripostelaique.com/L-excision-une-coutume-barbare.html

vendredi 21 février 2014

La plaidoirie de Yasmine Attia : Jihad au féminin

Maître Yasmine Attia
Tunis - Tunisie
AVERTISSEMENT : Le Mémorial de Caen n'entend donner aucune approbation, ni improbation aux opinions émises par les candidats ; ces opinions doivent être considérées comme propres à leurs auteurs.

vendredi 14 février 2014

En Iran, un père pourra épouser sa fille adoptive


À l'abri des regards, le Conseil des gardiens a adopté une loi autorisant un père de famille à épouser sa fille adoptive dès l'âge de 13 ans.



Pendant que le monde entier a les yeux rivés sur le dossier du nucléaire iranien, qui pourrait enfin se dénouer avec l'ouverture affichée par le nouveau président iranien Hassan Rohani, la République islamique adopte en catimini des lois dignes d'un autre âge. Le puissant Conseil des gardiens de la Constitution a approuvé la semaine dernière un texte, déjà adopté par le Parlement le 22 septembre dernier, autorisant tout simplement un père de famille à épouser sa fille adoptive dès l'âge de 13 ans.

Intitulée "Protection des enfants et des adolescents sans tuteur", la loi traite à l'origine de l'obligation pour une mère de porter le foulard islamique devant son fils adoptif majeur, ou à l'inverse pour une fille adoptive devant son père. D'après la Constitution islamique basée sur la charia, seul un membre de la famille (mari, frère, père ou fils) a l'autorisation d'observer une femme sans son voile à son domicile. Ainsi, la loi entend "protéger" la fille adoptée du regard de son beau-père. Mais l'article 27 de ce texte a provoqué l'ire d'un grand nombre de défenseurs des droits de l'homme en Iran, qui y ont vu une légalisation de l'inceste. Pourquoi ?

Légalisation de l'inceste

Interdite en terre d'islam, car jugée contraire aux ordres divins de succession, l'adoption est pourtant tolérée en République islamique d'Iran, mais pas en tant que telle. "Avec le temps, comme le nombre d'orphelins augmentait, une loi adoptée dans les années 1970 a permis à un tribunal de désigner un adulte comme tuteur légal de l'enfant", explique au Point.fr Karim Lahidji, président de la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH). "Ce texte a permis aux parents de prendre la charge de l'enfant et de lui donner leur nom, poursuit l'avocat. Mais cet enfant n'était pas considéré comme légitime au sens religieux du terme, et ses tuteurs n'étaient donc pas ses parents adoptifs."

Cette distinction ne posait pas de problème sous le shah, car la plupart des enfants concernés étaient à l'époque encore mineurs. Mais avec l'avènement de la République islamique en 1979, l'âge minimum du mariage a été rabaissé à 13 ans pour les femmes et à 15 ans pour les hommes. Depuis, plusieurs cas de mariage entre "tuteur" et "enfant adoptif" ont été observés. "Ce type de mariage était jusque-là toléré, mais ne bénéficiait d'aucune autorisation légale", souligne Karim Lahidji. Cette union est désormais gravée dans le marbre. "L'article 27 de la nouvelle loi précise clairement que le tribunal, considérant l'intérêt de l'enfant, peut autoriser la célébration du mariage entre la fille adoptive et son tuteur", pointe le président de la FIDH.

Une pratique rare

Pourtant, d'après Azadeh Kian*, professeur de sociologie à l'université de Paris 7-Diderot interrogée par Le Point.fr, ce genre de pratique est tellement minoritaire en Iran qu'il n'existe même pas de statistiques officielles à ce sujet. "Il ne s'agit que d'une poignée de cas dans des régions reculées", souligne la sociologue. "Ce n'est en aucun cas un débat de société. Fallait-il donc légiférer là-dessus, en sachant qu'une telle loi va renforcer ce genre d'union ?"

L'adoption de la loi fin septembre a suscité l'ire des défenseurs des droits de l'homme en Iran. "Vous ne pouvez ouvrir la voie à ce qu'un père ou une mère soit également un époux", s'est insurgée auprès du quotidien Shiva Dolatabadi, chef de la Société iranienne de protection des droits de l'enfant, ajoutant que "les petits ne peuvent être en sécurité dans ce type de famille". Des affirmations réfutées en bloc par Mohammad Nafrieh, adjoint de l'Organisation iranienne d'aide sociale. Dans un entretien à l'agence de presse ILNA, celui-ci estime au contraire que "l'amendement met fin à la possibilité d'un mariage entre les parents adoptifs et leurs enfants".

Le gouvernement opposé

Le vent d'indignation a pourtant également soufflé jusqu'au coeur du gouvernement iranien. Prenant à partie le Parlement, Maryam Mojtahed Zadeh, la vice-présidente chargée des femmes et de la famille, a par exemple réclamé l'abrogation de la loi controversée. Le nouveau ministre de la Justice et ancien membre des Renseignements iraniens, Mostafa Pour-Mohammadi, est du même avis. "Il faut faire la distinction entre le nouveau gouvernement [modéré, NDLR] et le Parlement qui reste à majorité conservateur, pointe Azadeh Kian. Or, c'est le Parlement qui propose et promulgue des lois en Iran."

Lors de la campagne présidentielle, Hassan Rohani a marqué sa volonté de changement en promettant la fin des "discriminations" à l'encontre des femmes sous son gouvernement. Depuis sa prise de fonction en août, il a nommé trois femmes à des postes de vice-présidente. Mais il se heurte au très conservateur clergé chiite, pour qui la Constitution sert à protéger les femmes de la "décadence" occidentale accusée de les rabaisser au rang de "simple outil".

Intérêt du régime

Ainsi, les Iraniennes ont beau être bien plus avancées que leurs voisines du Golfe - elles sont majoritaires à l'université et accèdent à des métiers de cadre -, elles restent victimes de lois médiévales. Leur témoignage dans un tribunal vaut moitié moins que celui d'un Iranien, et le "prix du sang", l'indemnisation que le responsable d'un meurtre doit payer à la famille d'une victime, est divisé par deux s'il s'agit d'une femme. Quant aux filles adoptives, elles possèdent un dernier sursis, le Conseil de discernement de l'intérêt supérieur du régime, seule instance à même d'annuler la décision des gardiens de la Constitution.

D'après l'avocat Karim Lahidji, cet organe pourrait rendre un avis défavorable s'il estime que la loi n'est pas "dans l'intérêt du régime".

http://www.lepoint.fr/monde/en-iran-un-pere-pourra-epouser-sa-fille-adoptive-15-10-2013-1744281_24.php

jeudi 13 février 2014

«Battre sa femme est une manière de l’éduquer»

Québec : «Battre sa femme est une manière de l’éduquer» (cheikh Hussein Mohamed Amer)

Le cheikh Hussein Mohamed Amer, dans un prêche à la mosquée Aljisr de Laval au Québec, justifie la violence [«pas sévère»] du mari envers son épouse, en dernier recours et dans un but éducatif, quand le mari n’est pas parvenu à la convaincre de retourner sur le droit chemin de l’islam.

«Le prophète Mahomet, la paix soit sur lui, a dit: si les épouses le font, alors les maris doivent les battre, mais pas sévèrement [Muslim 1218]. D’aucuns soutiennent, en lisant ce texte, que la loi islamique permet au mari de battre sa femme, et d’autres affirment que l’islam opprime la femme en permettant au mari de la battre.

Mes frères et mes bien-aimés, l’islam enseigne que battre sa femme est une forme d’éducation, et un dernier recours [littéralement, le «dernier médicament», c’est-à-dire un médicament administré après que tous les autres ont échoué à guérir la maladie, comme dit le hadith :] le dernier médicament brûle [la peau avec du feu].

L'Occident interdit la violence à des fins d’éducation et c’est la position que nous adoptons ici. La vérité est cependant toute autre. Battre sa femme est une forme d’éducation … le mari peut battre sa femme lorsqu’il a épuisé toutes les solutions potentiellement efficaces et qu’il n’y a pas d’autre traitement.

Le coran fait référence au droit du mari de battre sa femme dans le cadre d’une série de traitements: «Et quant à celles dont vous craignez la désobéissance, exhortez-les, [puis si elles persistent] éloignez-vous d'elles dans leur lit, et [en dernier recours] frappez-les. Si elles arrivent à vous obéir, alors ne cherchez plus de voie contre elles [Sourate An-Nisa, 34].

Quand vous avez raison, la femme doit être admonestée, son mari doit lui rappeler ses droits sur elle et elle devrait retourner vers son Seigneur Tout-Puissant. Si les réprimandes et les conseils échouent, le mari doit abandonner le lit conjugal, prendre ses distances avec elle, la snober, éviter de la toucher, et si ce châtiment échoue, le mari est autorisé à la battre selon ce qu'a dit le prophète : pas sévèrement.»

Source : Wife "beating in Islam is a type of education", says Quebec Imam, Alternative Angle, 30 septembre 2013. Traduction par Poste de veille

http://www.postedeveille.ca/2013/10/quebec-battre-sa-femme-est-une-maniere-de-l-eduquer.html

EN-VOILEMENT SOUS PRESSION SOCIALE

Cette oeuvre intitulée "DISPARITION" 
est de l'artiste yémenite Bouchra Almutawakel.

En discutant avec certaines tunisiennes de la raison "subite" de leur en-voilement, il est curieux d'entendre leur raisons :

- Certaines, biens qu'universitaires (pharmacienne, médecin...), ont adopté le voile sans conviction particulière; juste pour le qu'en dira-t-on, de leurs voisins et de leur famille où certaines femmes peu instruites mais voilées, incitent leurs "sœurs" à se voiler, persuadées que le voile est un critère "religieux" de leur bonne moralité !
Comme disent les tunisiens " khoudh el ilm min ras el fkaren " (" instruis-toi auprès de cerveaux obtus, pas plus grands que celui des tortues " !) (proverbe traduisant à la fois l'étroitesse et la lenteur d'esprit des obscurantistes !!).
Au lieu que ce soit les "instruites" qui éduquent les non instruites, en leur ouvrant l'esprit et les yeux; c'est l'inverse qui se produit, puisque les non instruites entraînent, les instruites à l'en-voilement avec des arguments obscurantistes qu'elles semblent gober avec conviction !

- Certaines pourtant étudiantes, l'ont porté sans conviction non plus, mais sous la pression et la menace de leurs collègues " barbus " qui investissent de plus en plus l'Administration Tunisienne et les universités. Comme celle de Kairouan tombée dans les mains des salafistes qui y dictent leurs lois aux étudiantes. Et par l'intimidation, l'insulte, la violence; ils finissent par les "convaincre" de se voiler !

- Aux deux types de femmes récemment envoilées sous "pression", aucune n'a réfléchi sérieusement aux conséquences de son acte, sur elle-même mais aussi sur le statut de la femme en général en Tunisie !

Après discussion, elles ont compris qu'elles étaient utilisées comme porte étendard d'un mouvement politique qui les abuse de leur faire croire qu'il est le défenseur de la foi, de la religion et de la moralité.

- Certaines me disent porter leur voile depuis des années par conviction religieuse.
Après discussion, elles ont compris qu'il n'y a rien de religieux dans ce chiffon, et ce ne sont que les hommes qui lui donnent une "valeur" religieuse ... qui n'est en réalité que politique !

Une m'a dit qu'elle réfléchira mais finira surement par le retirer... car elle se sentirait toute nue si elle le retirait du jour au lendemain ! Ce qui démontre l'impact psychologique de l'accoutrement "religieux" au point que les femmes finissent par se sentir nues sans leur voile !

Une autre travaillant dans l’administration avoue avoir retiré le voile du jour où ses collègues qui l’ont poussée à le porter, commençaient à la harceler de « haram » (ce qui est illicite) et de « halal » (de ce qui est illicite), à propos de tout : ses faits, ses gestes, sa conduite, sa façon de parler … comprenant subitement l’endoctrinement dans lequel elles veulent l’enfermer !

- Certaines m'assurent que bien qu'elles soient envoilées, elles ne cautionnent pas Ghannouchi, qu'elles disent "loin" de leur vraie foi islamique.
Une lui reproche même d'instrumentaliser la religion à des fins politiques, en divisant la société en "bons musulmans" et en "mauvais musulmans", se prenant pour Allah pour juger les hommes ! Ce qui est "hram", dit-elle !

- Plus grave encore, certaines ont été utilisées comme moyen de pression et de vengeance par Ghannouchi qui coopte ses victimes et s'en sert contre ses ennemis !
Des amis m'ont présenté la fille d'un haut responsable sous Bourguiba, chargé des dossiers des islamistes, dont le mouvement naissant sous la houlette de Ghannouchi pratiquait déjà les méthodes des sectes par l'infiltration de leurs opposants et l'endoctrinement de leurs proches ... par cooptation !

A l'âge de 12 ans, elle et sa sœur ont été "approchées" par un groupe de "religieux" pour les convaincre d'adopter leur islam, "le vrai", les assuraient-ils ! L'aînée rebelle, les a envoyés paître et la seconde ayant des problèmes relationnels avec son père s'est laissée convaincre ... et les a suivis.
Ils l'ont convaincue d’abandonner l'école, de se contenter de fréquenter la mosquée et d'apprendre le coran. Ce qu'elle a fait ! Et de manière assidue, elle assistait aux prières à la mosquée d'Ariana, "placée" deux à trois rangs derrière Ghannouchi en personne !
Très vite l'endoctrinement à coup de "halal" (licite) et de "haram" (illicite), d'interdits, de paradis et d'enfer .... a porté ses fruits. Puisqu'elle a fini par s'isoler de sa famille devenue "mécréante" et impure à ses yeux; et qu'elle a très vite porté le voile ... au grand dam de son père !
Ses nouveaux "amis" ne lui laissaient pas de répit jusque chez elle, dans sa chambre ... pour l'endoctriner et veiller à sa "bonne" éducation et surtout pour veiller à ce que ses parents ne la "récupèrent"  ! Evidemment tous ces changements n’étaient pas du goût du père qui faisait la chasse aux islamistes ! L'adolescente vivant sa crise existentielle, jubilait de cette contrariété paternelle !

Au bout de quelques années de "wahhabisation", dont elle ignorait jusqu'au nom cette doctrine, elle a commencé à observer ses nouveaux "amis" décelant leur supercherie, leur hypocrisie, leur mensonges et leur tartuferie !
Un jour elle décide de les quitter et s'isole, dégoûtée de s'être laissée duper et d'avoir gober leurs discours lignifiants sur la religion !!
Après une déprime et une crise d'identité doublée d'une crise mystique, elle a compris que l'Islam n'est pas ce que ces "amis" lui inculquaient !
Par réaction, elle a retiré les voiles et cessé de fréquenter la mosquée pour ne plus les revoir.

A l'âge adulte elle a réalisé qu'elle était manipulée pour servir d'instrument de vengeance pour Ghannouchi qui voulait piéger son père chargé des "dossiers" des islamistes ... en semant le poison wahhabite qu'il était censé combattre ... et ce en l'introduisant jusque dans sa famille !
A son insu, elle a vengé Ghannouchi de l'homme qui le pourchassait, lui et ses sympathisants !
Des années plus tard, elle a regretté d'avoir quitté l'école à 12 ans ... mais pugnace, autodidacte, elle a "suivi" des cours de droit en plongeant dans les cours de son fils inscrit à la fac de droit !

Ce qui m'a fait plaisir, c'est que la plus part de ces tunisiennes, m'ont semblées convaincues de la nécessité de retirer leur chiffon, et même certaines ont franchi le pas et ont retiré leur voile, dont une m'a dit : "Ouf je respire" (ce jour là il faisait 36 °) en le retirant devant moi.
Quand je lui ai expliquée le sens de son "ouf" et de son geste qui pouvaient aussi dire : " Je me libère du carcan que les barbus veulent m'imposer, pour mieux me soumettre à leurs lois prétendument divines ! Et ce en m'instrumentalisant dans un but hypocritement politique de prise de pouvoir tout simplement "; elle a souri et m'a remercié de lui avoir ouvert les yeux.

Devant la vague de wahhabisation, il revient à tous les progressistes d'éclairer les femmes victimes du poids social et de la peur qu'instaurent les salafistes ! Car si les femmes refusaient de jouer le jeu des islamistes, moins grande sera leur "visibilité" par l'étendard qu'ils leur font porter dans la société tunisienne. Ce qui limitera leur influence.
Si elles pouvaient comprendre qu'il y va de leurs intérêts de refuser le port de cet "étendard" pour en faire un acte de résistance à l'obscurantisme et à la soumission aux hommes ... elles éviteront de couper la branche sur laquelle elles sont assises et éviteront à leurs sœurs, filles et mères .... de perdre leurs précieux acquis, uniques dans le monde dit "arabo musulman" : Le Statut de la Femme  !

Que les tunisiennes se rappellent ce qu'il est advenu des iraniennes qui ont joué le jeu des ayatollah, en portant le tchador comme étendard de contestation du Shah d'Iran et de sa dictature.
Mal leur en a pris, car une fois le Shah parti, les ayatollah leur avaient interdit de retirer leurs tchadors sous peine d'amende ... ou de coup de poignard par des fanatiques, pour les plus récalcitrantes !
Plus de 30 après elles ne savent comment faire pour se défaire de leur tchador et de tous les symboles qu'il représente pour elles !
Une prise de conscience tardive d'un piège où elles se sont laissées prendre avec leur consentement !

Les tunisiennes seront-elles plus intelligentes que les iraniennes ?

Rachid Barnat

http://latroisiemerepubliquetunisienne.blogspot.ca/2012/07/en-voilement-sous-pression-sociale.html

samedi 8 février 2014

La France, terre d'asile des victimes de mutilations sexuelles

Malgré les tentatives pour éradiquer les mutilations génitales féminines (MGF) et leur récente reconnaissance comme forme de persécution et de violation des droits humains par les Nations unies, ces pratiques persistent, s'accrochent, meurtrissent encore. Plus de 125 millions de filles et de femmes en ont été victimes dans le monde, 30 millions d'autres pourraient en faire les frais dans les dix prochaines années, selon un rapport publié par l'Unicef en 2013.

En 2012, le Conseil des droits de l'Homme des Nations unies a pourtant adopté une résolution appelant à l'interdiction de la mutilation génitale féminine (MGF). Le 15 mars 2013, la France se félicitait de l'adoption de conclusions sur la prévention et l'élimination des violences contre les femmes et les filles. Peu à peu, la stigmatisation et l'interdiction des MGF a fait son chemin. Si dans la plupart des pays où ces pratiques sont en vigueur, les femmes sont les premières à les exécuter, elles sont de plus en plus nombreuses à vouloir y mettre un terme. Et pour se protéger, elles ou leurs filles, nombre d'entre elles choisissent l'exil. Selon l'UNHCR, 20 000 femmes originaires de ces pays demandent l'asile à l'Union européenne (UE) chaque année.

La France est la destination privilégiée par celles qui ont été mutilées ou qui risquent de l'être. En 2011, 4 230 femmes, jeunes filles et fillettes - en majorité originaires de Guinée, du Mali et du Congo – y ont demandé l'asile ; environ 670 demandes étaient directement liées aux risques de MGF dans leur pays d'origine. Fatiha Mlati, directrice de l'intégration à France Terre d'asile, insiste pour un accueil ciblé de ces femmes en situation de fragilité. Interview lors du colloque "Excision : les défis de l'abandon".

FRANCE 24 : Il a fallu attendre 2012 pour que la France reconnaisse les MGF comme un motif recevable à la demande d'exil. Pourquoi si tard ? Fatiha Mlati : Il a fallu attendre trente ans, et que le mouvement féministe passe par là, pour que les mutilations sexuelles s'inscrivent dans le champ des persécutions faites aux femmes.

Avant, ces pratiques n'étaient pas condamnées, ni en France, ni au niveau international, au nom du relativisme culturel. Sous ce prisme, et au nom du droit à la différence, l'excision était considérée comme une coutume, donc explicable et acceptable. Mais le combat contre les MGF relève des droits de l'Homme et ils sont universels. Il s'agit de défendre l'idée que le corps de la femme lui appartient et que nul ne peut contrôler son désir ou sa fécondité. Et c'est d'ailleurs pour cela que nous, qui travaillons à défendre le droit à l'intégrité des femmes, plaidons pour la reconnaissance du "genre". Les mutilations sexuelles contribuent-elles à la construction sociale des sexes ?

F. M. : Tout à fait. Il faut bien comprendre que l'excision est un outil de domination patriarcale pour contrôler le corps, le désir, la sexualité des femmes. Les MGF font partie des persécutions liées au genre. Le "genre" est un concept, un outil de protection et de compréhension. C'est une grille de lecture des rapports sociaux, qui permet de combattre le relativisme culturel et de sortir d'une vision uniquement centrée sur le sexe. Cela souligne qu'aucune coutume, tradition ou considération religieuse ne peut justifier ces violences.

La "théorie du genre", telle qu'elle nous a été présentée dans les récentes manifestations et marches pour la vie, est une manipulation des réseaux de droite et d'extrême droite. Ses pourfendeurs se saisissent de débats de société pour défendre une France mythique, repliée sur elle-même et sur ses valeurs. Comme ils s'étaient saisis de la question migratoire, qui a toujours été instrumentalisée politiquement. La France est le pays des droits de l'Homme, le pays choisi pour cela par les demandeurs d'asile, elle doit se battre avec force pour ses valeurs. Quels sont les défis de la France dans la poursuite du combat qu'elle mène depuis des années contre les MGF ?

F. M. : On ne pourra prendre en compte, de manière spécifique et avec qualité, les femmes victimes de MGF que si l'on repose la question de l'ensemble du système d'asile, en crise. Tous ses compteurs sont au rouge. Il faut des procédures justes et transparentes, dans des délais raisonnables, un accompagnement et un hébergement proposés systématiquement. Et recueillir le récit de ces femmes dans des conditions optimales pour aider à leur insertion. Pour les femmes demandeuses d'asile, quand elles obtiennent la protection de la France et qu'elles ont vocation à rester sur le territoire national, il y a des actions à mener en terme d'inclusion sociale. Apprendre la langue, trouver un logement, un travail, mais aussi des éléments de l'ordre de la formation citoyenne. Il faut qu'une aide à la compréhension et à l'appropriation des valeurs républicaines soit mise en œuvre. C'est le meilleur moyen de combattre la reproduction des mutilations génitales féminines parmi les populations immigrées en France.

http://www.news-republic.com/Web/ArticleWeb.aspx?regionid=2&articleid=18727295

Arabie Saoudite: la mort d'une étudiante met en lumière le poids de la religion

En Arabie Saoudite, la mort d'une jeune étudiante, victime d'un malaise cardiaque à l'université pour filles de Riyad, non secourue à temps, suscite la controverse sur les réseaux sociaux. Les gardiens de l'université sont accusés d'avoir empêché l'ambulance de pénétrer dans l'enceinte de l'université. En Arabie Saoudite, l'application de la loi islamique impose des restrictions aux femmes. Celles-ci ont notamment besoin d'un tuteur pour travailler, voyager, se marier et n'ont pas non plus le droit de conduire.

Avec notre correspondante à Riyad, Clarence Rodriguez

Amna était son nom. Agée à peine de 19 ans, elle était étudiante en sciences médicales à l’université du Roi Saoud, université des filles. Cette jeune saoudienne souffrait de problèmes cardiaques depuis l’âge de 4 ans.

Ce dimanche 2 février, elle ressent une forte douleur au bras gauche. Elle décide alors de se rendre à l’infirmerie et appelle son frère. Les urgences de l’hôpital King Faysal sont alertées. Mais l’ambulance est stoppée à l’entrée. Elle ne parvient pas à pénétrer dans l’enceinte de l’université et pour cause, les ambulanciers sont des hommes.

Au nom de la charia, au nom de la non mixité en Arabie Saoudite, personne à la direction de l’université n’a osé prendre la responsabilité de les faire entrer. Une vie est pourtant en jeu. Mais c’est une jeune femme. Trente minutes plus tard lorsque l’ambulance parvient enfin à entrer, Amna succombe à une crise cardiaque.

L’affaire a fait non seulement beaucoup de bruit dans les réseaux sociaux. Mais elle met aussi en émoi une frange de la société saoudienne dite « progressiste » qui pointe du doigt les responsables de l’université du Roi Saoud qui n’ont pas su faire preuve de bon sens avant tout, craignant sans doute une réaction violente de la police religieuse qui pourrait prendre la décision irréversible de fermer cette université pour filles.

Des étudiantes qui non seulement étudient mais trouvent aussi une fenêtre pour fuir un quotidien souvent jalonné de contraintes.

http://www.rfi.fr/moyen-orient/20140208-arabie-saoudite-polemique-mort-etudiante-poids-religion-universite-roi-saoud

lundi 27 janvier 2014

Charte du Québec: les intégristes passent aux menaces et aux dénonciations

Le blog de Mireille Vallette

Ce texte reflète l'inquiétude des partisanes de la charte de la laïcité du Québec. Il est cosigné par Evelyne Abitbol, consultante en développement international, Djemila Benhabib, auteure et conférencière, Leila Lesbet, militante des droits des femmes et Michèle Sirois, présidente de Pour les Droits des femmes du Québec.

La Charte de la laïcité du Québec en est au stade des auditions. Dans cette campagne, le caractère radical de nombreux mouvements musulmans du Québec, et pas des moindres, devient de plus en plus évident (voir par exemple le site Poste de Veille). Les fondamentalistes passent au stade supérieur, celui de l’intimidation et des menaces. Voici ce texte lié à une conférence de presse (c'est moi qui ai mis certains passages en gras).

Charte des valeurs: intimidation ou séduction, c'est selon?

Jamais nous ne pensions être obligées au Québec de solliciter la presse ou la police pour protéger et défendre des femmes québécoises originaires du Maghreb et du Moyen-Orient, qui sont des démocrates et qui se prononcent en faveur de la laïcité.

Jeudi 23 janvier, nous tenions une conférence de presse organisée en moins de 24 Michele-Sirois.jpgheures afin de stopper l'intimidation et la tendance qui commence à se dessiner au Québec, soit de salir, dénigrer, menacer, ridiculiser, etc. les femmes qui osent se prononcer pour la laïcité de l'État. Ce phénomène n'est que plus féroce depuis le début des audiences sur le projet de loi 60.

Spontanément, les organismes suivants ont donné leur appui et étaient présents lors de la conférence de presse: Pour les droits des femmes du Québec (PDF - Québec), Coalition Laicité Québec (CLQ), le Mouvement laïque québécois (MLQ), l'Association québécoise des Nord-Africains pour la laïcité (AQNAL), quelques Janette, l'Association des Humanistes du Québec, des membres de l'Association féminine d'Éducation et d'action sociale (AFEAS), etc.

Étaient également présentes des personnes interpelées par la démarche: Martine Desjardins, porte-parole du mémoire déposé à l'Assemblée nationale au nom du Rassemblement pour la laïcité, l'auteure Yolande Geadah ainsi que de nombreux hommes tel que Karim Akouche, auteur et dramaturge, qui présentera son mémoire sous peu, etc.

Nous, Evelyne Abitbol, Djemila Benhabib, Leila Lesbet et Michèle Sirois, nous nous sommes organisées aussi rapidement que possible pour protéger certaines femmes québécoises en faveur de la laïcité. Ces femmes qui sont originaires du Maghreb et du Moyen Orient ont été dénigrées et menacées autour de nous. Notre objectif était qu'elles se sentent entourées et qu'elles sachent que nous sommes solidaires. Ces femmes subissent en ce moment une pression qu'elles ont de la difficulté à vivre, que ce soit dans le cyberespace ou dans leurs vies familiales et sociales.

Lorsque Evelyne Abitbol a initié la déclaration que vous trouvez sur le site etreensemble.ca, toutes étaient fières d'apposer leur signature et de s'affirmer comme Québécoises laïques en participant à la vie citoyenne de leur pays d'adoption. Nous étions fières aussi de réunir des femmes juives, musulmanes, berbères, chrétiennes, athées. Nous exerçons la religion et parfois plusieurs traditions qui nous plaisent dans nos espaces privés. Nous sommes démocrates et défendons la neutralité de l'État, la laïcité de ses institutions publiques.

Nous savions lorsque nous avons signé la déclaration sur le site que ce n'était pas sans risque. De nombreuses femmes qui avaient été interpelées pour la signature avaient déjà manifesté leur crainte de signer la déclaration. Par ailleurs, plusieurs ne l'ont pas fait par crainte de représailles et de menaces.

Ces femmes, qui se disent laïques, nous ont encouragées dans notre démarche, parce que, nous ont-elles dit, nous les soulagerions d'un grand poids, soit celui de la pression de leur communauté, des hommes de leur famille, etc.

Nous pouvons affirmer à nos intimidateurs qu'ils ne nous font pas peur et que personne ne nous fera taire.

Tahar Djaout, poète, écrivain et journaliste, assassiné en 1993 a écrit: «Le silence, c'est la mort, et toi, si tu te tais, tu meurs et si tu parles, tu meurs. Alors dis et meurs

La tactique est la même

Depuis que les audiences publiques sur le projet de loi 60 ont débuté, les intimidations notamment auprès de témoins, se sont multipliées sur les réseaux sociaux, par téléphone et dans un site qui semble dédier son contenu aux nouvelles des musulmans du Canada. La tactique employée est la même. Mais cela peut aller jusqu'à interpeler le mari en le ridiculisant de ne pas être capable de retenir sa femme, en téléphonant à des membres de la famille qui sont plus religieux, qu'ils résident ici ou dans leur pays d'origine afin d'exercer une pression indue.

Le Québec n'était pas sensibilisé à cette problématique, jusqu'à ce que des femmes musulmanes comme Fatima Houda Pepin, aient eu le courage d'aller au front et de dénoncer les forces souterraines, les lobbies à l'œuvre dans le tissu social québécois.

Ces groupes sont organisés, passent sur les lignes ouvertes, interpellent les médias en les ralliant à leur cause, et surtout en séduisant, en maniant la terminologie propre au développement démocratique et aux droits de la personne.

Nous connaissons malheureusement la suite. Ce sont des groupes qui se servent des plus naïfs chez qui on sollicite la compassion pour arriver à ses fins et ensuite imposer ses diktats religieux.

Ce qui s'est passé ailleurs dans le monde n'a plus besoin d'être relaté et devrait refroidir les ardeurs de ceux qui, ici, sont motivés par de nobles intentions mais, sans s'en rendre compte, protègent les intégristes religieux. Ailleurs, des hommes et des femmes ont été assassinés pour avoir osé être en faveur de la laïcité de l'État.

Ces groupes sont présents sur les réseaux sociaux qu'ils scrutent, où ils passent leurs journées à intimider, bloquer leurs serveurs informatiques, et à publier des textes pour dénigrer celles qui osent se prononcer en faveur de la neutralité de l'État et de la laïcité.

Nous ne nous retirerons pas du débat ni ne nous tairons. Et surtout pas sous les coups de la menace d'ostracisme ou d'excommunication.

Trois points sur lesquels nous insistons

Le premier point: nous demandons que soient retirées du site TheMuslimNews.ca Québec les pages qui ciblent des femmes, remettent en question l'intégrité de leurs témoignages et dénigrent ouvertement leurs propos.

Après notre intervention publique du jeudi 23 janvier, bien que certains tweets ridiculisant des femmes aient été retirés, certains noms continuent d'y circuler et le site en question se dit victime d'intimidation. Il est à noter qu'il est difficile d'intimider un site sur lequel des textes sont publiés sans signature et surtout sans que les personnes qui alimentent le site soient identifiées.

Nous agissons non seulement à visage découvert, mais également sous nos identités réelles, contrairement à ces personnes qui se cachent derrière leur écran.

Les cosignataires du manifeste Femmes québécoises laïques originaire du Maghreb et du Moyen-Orient sont toujours directement ciblées par ces groupes. Après avoir été dénoncés sur Twitter en publiant la capture d'écran de la page où nous étions nommées «informatrices indigènes» - nous vous passons ici la définition du mot indigène, un tant soit peu méprisant qui fait référence à la colonisation - aussitôt le titre a changé pour «Qui représentent-elles?». Nous faisons assurément face à des gens qui savent utiliser les réseaux sociaux et le web pour intimider.

Le deuxième point sur lequel nous insistons: nous considérons que l'action entreprise par le Collectif québécois contre l'Islamophobie est des plus inquiétantes et vise ni plus ni moins à réduire le champ de la liberté d'expression et à soustraire les religions, en particulier l'islam, à toute critique.

D'autant plus que cet organisme a rendu public un soi disant sondage de ses membres qui les invitait à répondre à la question: «Qui sont les plus grands islamophobes de l'année 2013 au Québec?» Fatima Houda Pépin et Djemila Benhabib ont été nommément citées en plus des animateurs Richard Martineau et Benoit Dutrizac ainsi que le ministre responsable des Institutions démocratiques et de la Participation citoyenne, Bernard Drainville.

Nous nous interrogeons sur les motifs réels de ce palmarès et exprimons nos plus vives inquiétudes face à l'impact que peut créer une telle démarche sur la participation citoyenne, entre autres, des femmes démocrates québécoises, y compris celles issues des communautés immigrantes.

Le troisième point: nous demandons également que soient protégés les témoins, surtout les femmes qui se présentent à la commission parlementaire sur le projet de loi 60, afin que ces dernières ne subissent pas des pressions indues. Un des moyens de les protéger est de leur assurer, entre autres, qu'elles peuvent se présenter auprès des autorités policières sans être dénigrées ou ridiculisées par leur démarche et sans que la violence psychologique dont elles sont victimes ne soit banalisée.

Ce type d'intimidation ne fait que commencer au Québec. Nous insistons pour dénoncer cette intimidation avant que ces agissements ne deviennent monnaie courante dans notre société. Il en va de la sécurité de plusieurs d'entre nous et du maintien de la paix sociale entre les diverses communautés du Québec.

Quant au site TheMuslimNews.ca Québec, qui sont ces individus qui ne signent pas leurs textes et qui ne se présentent pas sur leur site? Par qui ces individus sont-ils payés? Qui les pilote? De quel pays sont-ils téléguidés?

Ce sont des questions que nous nous posons mais nous ne sommes ni journalistes d'enquête, ni policières.

Texte paru dans le Huffington Post.

Conférence de presse:

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=oCeBKSqaLwM

http://boulevarddelislamisme.blog.tdg.ch/archive/2014/01/27/temp-f945615ad5da2e3a280372b06216b4ad-252314.html

Le voile n’est pas moins grave que l’excision - 26 Mai 2007


En Iran, Chadortt Djavann a porté le voile pendant dix ans. C’était ça ou la mort. Qu’on l’accepte en France met l’auteure en colère.

Chahdortt Djavann, jeune femme frêle de trente-cinq ans, tombée sous le charme de la langue française quand elle est arrivée de son Iran natal, il y a douze ans, a trempé sa plume dans l’acide pour écrire Bas les voiles ! (1). Elle-même voilée de treize à vingt-trois ans, Chadortt Djavann est bouleversée de découvrir dans les rues de son pays d’accueil de plus en plus de jeunes filles la tête enserrée par un tissu sombre. Et elle est en colère contre certains intellectuels français qui, au nom du respect de la différence culturelle, se rendent complices, à ses yeux, de l’action des islamistes. Virulente, la jeune femme en appelle à la raison, à la laïcité et au respect des droits de l’homme pour interdire le voile, non seulement à l’école, mais dans toutes les institutions républicaines et sur tous les lieux de travail. Et partout en ce qui concerne les mineures.

Chadortt Djavann clame qu’elle sait de quoi elle parle. " Habiter, dix ans durant, un corps enfoui sous le noir, un corps condamné à l’enfermement, laisse des marques indélébiles. Quoi de plus injuste, de plus aliénant, que d’infliger à une adolescente l’enfermement sous le noir et la honte de son corps parce qu’il est féminin. Le voile n’est pas moins grave que l’excision. Il n’y a pas de jour avec et de jour sans, la jeune fille devient un être sous le voile. Ca fait partie de son être social, psychologique, sexuel, personnel. En voilant une fille, on lui inculque son infériorité, la culpabilité de sa sexualité et, surtout, on lui dit qu’elle n’est pas dans le droit, qu’elle n’a pas le droit. "

Une discrimination que Chahdortt Djavann, pour l’avoir vécue et fuie, ne supporte pas dans ce pays où l’histoire du combat pour l’égalité des sexes est longue. " Dans les sociétés musulmanes, les femmes sont invisibles, enterrées, parce qu’on ne peut pas les exterminer. On en a besoin pour procréer, pour assouvir les besoins sexuels des messieurs… Comme on ne peut pas les exterminer, on les ensevelit sous le noir. Dans tous les systèmes les plus barbares, on voile les femmes. Pourquoi le supporte-t-on ici ? Parce qu’il s’agit de femmes et de musulmanes. Au nom de la différence culturelle ? Pourquoi ne pas accepter la lapidation et l’excision en ce cas ? Dans tous les pays musulmans, il y a des mariages de jeunes mineures avec des messieurs vieillissants. C’est une différence culturelle, n’est-ce pas ? Mais ici elle est considérée comme un délit : la pédophilie. Qu’en pensent ces intellectuels et les islamologues ? "

Quand on prononce les mots " liberté individuelle ", la jeune auteure bondit : " Si, aujourd’hui, des jeunes juifs commençaient à porter l’étoile jaune, en clamant " c’est ma liberté " ; si des jeunes Noirs décidaient de porter des chaînes au cou et aux pieds, en disant " c’est ma liberté ", la société ne réagirait-elle pas ? " Quand on tente de nuancer en employant les mots foulard ou bandeau, elle rétorque : " Entre la burka et le foulard coloré, la signification est la même. Parler de foulard, de bandeau n’est qu’une lâcheté sémantique, c’est une misérable ruse rhétorique. De plus porter le foulard, ici, est un appui aux dictatures islamistes qui imposent la burka là-bas. Le voile est l’emblème même du dogme islamiste. L’islam peut tout à fait vivre sans, mais il n’y a pas de pays islamistes sans le voile. "

Pour Chahdortt Djavann, l’attitude conciliante avec le voile n’est pas sans danger. Car, d’un côté, le Front national décrète que les musulmans ne sont pas intégrables – " les femmes voilées, bizarrement, font parfaitement écho à cette " France algérienne " dont parle Le Pen " -, de l’autre, un populisme islamiste – " qui s’appuie, hélas, sur une réalité " – tient un langage de victimisation aux jeunes issus de l’immigration : " Jamais vous ne serez intégrés dans la société française, vous serez toujours considérés comme des bougnoules, comme des beurs. Les islamistes s’appuient sur ce discours pour militer pour un retour aux dogmes religieux, pour créer un communautarisme. La convergence de ces deux populismes est extrêmement dangereuse. " Et la jeune femme de lancer : " Il est temps d’agir, et radicalement. La République française doit prendre ses responsabilités, et reconnaître les enfants issus de l’immigration tiers-mondiste comme des citoyens à part entière. Elle doit reconnaître le port du voile pour les mineures comme une maltraitance. Les parents et tous les adultes qui incitent les filles à le porter doivent être sanctionnés. "

Dany Stive, L’Humanité, 9 octobre 2003.

http://djavann.wordpress.com/2007/05/26/le-voile-n%E2%80%99est-pas-moins-grave-que-l%E2%80%99excision/

dimanche 26 janvier 2014

L'intimidation des femmes pro-charte dénoncée

Conférence de presse - Quatre féministes de "Pour le Droit des Femmes du Québec" dénoncent l'intimidation via les réseaux sociaux contre les femmes qui ont témoigné en faveur de la charte de la laïcité. Evelyne Abitbol, Michèle Sirois, Liela Lesbet, Djemila Benhabib prennent la parole et posent des questions graves aux médias et aux autorités.


GB : une fratrie musulmane tente de kidnapper une « salope blanche infidèle »



(traductions + résumés) Lancashire – Six membres d’une famille musulmane traditionaliste ont été incarcérés. Ils avaient menacé de mort, violenté, et tenté de kidnapper une jeune anglaise de souche qui entretenait une relation amoureuse avec l’une des sœurs de la fratrie.

La famille musulmane n’approuvait pas la relation homosexuelle que Namza, l’une des neuf enfants, entretenait avec une femme blanche et non-musulmane. La famille souhaitait que Namza contracte un mariage arrangé au Pakistan avec un cousin. Après des échanges de textos qui évoquaient la nécessité de « défoncer cette salope blanche infidèle » [vocabulaire anglais : "battering that bitch" /"a kaffir" / "honkey"], ils ont tenté d’enlever la jeune anglaise. L’agression perpétrée par trois des soeurs et « supervisée » par l’un des frères, a été filmée par des caméras de surveillance (extrait vidéo ci-dessous, 17 secondes). Ils ont tenté d’enfermer la jeune femme dans le coffre d’une voiture.



Au tribunal, il a été révélé qu’un enseignant de la mosquée avait recommandé « d’agir avant qu’il ne soit trop tard » et avait « autorisé la violence ». Le juge a estimé que leurs actes étaient motivés par la haine raciale et religieuse. Les condamnations prononcées vont de 3 à 6 ans de prison.

http://informations-nationales-francaises-et-d-europe-non-censurees.fr/gb-une-fratrie-musulmane-tente-de-kidnapper-une-salope-blanche-infidele-video/

http://pamelageller.com/2014/01/six-muslims-abduct-assault-english-lesbian-blackburn-lancashire.html/#

samedi 25 janvier 2014

A Saint-Denis, une maternité prend en charge les femmes victimes de mutilations génitales

La maternité de l'hôpital Delafontaine a ouvert un service dédié à la réparation des femmes excisées. En France, elles seraient entre 30 000 et 60 000.

A un kilomètre de la basilique de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), au croisement de l’autoroute A1 et de la nationale 183, l’architecture moderne de la maternité de l’hôpital Delafontaine, inaugurée en 2011, contraste avec la vétusté des HLM qui l’entourent. Il y a un an, cette maternité dernier cri où naissent 4 000 bébés par an, a ouvert un service dédié à la réparation chirurgicale des mutilations sexuelles féminines.

« Ici, un tiers des patientes qui accouchent ont subi des mutilations génitales », explique le docteur Ghada Hatem, responsable du service de gynécologie-obstétrique et instigatrice du projet. « Lorsque nous nous sommes rendu compte de l'ampleur de la pratique et de l'absence de centre de prise en charge dans le département, nous avons eu le sentiment qu'il était de notre devoir d'ouvrir une structure à Saint-Denis », poursuit-elle. Delafontaine est aujourd'hui le seul établissement de Seine-Saint-Denis, à proposer un chemin clinique adéquat.

Trois chirurgiens, deux sages-femmes, une infirmière, un psychologue et un sexologue - tous formés chez le docteur Pierre Foldes, spécialiste de la réparation vulvaire - composent l'équipe qui encadre les excisées. Ici, la prise en charge ne se résume pas à une simple intervention chirurgicale. « On a voulu mettre en place une structure où l'on puisse accueillir les femmes dans de bonnes conditions pour leur proposer une écoute adaptée », résume Ghada Hatem.

« Ces femmes ne connaissent pas le plaisir »

Tous les premiers mardis du mois, un groupe de parole a été créé pour permettre aux femmes de partager leur expérience. Car chaque histoire est singulière et les demandes varient selon les patientes. Certaines découvrent sur le tard avoir été excisées, d'autres vivent avec le souvenir douloureux de leur opération traumatique. Le suivi psychologique est souvent indispensable. La réparation, elle, n'est pas systématique.

La maternité propose également des consultations sexologiques pour celles qui ont subi une réparation vulvaire. Car l'excision touche à un domaine très personnel : « Ces femmes ne connaissent pas le plaisir, elles ont des douleurs lors des rapports sexuels, ajoute Sarah Abramowicz, assistante chirurgienne.

Chaque semaine, la jeune spécialiste, auteure d'une thèse sur les mutilations génitales féminines, reçoit quatre à cinq mutilées lors de ses consultations. Son collègue, Stéphane Bounan, consacre, lui, un tiers de ses rendez-vous gynécologiques à l’excision. Des créneaux horaires leur sont spécialement réservés. « Le but est que ces femmes n'attendent pas pendant des mois avant de pouvoir voir un médecin », explique-t-il.

« Lever les tabous »

Attentifs, sages-femmes et médecins sont également formés pour dépister les cas de mutilation. Le matin, lorsqu'ils effectuent la revue des accouchements et qu'une femme excisée a été signalée, l'équipe se réunit. Quelles lésions a-t-elle subi ? Est-elle au courant ? Les médecins partent ensuite à la rencontre de la jeune maman. Certaines refusent d'aller plus loin, d'autres entament un long processus de reconstruction.

« L’erreur à ne pas commettre, c'est de constater un problème et de ne pas en parler. La meilleure façon de lutter contre la violence est de lever les tabous », explique Stéphane Bounan, un des chirurgiens du service. Le docteur Abramowicz ajoute qu’« en venant ici, beaucoup tirent un trait sur leur famille. En s'opposant à la tradition, ces femmes sont dans une démarche militante », insiste-t-elle.

Fondée sur des mythes ancestraux, l’excision n’a pas de religion. Chrétiens et musulmans l'ont pratiqué. Nefertiti, l’épouse royale du pharaon Akhenaton, qui a vécu vers 1370 avant J.-C., était elle-même mutilée. Aujourd'hui, l'Unicef estime que 97 % des femmes égyptiennes, 80 % des Ethiopiennes et 90% des Maliennes seraient excisées.

Un service qui souhaite former les professionnels de santé

Malgré les mesures prises sur le plan légal dans les années 1980 et les premiers procès intentés contre des parents et des personnes ayant pratiqué une mutilation génitale, le droit français ne dispose pas de qualification juridique pour les faits d'excision. Parallèlement, le nombre d'excisées reste encore mal connu des services publics. En France, selon les dernières études datant des années 1990, elles seraient entre 30 000 et 60 000 à être excisées.

A 15 kilomètres de Saint-Denis, Emilie Bourges, une jeune généraliste de 30 ans, exerce depuis trois ans dans la commune de Sevran (Seine-Saint-Denis). Après un parcours de médecine générale et un diplôme universitaire en gynécologie, la jeune femme manifeste son malaise : « Je n'avais jamais vraiment entendu parler de l'excision avant qu'une de mes patientes ne me confie avoir subi une mutilation. Je n’ai alors pas su comment réagir. Pourtant, j'ai fait des stages de gynéco dans le département, mais je n'avais jamais traité le problème », indique-t-elle.

Outre la diffusion du savoir et la formation des spécialistes et des généralistes afin qu'ils soient capables de dépister les cas d'excision, la maternité de l’hôpital Delafontaine mise sur la sensibilisation du personnel de santé. Bien que l’excision touche des milliers de femmes, le sujet n'est jamais abordé au cours des huit années d'études de médecine générale. « Il y a une base à connaître, un minimum devrait normalement être enseigné à la faculté, or ,ce n’est pas le cas », explique Stéphane Bounan.

Combler des lacunes

Le sujet est d'autant plus déroutant pour les médecins qu'il est parfois difficile de savoir si une patiente a été excisée. Le geste, effectué avec une lame et sans anesthésie, n'a rien de chirurgical. Les séquelles sur le sexe de la femme varient d'une patiente à l'autre. Des gynécologues peuvent examiner une excisée pendant des années sans s'en apercevoir.

De l'ablation du clitoris à l'infibulation (suture des grandes ou petites lèvres de la vulve), la pratique de l'excision diffère selon les traditions. « Dans mon ancienne maternité, une sage-femme a recousu une femme infibulée qui venait d'accoucher. Elle pensait bien faire mais en réalité elle venait de la réinfibuler », explique Sarah Abramowicz.

Pour tenter de combler les lacunes, le service de réparation vulvaire de l’hôpital de Saint-Denis dispense deux types de formations. En interne, les sages-femmes sont régulièrement réunies en petits groupes pour assister à des stages, au cours desquels les médecins explicitent les méthodes de dépistage, photos à l’appui. Pour faire circuler les connaissances, le service participe également à des congrès et propose des heures de formation pour les généralistes. « Le gros problème, c'est que les médecins sont débordés. Ils manquent de temps, nous avons encore peu de demandes », tempère Stéphane Bounan.

L'équipe compte aussi sur son réseau d'internes pour propager le savoir. Dix étudiants intègrent leurs rangs tous les six mois. Autant de futurs médecins qui sauront alors rediriger leurs patientes, « car il est essentiel que nos confrères sachent de quoi il s'agit pour qu'ils puissent nous envoyer des femmes qui souhaiteraient en parler », conclut Sarah Abramowicz, avant d’enfiler sa blouse et de décrocher son téléphone. Une femme est en train d’accoucher. C’est elle qui est appelée pour effectuer la césarienne.

Emile Costard (Monde Académie)



vendredi 24 janvier 2014

L'intimidation des femmes pro-charte dénoncée - 23 janvier 2014

Conférence de presse - Quatre féministes de "Pour le Droit des Femmes du Québec" dénoncent l'intimidation via les réseaux sociaux contre les femmes qui ont témoigné en faveur de la charte de la laïcité. Evelyne Abitbol, Michèle Sirois, Liela Lesbet, Djemila Benhabib prennent la parole et posent des questions graves aux médias et aux autorités.
http://www.youtube.com/user/QcHumaniste?feature=watch

vendredi 27 décembre 2013

Aide-mémoire à celles parmi nos féministes si promptes à considérer le voile islamique

Pierre Godin 27 déc.2013
Pour elles, j’ai tissé ce patchwork. Il fera frémir celles qui semblent avoir oublié qu’elles ont le bonheur de vivre dans un État de droit reconnaissant le caractère inviolable de la personne humaine, l’égalité homme/femme et la séparation de l’Église et de l’État. Notions étrangères à l’univers mental de la faction intégriste de l’islam, mais qui sont au cœur de la charte des valeurs de Pauline Marois rejetée par le Conseil du statut de la femme et la Fédération des femmes du Québec.
Même si dans l’affaire du voile islamiste, il faut voir plus loin que le bout de son nez, et être conscient du sort réservé à la femme dans certains pays arabes, vous aurez compris que tous les musulmans de la planète bleue ne sont pas des intégristes. Cela dit, voyons un peu. En Égypte et en Tunisie, les dictateurs s’en sont allés, chassés par de jeunes imbus d’idéaux démocratiques grappillés sur le Web, pour être remplacés aussitôt par d’autres potentats : les Frères musulmans et les salafistes, aussi hostiles les uns que les autres aux valeurs laïques et démocratiques. Dans les pays soi-disant « libérés » à la faveur du printemps arabe, on a vite vu planer au-dessus de la tête des femmes l’aigle noir de la lugubre charia islamiste pérennisant la misogynie mâle depuis des siècles.
Aux Émirats Arabes Unis, la Cour suprême a tranché : un homme peut battre sa femme du moment qu’il ne laisse aucune trace — Vive les Émiriennes libres !
Tout à côté, dans la richissime Arabie Saoudite, les femmes réclamaient le droit de conduire une automobile comme les hommes. Manal Al-Sharif, 32 ans et mère d’un enfant, défia l’interdiction sexiste. Neuf policiers de la brigade « de la promotion de la vertu et de la prévention des vices » ( sic ! ) l’interpellèrent à l’aurore. Durant cinq longues journées, ses bourreaux mâles la menacèrent de lui faire perdre son emploi de consultante en informatique et de lui enlever la garde de son enfant, si elle ne reconnaissait pas sa « faute » par écrit. On était revenu au temps des purges staliennes où l’accusé devait confesser son « crime » par écrit avant d’être exécuté anyway ! Vive les Saoudiennes libres !
Dans ce pays encore, même les étrangères étaient à risque. Comme cette jeune Norvégienne de 24 ans condamnée à seize mois de prison après avoir été… violée. Pour le phallocrate juge saoudien, Marte Dalelv avait couru après, car elle avait consommé de l’alcool et eu des relations sexuelles au cours d’une partouze avec ses collègues de travail à Dubaï. Que ces rapports sexuels lui fussent imposés par un violeur ivre ne changeait rien pour la « justice » saoudienne. Elle devait être punie.
« Qui protège les femmes yéménites des crimes des voyous ? » scandèrent de leur côté une centaine de femmes en colère. Après avoir empilé leur voile et leur robe noire sur l’une des grandes artères de Sanaa, capitale du Yémen, elles les brûlèrent en guise de protestation contre l’assassinat de trois d’entre elles survenue deux jours plus tôt. Vive les Yéménites libres !
« Violez-moi ! Épousez-moi ! Ma vie est vaine. Je suis Marocaine », crièrent pour leur part des centaines de femmes en brandissant des banderoles dont l’une proclamait : « Amina martyre. Nous sommes toutes des Amina. Halte aux violences contre les femmes ! Abrogez la loi ! » Une manif de protestation contre le suicide d’Amina, 16 ans. Mariée de force à l’homme qui l’avait violée à la pointe du couteau, la jeune martyre avait avalé de la mort-aux-rats. Dans ce pays intégriste qui se pique d’idées modernes, le violeur échappe à la prison s’il épouse sa victime, lavant ainsi « l’honneur » de sa famille, mais condamnant sa « tendre moitié » à l’horreur. Vive les Marocaines libres !
En Tunisie, il est périlleux d’affronter la morale obscurantiste des salafistes. Bravant un congrès de salafistes, Amina Sboui avait exhibé ses seins nus à la manière provocante des Femen qui dénoncent le sexisme et l’oppression dont les femmes sont victimes partout dans le monde. Sa poitrine nue était barrée des mots « Fuck your morals » et « Mon corps m’appartient, il ne représente l’honneur de personne ». Allusion aux atroces crimes d’honneur dont les femmes sont victimes en Tunisie. Elle s’est retrouvée internée dans un hôpital psychiatrique. À sa sortie, « Amina la folle », comme écrivait la presse de service, fut placée en résidence surveillée, flanquée de deux gardiens misogynes, son papa et son oncle, en attente de son procès. Vive les Tunisiennes libres !
En Turquie, État laïque et démocratique depuis sa fondation par l’Ataturk qui avait fait de l’armée la garante de la laïcité, il a suffi de l’élection d’un gouvernement islamiste prétendument « modéré » pour que le voile fasse un retour en force. Le premier pas fut franchi par le président Gül qui l’imposa à sa femme dans les cérémonies publiques. Une guerre s’ensuivit, perdue par les partisans de la laïcité qui ne purent bloquer le retour du foulard à l’université d’où il était banni depuis 1923, année de la naissance de la Turquie laïque. Et quand le misogyne premier ministre Erdogan interdit aux jeunes du pays de boire de l’alcool, de s’embrasser dans la rue, et ordonna aux femmes de porter le hidjab, la place Taksim, au cœur d’Istanbul, fut prise d’assaut par des milliers de femmes chassées à coups de trique par les gorilles du régime.Vivre les Turques libres !
Chez les ayatollahs iraniens, la femme a beau être médecin, ingénieure, avocate ou policière, elle est l’objet de discrimination au travail et chôme deux fois plus que les hommes. La lapidation la guette, s’il est prouvé qu’elle a été infidèle à son mari. Voilà le sort qui attendait Sakineh Mohammadi. En guise de préambule à la lapidation, elle reçut les 99 coups de fouet prescrits par « l’humaniste et misogyne » charia. Les impitoyables mollahs ont finalement reculé, craignant que l’image du pays déjà ternie le fût davantage par la campagne internationale qui réclamait l’annulation de « cet acte barbare et odieux », sous peine de sanctions économiques sévères. Mais qu’adviendrait-il des huit autres femmes qui attendaient en prison de recevoir les 99 coups de fouet, avant d’être tuées à coups de pierre ? Vive les Iraniennes libres !
Au « pays des purs », cinq Pakistanaises ont été assassinées par balle à Karachi. Terre d’élection des talibans, et de Malala, cette ado héroïque qui les a affrontés au péril de sa vie, le Pakistan est prisonnier de l’obscurantisme religieux et sanitaire. Quel péché avaient-elles donc commis ? Les « purs » les accusaient d’avoir participé à une campagne de vaccination contre la polio, maladie sévissant à l’état endémique dans ce pays macabre. Pour les talibans, la vaccination était un « complot occidental antimusulman ». Vive les Pakistanaises libres !
Il suffit de parcourir toute la gamme des sévices abominables infligés aux femmes pour accorder la palme à l’Afghanistan, pays d’origine de Mohammad Shafia, ce père immigrant de chez nous qui haïssait les femmes jusqu’à en tuer ses trois filles.
À la une du Time, le visage d’Aisha, jeune Afghane de 18 ans, amputé de son nez au couteau. Insoutenable. Quel « crime » avait-elle commis ? Elle avait fui son mari qui la battait jusqu’au sang. Elle eut beau plaider devant le juge taliban qu’elle serait morte, si elle ne s’était pas sauvée, il fallait venger « l’honneur » de son seigneur et maître, faire un exemple pour dissuader les autres femmes du village de l’imiter. À l’aide d’un couteau, son mari lui a d’abord tranché les oreilles, puis le nez, pendant que son beau-frère la retenait au sol. Ses assassins l’ont laissée pour morte, noyée dans son sang. Des soldats américains l’ont trouvée toujours vivante, et soignée. Mais ils n’avaient pu sauver Islam Bibi, célèbre policière afghane, abattue à bout portant pas les talibans. Une femme dans la police, c’était du paganisme ! Vive les Afghanes libres !
Ici, certaines féministes pourraient objecter que tout ça n’arrive qu’aux confins de la planète, et que les musulmans ne sont pas tous comme ça. Inimaginables, chez nous, ces crimes. Ah, oui ? Et l’affaire Shafia, vous avez oublié ? Aux naïves qui se retrancheraient derrière l’islam « modéré » pour continuer de se « voiler » les yeux, citons cet incident tout récent qui a soulevé l’ire des musulmanes de la Grande Mosquée de Paris. De Paris, oui, pas de Tombouctou ! Jusqu’alors, elles faisaient leurs dévotions avec les hommes dans la grande salle commune du rez-de-chaussée. Mais l’imam vient de les reléguer… à la cave avec les souris ! Sans que leurs bons maris crient à la discrimination selon le sexe ! Vive les musulmanes parisiennes libres !
vu ici

lundi 23 décembre 2013

L'autre visage de l'islam que l'on nous cache

Merci à Cristine Chalifoux sur Facebook

(âmes sensibles s'abstenir)

Article par Points de Repères à partir d'une entrevue d'Anne-Marie Delcambre.
Anne-Marie Delcambre est docteure en études islamiques, agrégée d'arable classique et auteure de nombreux livres et articles sur Mahomet et l'islam.

Entrevue d'Anne-Marie Delcambre

L'islam a un sérieux besoin de réforme

Certes, il existe de beaux textes dans les sources fondatrices de l’islam.
Seulement, le coran et les hadiths comptent également des paroles très dures, déshumanisantes et très violentes, marquées à l’évidence par la culture du temps.
Le problème… c’est que les islamistes considèrent l’ensemble de ces textes, et ce dans ses moindres détails, comme étant LA Parole de Dieu valable pour tous les temps et tous les lieux.
Or, la dignité de l’être humain et la véritable grandeur de Dieu (pour autant qu’il existe) appellent à une lecture critique de ces textes.
La spécialiste Anne-Marie Delcambre nous aide à découvrir certains de ces textes qui expliquent, comme de cause à effet, les pratiques déshumanisantes que l’on retrouve dans les pays musulmans qui appliquent à la lettre la loi islamique.

Des « hadiths » que l'Occident tout aurait intérêt à connaître afin de se délivrer d'une vision angélique de l'islam

hadiths et coranAnne-Marie Delcambre nous parle d’une chose très importante, qui compte énormément pour les musulmans, et c’est « l’imitation de Mahomet », leur prophète désigné de l’islam.
Dans l’islam, il y a certes le coran, mais il y aussi les hadiths, des livres qui racontent le comportement de Mahomet.
Dans ces hadiths, ou traditions du prophète de l’islam, on trouve justement ce que plusieurs cachent aux Occidentaux.
Or le coran et les hadiths constituent la source de la loi islamique (charia). Ces deux sources sont étudiées de manière approfondie dans les pays musulmans.

Selon le coran, Mahomet serait le modèle à suivre

« En effet, vous avez dans le Messager d'Allah un excellent modèle [à suivre], pour quiconque espère en Allah et au Jour dernier et invoque Allah fréquemment. » (coran 33,21)
« Quiconque obéit au Messager obéit certainement à Allah. » (coran 4,80)
Or, qu’en est-il de ce modèle proposé aux musulmans?
Si l’Occident veut connaître le vrai visage de l’islam, du moins celui qu’ont en tête ceux qui appliquent littéralement les deux grandes sources de la loi islamique, il faut savoir connaître le coran ET les hadiths.

Certains hadiths font rire

Certains hadiths font décidément sourire et même rire… :
  • On y apprend comment aller à la toilette (il ne faut pas faire face à la Mecque)
  • Comment s’essuyer l’arrière-train
  • Comment faire ses ablutions
  • Qu’il ne faut pas respirer en buvant dans un vase
  • Que Satan tourne le dos et lâche un pet à l’appel de la prière afin de ne pas entendre cet appel...
  • Etc.
Ce qui est étonnant c’est que de nombreux musulmans prennent ces mêmes hadiths très au sérieux...!
... mais il y a plus grave en la matière... voyons de plus près...

D'autres hadiths sont empreints de grande violence

Ce sont précisément ces hadiths que l’on voit appliqué dans des pays comme l’Arabie Saoudite, l’Iran ou l’Afghanistan (pour ne nommer que ceux-ci), pays où l’on applique la charia à la lettre :
  • On lapide
  • On coupe les mains
  • On décapite
  • On persécute ceux qui ne partagent pas la foi musulmane
  • Etc.

Un aperçu de textes (hadiths ou versets du coran) fortement questionnables

À propos des femmes

Alors que la femme est au moins aussi (plusieurs diraient même plus!) vertueuse que l’homme :
Un hadith affirme que Mahomet a constaté que la majorité des personnes qui allaient en enfer étaient des femmes !
Alors que dans les sociétés modernes la femme est considérée comme étant l’égale de l’homme, et qu’elle fait preuve de très grande compétence en des domaines jadis réservés aux hommes...
Le coran affirme que « les hommes ont autorité sur les femmes », que les « femmes vertueuses sont obéissantes (à leurs maris), et que si les hommes craignent la désobéissance de leur(s) femme(s) ils peuvent les exhorter et même les frapper :
« Les hommes ont autorité sur les femmes, en raison des faveurs qu'Allah accorde à ceux-là sur celles-ci, et aussi à cause des dépenses qu'ils font de leurs biens. Les femmes vertueuses sont obéissantes (à leurs maris), et protègent ce qui doit être protégé, pendant l'absence de leurs époux, avec la protection d'Allah. Et quant à celles dont vous craignez la désobéissance, exhortez-les, éloignez-vous d'elles dans leurs lits et frappez-les. Si elles arrivent à vous obéir, alors ne cherchez plus de voie contre elles, car Allah est certes, Haut et Grand ! » (coran 4,34)

Allah le « Très Miséricordieux » voudrait prétendument qu’on coupe les mains du voleur

  • « Le voleur et la voleuse, à tous deux coupez la main, en punition de ce qu'ils se sont acquis, et comme châtiment de la part d'Allah. Allah est Puissant et Sage. » (coran 5,38)
  • Un hadith rapporte que Mahomet aurait dit : « Allah maudit le voleur qui vole un œuf et se fait couper la main ou vole une corde et se fait couper la main. »

Allah le « Très Miséricordieux » voudrait prétendument qu’on lapide la femme adultère

  • Selon un hadith, Mahomet a fait lapider une femme. Une fosse avait été creusée pour elle jusqu’au sein.
    Comme « par hasard », cette pratique existe toujours dans les pays musulmans qui appliquent la charia de manière intégrale.
  • Dans le coran, on fouette la femme et l’homme adultères. Il ne faut pas faire montre de compassion.
    « La fornicatrice et le fornicateur, fouettez-les chacun de cent coups de fouet. Et ne soyez point pris de pitié pour eux dans l'exécution de la loi d'Allah - si vous croyez en Allah et au Jour dernier. Et qu'un groupe de croyants assiste à leur punition. » (coran 24,2)

Allah le « Très Miséricordieux » voudrait prétendument qu’on tue celui qui quitte l’islam

  • Selon un hadith : « Comme le mentionna le Prophète : Celui qui apostasie, tuez-le. »
    En 2011, ceux qui quittent l’islam sont mis à mort dans les pays où la charia est appliquée intégralement.

Allah le « Très Miséricordieux » voudrait prétendument qu’on tue les non-musulmans, même les enfants

  • Selon un hadith : « On lui demanda (à Mahomet) s’il était autorisé d’attaquer la nuit les mécréants exposant au danger leurs femmes et enfants. Il répondit : Ils en font partie’. »

Les hadiths traduits en anglais

quranexplorer.com/Hadith/English/Index.html

Quelques hadiths et versets du coran - Sources

Coran, le fouet, sans pitié, pour l'adultère
 
Coran : trancher la main du voleur

mercredi 11 décembre 2013

Le pays qui n'aimait pas les femmes







Quatre femmes maltraitées par une société indienne traditionnellement misogyne témoignent de leurs souffrances et de leur combat. Un état des lieux accablant et malgré tout porteur d'espoir.

Saroj, 11 ans, est une miraculée. Dans son village du Rajasthan tenu par les guerriers Rajput, on tue les filles à la naissance, principalement parce que la dot du mariage coûte cher. Sa mère, aidée de Gadjendra, une femme qui milite depuis trente ans pour que les petites aient la vie sauve, l'a soustraite à la mort après avoir été obligée d'étouffer ses deux premières filles. À Delhi, Sunita, 25 ans, a quitté son mari après avoir subi régulièrement ses coups pendant un an – la violence conjugale toucherait 65 % des femmes en Inde. Si sa famille l'a accueillie, ses proches ont bien du mal à accepter que Sunita ait ainsi dérogé aux convenances. Suzanne a 38 ans et vit à Calcutta. Elle a décidé d'aller au bout du procès pour viol qu'elle a engagé à visage découvert, malgré ses peurs et sa souffrance. Enfin, Gulab Bai, 84 ans, fait partie de ces veuves abandonnées aux rues de Vrindavan, haut lieu de pèlerinage du pays.

En Inde, quand le mari meurt, sa femme, sous prétexte qu'elle porte malheur, est mise au ban de la société. En prenant la parole et en s'engageant courageusement sur la voie de l'émancipation, ces quatre femmes témoignent du visage terriblement machiste du pays, tout en portant l'espoir d'une société qui, doucement, change son regard sur elles.

mercredi 27 novembre 2013

« C’est une fille » : le mot qui tue !

200 millions de filles sont privées du droit de naître chaque année dans le monde, dénonce un documentaire américain. Entretien avec son réalisateur.

Les Nations Unies estiment que 200 millions de filles sont "manquantes" aujourd’hui dans le monde, la majorité de l’Inde et de la Chine. Quels sont les modèles culturels et les récits individuels derrière cette statistique choquante ?

 Evan Grae Davis, un Américain qui possède une vaste expérience du monde en développement, a produit un film documentaire qui répond à cette question par la bouche de femmes plongées dans ces cultures et de militants faisant campagne pour elles. Dans cette interview accordée par email à Mercator Net, il a expliqué comment il en est venu à faire faire le film et ce qui doit arriver.

MercatorNet: C'est un film poignant. Comment en êtes-vous venu à le faire?

Evan Grae Davis: J'ai passé ces deux dernières décennies à parcourir le monde pour recueillir des histoires de personnes nécessitant une aide humanitaire,  et faire le point sur le développement des ONG et des organismes sans but lucratif. Pendant tout ce temps, j'ai été témoin de beaucoup d'injustice. J'ai commencé à poser la question : quelles sont les racines culturelles et les mentalités qui permettent de telles violations des droits de l'homme à l'échelle mondiale aujourd'hui ? Je me suis mis à explorer cette question pour faire  un film documentaire. Je me suis rendu avec mon équipe dans neuf pays pour recueillir des histoires pour ce film. Un des pays  que nous avons visités a été l'Inde, dans l'espoir de comprendre comment la soumission et la dévalorisation des femmes pouvaient se justifier par la traditionnelle préférence culturelle pour les fils.

Ce que nous avons découvert lors du tournage en Inde au sujet de l'épidémie de “filles manquantes” et des ratios garçons-filles radicalement faussés,  avec pour conséquence les abus et la négligence dont sont victimes les filles, a changé la donne pour nous.

Après avoir entendu les statistiques de  l'ONU  estimant à pas moins de 200 millions les « filles manquantes » aujourd’hui dans le monde  à cause du «gendercide » (néologisme anglais désignant le fait de tuer délibérément des personnes en raison de leur genre ndt), nous avons effectué  des recherches  également en Chine, et nous avons été stupéfaits de voir que peu de gens semblaient être conscients de ce qui s’avérait être le plus grand problème des droits de l'homme de notre temps, et certainement la plus grande forme de violence contre les femmes dans le monde aujourd'hui. Il y avait là-bas, semblait-il, très peu de choses sur le sujet. C'est alors que nous avons décidé de consacrer le projet de film à exposer cette histoire inédite,  à éduquer et mobiliser les gens pour mettre fin  au « gendercide » en Inde et en Chine.

Quelles pratiques contribuant au “gendercide” avez-vous étudiées?

Dans le film, nous explorons la mentalité fondamentale de  la préférence pour les fils qui est à la base du gendercide. Dans des cultures comme celles de l'Inde et de la Chine, la préférence pour les garçons s’appuie sur des traditions séculaires selon lesquelles les garçons valent plus que les filles. Seuls les fils portent le nom de famille et héritent des biens ou accomplissent les rites funéraires  à la mort des parents. Les filles, une fois mariées, rejoignent la famille de leur mari et ne sont plus considérées comme faisant partie de leur famille d'origine.

En Inde, la préférence pour les garçons est davantage influencée par le système de la dot, dans lequel les familles doivent souvent payer de grosses sommes d'argent ou donner de l'or, des terres et d'autres biens de famille à la famille du mari, quand leurs filles se marient. Le coût pour assurer des maris aux filles devient prohibitif, de sorte que les familles évitent d'avoir plus d'une fille ou, au maximum, deux filles.

En Chine, la politique de l'enfant unique a contribué à l'élimination de millions de filles au cours des dernières décennies. Les fils prennent soin de leurs parents âgés, et les filles quittent leur famille pour se joindre à la famille de leur mari, comme en Inde. Donc, si une famille n'est autorisée à n’avoir qu’un seul enfant, elle est déterminée à identifier le sexe de chaque grossesse et les filles avortent systématiquement les fœtus féminins jusqu'à ce qu'elles portent un fils.

Peut-être le témoignage le plus choquant dans votre film est-il celui d'une femme indienne qui a tué huit filles - et semble considérer froidement la question. Vous avez interviewé cette femme personnellement :  avez-vous fini par comprendre comment elle a pu faire ça? Quelle lumière son cas peut-il jeter sur l'ensemble du problème en Inde?

Me trouver debout au bord d'un champ, dans le sud de l'Inde, et écouter une mère partager avec moi comment elle avait personnellement étranglé huit de ses propres petites filles nouveau-nées, a été de loin l'interview la plus choquante et difficile. Elle a partagé cela avec moi d'un ton neutre, souvent souriant ou riant, lorsqu’elle a raconté qu’elle ne pouvait pas se permettre d’élever des filles et faisant de grandes déclarations comme quoi « les femmes ont le pouvoir de donner la vie et le pouvoir de l’enlever."

Plus tard dans l'entrevue, elle a partagé une chanson sur sa situation difficile de femme et la douleur d'avoir été  contrainte à un mariage arrangé, dès son plus jeune âge. Elle nous a raconté comment, à l’âge de 15 ans, elle excellait à l'école et nourrissait de grands espoirs pour son avenir, quand il a été décidé qu'elle serait donnée comme deuxième épouse au mari de sa sœur, parce que sa sœur ne pouvait pas avoir d’enfants. Son but dans la vie était de donner naissance à un fils pour son mari.

C'est à ce moment que le gendercide a pris pour moi une toute nouvelle signification, parce que j'ai réalisé que cette femme était simplement un produit de la culture dans laquelle elle vit. Elle a été programmée dès sa naissance pour accepter certaines idées traditionnelles sur sa propre valeur et son rôle en tant que femme. Ces croyances profondément enracinées guident le système tout entier, et souvent les femmes se retrouvent  à reproduire la même violence que celle dont elles ont été victimes sur leurs filles et leurs belles-filles.

Vous a-t-il été difficile d'obtenir des témoignages de femmes qui sont confrontées à ce problème directement ? Qui vous a aidé à les contacter?

Comme cinéastes américains, nous ne pouvions pas simplement nous présenter et demander aux femmes de parler de la dévalorisation des femmes et du meurtre de jeunes filles. Donc, nous avons contacté les ONG et avocats locaux qui avaient noué des relations dans ces communautés. Ils nous ont présentés aux femmes qui étaient disposées à partager leurs histoires avec nous.
Par exemple, la « Jesus Mercy Home Association »  nous a emmenés visiter quelques communautés du Tamil Nadu, y compris celle où vivait  la mère qui a étranglé ses huit petites filles. Et l'équipe du Centre de recherche sociale à New Delhi nous a emmenés visiter plusieurs de leurs programmes d’aide sociale communautaire à Delhi et Haryana. Le film n’aurait absolument pas été possible sans le travail et le soutien de ces organisations locales, et nous leur sommes immensément reconnaissants pour leurs années de travail dans ce domaine, qui ont permis cette communication franche.

Tous ces partenaires sur le terrain étaient soucieux de la vie privée et de  la sécurité des femmes avec lesquelles ils travaillent, et nous avons dû demander, dans chaque cas, si elles étaient disposées à partager leurs histoires ou non. A notre grande surprise, en Inde, la plupart des femmes et des familles se sont montrées disposées à partager leurs histoires, sans honte ni embarras. Cela semblait nous indiquer à quel point certaines de ces croyances culturelles étaient profondément ancrées.

La politique de l'enfant unique en Chine rend la situation un peu différente là-bas, mais les femmes y adhérent-elles dans la même mesure? Avez-vous trouvé des gens qui étaient d’accord avec cette politique ?

L'impression que j'ai eu en parlant avec les militants et ceux qui travaillent pour mettre fin à ce gendercide en Chine est que la nature coercitive et oppressive de la politique de l'enfant unique est extrêmement impopulaire parmi les femmes chinoises.
Cependant, elles n’ont pratiquement comme seul choix que d’endurer  en silence l'intrusion du gouvernement dans leur vie privée et ont que peu de recours contre la mainmise sur leurs droits reproductifs des responsables de la planification familiale. Celles qui manifestent leur désaccord ou refusent de se soumettre à cette mesure  subissent des châtiments sévères, ainsi que les membres de leur famille.

L'Inde est un pays démocratique et religieux, tandis que la Chine, officiellement, ne l'est pas. L'Inde possède donc une meilleure chance de rompre avec cette  horrible guerre faite aux filles?

La religion en Inde n’a un impact sur le gendercide  que dans la mesure où certaines communautés religieuses comme les musulmans et les chrétiens ne pratiquent pas le foeticide et l'infanticide féminins au même niveau que les bouddhistes, les hindous et les sikhs. Cependant, la culture de la préférence patriarcale pour les fils, profondément ancrée,  imprègne l'Inde, et la dévalorisation des femmes reste très répandue indépendamment de la conviction religieuse.

On aurait pu penser que le caractère démocratique du gouvernement de l'Inde conduirait à des progrès dans l'émancipation des femmes. Mais malgré le nombre important des femmes à des postes gouvernementaux importants, ainsi que le tiers des sièges des gouvernements locaux occupés par des femmes, la violence contre les femmes en Inde est pire que jamais.

Le gouvernement, que ce soit en Inde ou en Chine, ne sera qu'une partie de la solution, s'ils ont la volonté politique de le faire, et ce n'est pas le cas dans les deux pays en ce moment. Lorsque le gouvernement chinois a élaboré la volonté politique de mettre fin aux pieds bandés pour les femmes en Chine, la pratique a été éliminée efficacement  en une génération.
Pour les deux pays, une action gouvernementale est nécessaire mais de différentes manières. La Chine doit mettre fin à sa politique de planification familiale coercitive, alors que le gouvernement de l'Inde doit faire pression pour faire appliquer ses lois existantes contre la dot, la sélection du sexe et l'infanticide.

Vous avez exprimé l'espoir que votre film continuera à inspirer un mouvement mondial pour mettre fin au  gendercide. Quels sont les objectifs spécifiques que doit viser ce mouvement?

Le premier objectif du mouvement est d’augmenter le niveau de sensibilisation au  gendercide dans le monde. Nous encourageons toute personne désirant voir la valeur et de la dignité des filles  restaurée en Inde et en Chine à passer le mot à propos de la question et à propager notre film auprès de vos amis et votre famille, à travers les réseaux sociaux Facebook and Twitter, et en organisant  la projection du film dans vos communautés. Pour en savoir plus sur comment passer le mot ou organiser une projection, reportez-vous au site www.itsagirlmovie.com.

Lorsque les gens informés du problème seront plus nombreux, nous espérons les mobiliser pour passer à l’action. Il existe de nombreuses façons de s'impliquer, que ce soit en signant nos pétitions demandant aux leaders mondiaux d’exiger la fin du gendercide en Inde et en Chine, ou en soutenant nos partenaires qui œuvrent sur le terrain pour sauver des filles et défendre les droits des femmes en Inde et en Chine. Encore une fois, les personnes intéressées peuvent en savoir plus sur notre site.

A ce jour, nous avons mobilisé près d'un demi-million de personnes à prendre des mesures. Imaginez si nous avions des dizaines de millions  de personnes exigeant des gouvernements de l'Inde et la Chine de promouvoir la justice et l'égalité pour les filles et les femmes qui subissent le gendercide, et exigeant des leaders mondiaux qu’ils rendent des comptes pour cette violation massive des droits de l'homme.

Dans une émission de la BBC sur ce thème, un orateur indien a souligné que l'Occident est profondément impliqué dans le gendercide en raison de sa promotion du contrôle de la population en Inde et en Chine - et ailleurs - et l'acceptation de l'avortement comme méthode de contrôle des naissances. N'est-ce pas là un obstacle majeur à tout rôle positif  que la pression politique occidentale pourrait jouer?

Il est exact que le déséquilibre entre les sexes en Inde, en Chine et dans autres pays d'Asie a été alimenté par la pression des gouvernements occidentaux et des ONG pour le contrôle de la population,  qui dans nombre de cas ont exploité la préférence culturelle  pour les fils pour le « plus grand bien » ”du contrôle des populations.

Et même si les sexes-ratios dans les pays occidentaux ne sont pas aussi extrêmes qu’en Inde ou en Chine, le gendercide  existe  dans tous les pays occidentaux, à des degrés divers. En particulier, des études ont montré que des communautés d’immigrés asiatiques en Occident ont des sex-ratios similaires à ceux de leurs pays d’origine, ce qui indique que le gendercide (et en particulier, la sélection du sexe) peut se produire à un rythme similaire au sein des communautés d’immigrés. Le Canada, la Nouvelle-Zélande, l'Australie et la plupart des pays d'Europe occidentale interdisent l'avortement sur la base du sexe du fœtus - la seule exception notable étant les États-Unis.

Telles sont les questions pertinentes qui, j'en suis sûr, auront un impact sur le rôle positif  que l’Occident peut avoir en faisant pression  pour poursuivre l’objectif de mettre fin au gendercide.

http://www.aleteia.org/fr/international/documents/cest-une-fille-le-mot-qui-tue-3081001